Proverbes et maximes

Les discours des hommes ne sont que des masques qu'ils appliquent sur leurs actions.

Stendhal.

Henri Beyle plus connu sous le pseudonyme de Stendhal est né le 23 janvier 1783 à Grenoble et mort d'apoplexie le 23 mars 1842 à Paris

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Création de la page : mai 2020

 

 

Mise à jour de la page : 19-06-2020

 Edition 1923

  

 

1 - 4     Courses de côte

1 -  4   - 9          Côte de La Turbie

La Turbie, un site exceptionnel.

 

Situé entre Nice et Monte-Carlo, à 540 m d'altitude, dans un amphithéâtre de collines verdoyantes, protégé des vents du Nord, favorable à la plantation des orangers et citronniers, que se niche le village de La Turbie.

 

De là, on dispose d'un panorama sans équivalent sur la Corniche, de l'Estérel à Monaco.

 

Site historique, puisque sur l'ancienne voie Julia Auguste, se dresse un monument commémoratif érigé par les romains en l'an 6 avant Jésus Christ, en l'honneur d'Octave, neveu de César et, futur empereur Auguste.

 

Le 26 mars 1705, Louis XIV donne en toute souveraineté au Prince Antoine de Monaco, La Turbie et ses territoires, récente conquête des armées françaises.

Le 4 mai de la même année, le monument fut partiellement détruit, volontairement, à l'aide de cinquante barils de poudre placés sous l'édifice.

Préservés par hasard, une partie du socle et la tour sont encore visibles de nos jours.

 

C'est cette tour qui aurait donné le nom à la ville ; car de Turris vix, la tour du chemin a d'abord fait la Tur-vie, puis par le changement méridional du v en b, la Turbie.

 

Dans les années 1880, la Turbie est une station balnéaire très prisée, elle fut même équipée d'un train à crémaillère déclaré d'utilité publique par la Chambre en 1886.

 

 

C'est en 1897, dans le programme des fêtes sportives de Nice qui eurent lieu fin janvier, que l'on trouve une course d'automobile Marseille-Nice-Monte-Carlo (197 km.), une course de bicyclettes (100 km. pour amateurs et 197 km pour professionnels).et une course pédestre de 40 km.

 

Ce qui fait de La Turbie, la plus ancienne course de côte du monde ! 

(un an avant Chanteloup)

 

 

Sélection de l'article

 

1923  Article 19 et les suivants disponibles sur la page 2    Accès à la page 2

 

1897  

 

Le Chauffeur 10-02-1897

 

L'événement Automobile de la quinzaine est la course de voitures sans chevaux et de motocycles, de Marseille à Nice et Monte-Carlo (contrôle d'arrivée à la Turbie) divisée en trois étapes.

 

  * Première étape, 29 janvier : Marseille Fréjus (148 km.).

 

Le départ de Marseille, qui devait se faire à 6 heures du matin, a été retardé jusqu'à 7 heures et une minute, s'effectuant de minute en minute ; total des partants, 29 voitures et 10 motocycles.

Les Marseillais n'ont pas été contents : ils ont grogné, d'âtre obligés de se lever à l'aube, pour assister au départ de 7 heures. Ils ont été bien plus fâchés encore quand ils ont appris que le départ de Fréjus n'avait eu lieu, le  lendemain, qu'à 11 heures du matin. "Vous peinnsez ! cette ville du Varrr !!"

Quoi qu'il en soit, un soleil radieux a favorisé cette exode et a accompagné nos Camarades Chauffeurs toute la journée, sur des routes à peu près praticables, où tout s'est bien passé.

Un accident cependant, mais sans suites par trop fâcheuses, heureusement, est arrivé à la voiture n° 45 montée par Charron et Gougoltz : elle a culbuté dans la descente du Bausset en sortant des gorges d'Ollioules : Gougoltz a ramassé une gaufre de qualité, sans se faire grand mal ; quant à Charron, qui s'est cramponné çà sa direction, et a ainsi provoqué l'arrêt de sa voiture, au prix d'une forte contusion du bras qui le fait beaucoup souffrir. Il a pu cependant conduire sa voiture jusqu'à Toulon où Gougoltz l'a fait réparer hâtivement.

 

Mouter, montant le motocycle n° 24, a bousculé une femme âgée, vers Aubagne : il a été renversé et quelque peu contusionné.

Thibault a fait passer un de ses pneus sur les jambes de son mécanicien, qui précédant la voiture n° 47 dns une montée, a fait un faux pas et est tombé en travers de la route ; rien de grave, cependant le mécanicien a gagné Fréjus par le chemin de fer.

