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Création de la page : février 2019

 

 

Mise à jour de la page : 13-02-2019

Paris-Reims-Paris 1919 

 

 

2 - Epreuves  d'endurance

2 - 6   Paris - Reims - Paris

 

 

Automobilia, 15 juillet 1919

 

La première grande épreuve de l'après-guerre s'est disputée le 6 juillet sur le parcours Paris-Reims-Paris, soit 310 kilomètres. Concours de tourisme, bien entendu : il ne peut être question d'organiser une course sur un tel itinéraire. Il s'agissait de couvrir le parcours à une vitesse moyenne de 30 kilomètres à l'heure, vitesse contrôlée à Meaux, Montmirail, Epernay, Reims, Château-Thierry et à l'arrivée à Joinville-le-Pont.

 

Toute avance et tout retard sur l'horaire fixé étaient pénalisés d'un point par minute, avec une tolérance de trois minutes. De plus un contrôle secret avait été disposé 5 kilomètres avant Château-Thierry. La différence entre l'horaire calculé à 30 kilomètres à l'heure et l'heure réelle du passage des concurrents à ce contrôle départageait les concurrents ayant terminé sans pénalisation, celui dont l'écart était le plus petit étant classé en tête.

 

Excellente formule, en somme, pour un concours de régularité. Car il est hors de doute qu'il est plus difficile de faire une telle épreuve à l'allure imposée, avec le risque d'une crevaison dans les derniers kilomètres avant le contrôle, donc d'une pénalisation, que de marcher à toute vitesse, prenant ainsi l'avance commode pour parer à toute panne, quitte à s'arrêter un peu avant le contrôle, pour attendre l'heure de s'y présenter.

Il est certain cependant que la valeur des performances est bien plutôt fonction des pénalisations que du chiffre même du classement, et qu'il ne faudrait pas accorder à ce dernier une importance exagérée. Deux concurrents ayant terminé sans pénalisation ont accompli sensiblement une performance identique. La différence entre celui des deux classé avant l'autre exixte. Mais elle est minime.

Cette réserve faite sur la brutalité des résultats, reconnaissons que l'épreuve a obtenu un très grand succès. A chaque contrôle, notamment, il y avait une véritable foule. Ce qui confirme d'ailleurs que le motocyclisme a cessé de laisser les gens indifférents ou moqueurs.

 

Pour que le mouvement prenne une ampleur dépassant toute prévision, il suffit d'une seule chose : qu'on trouve en France..;des motocyclettes. Espérons que la production triomphera des difficultés qui, actuellement, paralysent son développement.

 

Le mauvais état des routes a rendu l'épreuve particulièrement dure. D'ailleurs, il n'est pas si facile qu'il puisse sembler dès l'abord, de couvrir, à motocyclette, 310 kilomètres à l'allure impitoyable de 30 à l'heure.

Or sur les trente partants, treize terminent sans pénalisation. C'est un résultat probant en faveur des machines actuelles.

 

Le classement

 

Motocyclettes

 

Catégorie 350 cmc - 1 Colombel (Douglas), sans pénalisation ; 2 Favart (Douglas), pénalisation : 19 points

Catégorie 500 cmc - 1 Meuriot (Phelon et Moore) ; 2 ex aequo : Barthélemy et Ruet (Rover), tous trois sans pénalisation.

Catégorie 750 cmc - 1 Delabre (Rover) ; 2 Isody (BSA) ; 3 Bernard (Indian)  tous trois sans pénalisation ; 4 Maugis (Douglas), pénalisation : 1 point ; 5 Martinez (Triumph), pénalisation : 2 points.

 

Sidecars

 

Catégorie 750 cmc - 1 Le Pen (GL) ; 2 Lacour (GL) ; 3 Detruche ; 4 Delauné (BSA) ; 5 Péan (Peugeot) tous cinq sans pénalisation ; 6 Fasola (AJS), pénalisation : 5 points ; 7 Roger (GL), pénalisation : 9 points.