 

A tous les contrôles, le Comte de Chasseloup-Laurat tient la tête, avec le grand break à vapeur de M. De Dion ; après lui, MM. Prrévost, Lemaitre, Giraud, de Knyff, Léveilley, Gauthier, Henri Peugeot, ont également bien marché. Ensuite, les temps s'allongent un peu.

 

  * Deuxième étape, 30 janvier : Fréjus-Nice (68 kilomètres).

 

Les départs des 26 voitures arrivées à Fréjus, a eu lieu le samedi matin, dans leur ordre d'arrivée : lapremière, le break à vapeur de M. de Chasseloup-Laurat, est partie à 11 heures et 1 minute, et la 24e, celle de M. Dupré-Neuvy, à 11 heures 24 ; Charron est parti 25e à midi et demi.

 

Les motocycles sont partis au nombre de 8 seulement, et tout le monde a filé grand train vers Nice, en subissant au passage, le contrôle de Cannes.

A Nice, sont arrivées, entre une heure et cinq heures, 22 voitures ; une 23e, celle du Bicycle Club de Lyon, conduite par M. Pansu, est arrivée assez tard dans la soirée.

Les motocycles ont atteint Nice entre  1 heure 20 minutes et 1 heure 37, au nombre de sept ; comme on voit, ils se serrent de près.

 

Les voitures qui manquent sont : d'abord celle de Charron n°45, laquelle à 4 kilomètres au-delà de Fréjus a refusé tout service, elle a été ramené à la gare de Fréjus attelée d'un cheval.

Ensuite celle de M. E. Michelin n° 27, qui est également à la gare en piteux état, et enfin la voiture de M. Thibault n° 47, qui s'est brisée dans l'Estérel, vers l'auberge des Adrets ; M. M. Laffitte a aussi brisé son motocycle dans les mêmes parages.

Heureusement les véhicules seuls ont souffert ; les trois Chauffeurs sont sains et saufs.

 

  * Troisième étape, 31 janvier : Nice à la Turbie (17 kilomètres)

 

Le point terminus était en réalité, Monte-Carlo, mais il y avait à craindre la possibilité d'accidents graves, si les concurrents avaient descendu le versant de la Turbie, à une allure de course ; on a sagement fait établir le contrôle d'arrivée à la Turbie, au sommet, à 541 mètres d'altitude.

 

Cette disposition a offert cet autre avantage de pouvoir évaluer la vitesse des différents concurrents en montant cette série de côtes abruptes et difficiles. Nous en avons calculé les temps.

 

On voit que les voitures à vapeur les ont gravies avec une vitesse mieux sioutenue que les voitures à pétrole ; la voiture conduite par M. de Chasseloup-Laurat n° 73, n'a mis, de Nice à la Turbie que 37 minutes ce qui donne une vitesse de plus de 27 kilomètres à l'heure. La voiture à pétrole conduite par M. Lemaitre n° 21, qui est celle qui a monté le plus rapidement a mis 53 minutes, soit une vitesse de 19 kilomètres

 

Les motocycles, à ce point de vue, ont été plus rapides que les voitures à pétrole ; le tricycle de Dion n° 14, monté par Marcelin a franchi la distance de Nice à la Turbie en 40 minutes, soit à la vitesse de 25 kilomètres à l'heure ; cela tient évidemment, à l'aide que le conducteur a apporté au moteur, en pédalant.

 

 

L'examen des résultats fait voir que les vitesses de tous les véhicules ont été soutenues, ce qui dénote une grande attention de la part de ceux qui les montaient, et les montrent tous comme de bons conducteurs avisés et adroits : M. de Chasseloup-Laurat n'a mis que 7 heures 45 pour franchir ses 237 kilomètres, ce qui donne une vitesse moyenne supérieure à 30 kilomètres.

 

Quant aux motocycles leurs temps varient entre 9 h 23 et 10 h 50, et par conséquent leurs vitesses moyennes, entre 25 et 21 kilomètres.

 

Donnons donc, en terminant, un juste tribut d'éloges à tous ceux qui ont contribué au succès de cette très intéressante épreuve ; aux constructeurs, aux conducteurs et aux contrôleurs, dont le rôle, pour être moins brillant, n'en ont pas moins une importance capitale.

A-B De Dangeran

 

 

Tableau général des concurrents et Constructeurs : Temps et vitesses moyennes

       Conducteur - Constructeur - Puissance - n°

 

Nice - la Turbie en m.

Puis Marseille - la Turbie   h.   m.     s.

Vitesse moyenne

 Voitures

  1 Chasseloup-Laubat     de Dion B     18 ch    n° 73

  2 Lemaitre                       Peugeot        6 ch     n° 21

  3 Prévost                         Panhard L     8 ch     n° 39

  4 de Knyff                        Panhard L     6 ch    n° 17

  5 Giraud                          Panhard L     4 ch     n° 54

  6 Michelin A                    de Dion B    15 ch     n° 25

  7 Gauthier                       Peugeot       3 3/4     n° 7

  8 Peugeot H                    Peugeot       3 3/4     n° 49

  9 Léveilley                       Panhard L     6 ch     n° 1

10 Bruninghaus                 Panhard L     6 ch     n° 35

11 Egrévi                           Landry B       5 ch     n° 79

12 Cahen M                      Peugeot        3 1/4    n° 37

13 Peter A                         Peugeot        3 1/4    n° 57

14 Beauvais                      Peugeot        2 1/2    n° 43

15 Sibilat                           Panhard L       4 ch   n° 41

16 Courtois                       Benz                3 ch   n° 83

17 Pétrus                          Peugeot         3 1/4   n° 23

18 Millaud                         Peugeot         3 3/4   n° 3 

19 Dravet                          Landry B          5 ch  n° 81

20 Laumaillé                     Peugeot          2 1/2  n° 9

21 Pansu                          Benz                 4 ch  n° 63

22 Dupré-Neuvy               Landry B           5 ch  n° 65

23 Sallmard                      Benz                 4 ch  n° 33

       Non classés

     Charron                        Panhard L        6 ch  n° 45

     Comiot                         Panhard L         4 ch  n° 75

     Michelin E                    Morse               4 ch  n° 27

     Thibault                        Panhard L        6 ch  n° 47

    Toussaint                      Benz                3 ch  n° 71

     Vauquelin                     Panhard L        6 ch  n° 31

 

Motocycles

  1 Chesnay                      de Dion B         1 ch  n° 22

  2 Marcellin                      de Dion B         1 ch  n° 14

  3 Soulier                         Léon Bollée      3 ch  n° 28

  4 Mouter                         de Dion B         1 ch  n° 24

  5 Rivière                         de Dion B         1 ch  n° 1

  6 Cabassus                    de Dion B         1 ch  n° 6

  7 Nicodémi                     de Dion B         1 ch  n° 44

      Non classés

     Bussac                        de Dion B         1 ch  n° 26

     Laffitte                         de Dion B         1 ch  n° 12

     Roussier                      de Dion B        1 ch   n°10

 

37        7    45      9

53        8    27    27

56        8    26    58

76        9      5    14 

71        9    24    53

38        9    35    50

65        9    47    12

62        9    48    42

65      10    10    24

62      10    15    19

82      11    51      6

70      11    56      5

82      11    58     58

87      12    24    55

88      12    50    59

68      12    50    40

74      13    20    29

93      13    29    56

82      14    20      3

89      14    29      7

          18      6    23

          18    10    30

          19    29    29

 

 

 

 

 

 

 

 

 

46       9   23   36

39       9   40   53

53       9   46   18

39     10   13   31

40     10   29   57

92     10   33   15

40     10   45   30

 

 

30  kil  300

28        400

27        750

27        850

25        000

24        480

24        000

23        850

23        100

22        850

19        800

19        700

19        500

18        900

18        300

18        250

17        650

17        400

16        400

16        200

12        960

12        900

12        500

 

 

 

 

 

 

 

 

 

25        080

24        300

24        100

22        900

22        380

22        260

21        840

 

1898  

 

Le Sport Universel Illustré 19 mars 1898

 

La course Marseille - Nice 

 

On peut dire que la course Marseille-Nice des 6 et 7 mars a ouvert l'année sportive automobile. Nous avions bien eu en janvier l'épreuve réservée aux motocycles Nice-Cannes-Nice, mais dans l'importance des deux épreuves n'est pas à comparer.

Dans Marseille-Nice toute la fine fleur de nos chauffeurs s'est présentée au départ, tandis que dans l'autre on ne notait guère que des sportmen de la région.

 

On se rappelle peut-être que Marseille-Nice fut créée l'an dernier par notre confrère P. Meyan et gagnée par M. Chasseloup-Laubat sur un break à vapeur.