Catégorie 1.000 cmc - 1 Comelli (Indian), sans pénalisation.

 

Voyons un peu les enseignements de l'épreuve, en examinant ses résultats, et procédons par ordre.

 

En motocyclettes 350 cmc, la Douglas de Colombel remporte la victoire. Le règlement de l'épreuve exigait la même moyenne pour les petites cylindrées que pour les grosses. Il est inutile de faire remarquer que la tache était particulièrement ardue pour les premières. Voici donc la cofirmation de ce que nous savions déjà sur les qualités de belle mécanique et de rendement de la Douglas.

 

En 500 cmc : nouvelle venue en France, la Phelon et Moore de Meuriot se classe première dès son apparition. La machine est d'ailleurs plaisante à l'oeil et très susceptible de plaire à la clientèle française.

 

Les deux Rover de Barthélemy et Ruet sont classées dead-heat, sans pénalisation, cependant qu'une autre Rover, celle de Delabre, termine en tête de la catégorie 750 cmc.

La Rover est fort connue en France, où elle compte de très nombreux fidèles. Sa réputation est sérieusement établie, et c'est justice. Dans Paris-Reims-Paris Delabre a d'ailleurs mené sa course avec une régularité parfaite.

 

Dans la même catégorie, la BSA d'Isody termine également sans pénalisation. Les motos BSA sont réputées pour le soin avec laquel elles sont établies. C'est une machine de luxe.

 

La catégorie sidecars 750 cmc voit cinq concurrents terminer sans pénalisation. Les GL, dont ce sont les débuts sur la route, prennent tout simplement les trois premières places !

Je ne sais si vous vous rendez compte de ce que représente d'efforts tenaces et d'activité incessante le fait pour un constructeur, n'ayant jamais fabriqué de motocyclettes, de sortir à l'heure actuelle des machines en série, capables de réaliser semblable performance ?

 

Regardez autour de vous : vous ne verrez qu'industriels se plaignant d'être paralysés. Et ceux-là même qui construisaient auparavant des motocyclettes semblent mal dégagés des obstacles qui les encerclent. Or voici Georges Lévy au grand air. Secondé par son ingénieur, le précieux Le Pen, il mène de front la création d'une machine, l'organisation technique, l'organisation commerciale, l'organisation sportive. Et voyez les premiers résultats ! Ce n'est qu'un commencement , soyez-en sûrs.

Dans les non-pénalisés de cette catégorie, nous trouvons encore une BSA, ce qui confirme ce que je disais plus haut. 

 

Enfin la Peugeot de Péan.

Il serait vraiment injuste de ne pas signaler la crânerie du geste de Peugeot inscrivant une seule machine dans cette épreuve, où le déchet ne peut être important. Ceci révèle une confiance en soi admirable. Car vous pensez bien que si Peugeot a engagé son nom en cette épreuve, c'est que la marque estimait être dignement représentée. En effet, la machine termine sans pénalisation. Réfléchissez et concluez..

 

Enfin, la catégorie 1.000 cmc voit la victoire d'Indian, machine sérieuse, et qui n'est plus discutée. 

 

Un grand victorieux encore ; le plus grand, puisqu'à part la dernière catégorie, il gagne toutes les autres ; le pneu Hutchinson, l'as des pneus de motos.

 

Je vous étonnerai fort en disant que le vrai gagnant de l'épreuve est l'un des pénalisés.

C'est pourtant la vérité. Martinez, sur Triumph, fit tout le parcours avec une régularité admirable.

Au contrôle secret il passe avec le plus petit écart de tous les concurrents : 25 secondes. Oui mais...peu avant le contrôle de Meaux, le brave Martinez ne peut se défendre du bon mouvement qui consiste à prêter la main à un confrère en difficultés avec sa voiture. D'où : arrêt et retard au contrôle suivant : 5 minutes. Résultat, avec la tolérance de trois minutes, deux points de pénalisation .. et toute la course perdue : n'est-ce pas navrant pour Martinez et Triumph ?

 

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