 

Le point terminus était à la Turbie tandis que cette année il était à Nice, ce qui fait que le parcours n'était plus que de 237 kilomètres, qu'on a divisé en deux étapes : Marseille-Hyères (81 kil.) et Hyères-Nice (156 kil.)

Le départ de cette manière a pu être donné beaucoup plus tard, à 11 heures, ce qui a permis à un nombreux public d'y assister.

 

Cette course était divisée en 4 classes :

  * voitures au-dessus de 400 kilos, 42 inscrits

  * voitures au-dessous de 400 kilos, 6 inscrits

  * motocycles de 100 à 200 kilos, 6 inscrits

  * motocycles au-dessous de 100 kilos, 14 inscrits

 

Soit  68 inscrits, nombre identique à celui de l'an denier.

 

La veille du départ, il faisait un temps abominable mais par une chance inespérée, le lendemain un soleil radieux est venu favoriser la première journée. 

Sur les 68 inscrits, 53 se sont présentés au départ et 46 sont parvenus à Hyères, soit seulement 7 pannes..;plus le train spécial qui est arrivé après les premières automobiles concurrentes.

 

Vu le mauvais état du Prado à Marseille, le départ a été donné à Saint-Marcel à 11 h 15 précises, à la première voiture et au premier motocycle.

A 11 h 45, tous les concurrents sont partis y compris une intrépide chauffeuse Mme Laumaillé

 

Peu de temps après le départ on voit revenir M. de Meaulne le 58 avec ses pneumatiques crevés, puis le 54 avec le même accident.

 

Sur la route, M. G. Hiegard a versé dans la descente de Beaunet ainsi que M. Rodocanachi qui suivait la course en amateur ; tous deux s'en sont tirés sans blessures graves.

 

Le premier contrôle était à Toulon (63 kilomètres)

A midi 42 m. 30 s., passe Charron, puis Hourgières et de Knyff à deux ou trois minutes d'intervalle. M. Laumaillé passe 9e à motocycle.

 

Le point terminus de la première étape était Hyères.

L'ordre est le même qu'à Toulon, une minute à peine sépare les trois concurrents qui sont arrivés à  1h 26 m 2s et 1 h 27 les deux autres.

 

En tenant compte de l'heure de départ, voici quelle était la classification de cette première journée :

 

  * Voitures au-dessus de 400 kilos

 

1 René de Knyff ; 2 Gilles Hourgières ; 3 Charron ; 4 Koechlin ; 5 n° 17 ; 6 Giraud ; 7 Colonna ; 8 E. Mors ; 9 n°18 ; 10 Yvert ; 11 Serex ; 12 Chesnay ; 13 Breuil ; 14 de Païva ; 15 Duchon ; 16 Mouter ; 17 L. Mors ; 18 Chauchard ; 19 n°27  ; 20 Morane ; 21 Baron Luquesne ; 22 De Blonay ; 23 Courtois ; 24 n°18 ; 25 E. Mallein ; 26 Damoy-Picon ; 27 Clerissy ; 28 n°28 ; 29 Lasslo ; 30 Bergeon

 

 * Voitures au-dessous de 400 kilos

 

1 G. Richard ; 2 Cléo ; 3 Labouré

 

  * Motocycles de 100 à 200 kilos

 

1 Manet ; 2 Vicomte du Soulier ; 3 Catzigras

 

  * Motocycles au-dessous de 100 kilos

 

1 Marcellin ; 2 n°6 de Dion Bouton ; 3 Mme Laumaillé ; 4 Chesnay ; 5 n°60 de Dion Bouton ; 6 Raoulx ; 7 Laumaillé ; 8 Chauchard ; 9 Guyenet ; 10 Gasté.

On remarque que Mme Laumaillé est troisième des motocyclistes.

 

La seconde journée n'a malheureusement pas été favorisée par le temps et au moment du départ une pluie fine ne cesse de tomber.

A 9 heures le départ est donné aux concurrent qui partent de 15 en 15 secondes. La pluie ne fait qu'augmenter et au contrôle de Cannes c'est un véritable déluge.

La distance de Hyères à Cannes est de 127 kil. aussi n'est-ce qu'à midi 27 m 3 s, que l'on signale l'arrivée de Charron passant comme une bombe et devançant ses humbles adversaires Hourgières et de Knyff.

Hourgières passe 17 minutes après sans freins à sa voiture ! puis c'est le tour de M. de Knyff à midi 55 m 5 s.

Malgrè le mauvais temps il n'y a pas eu d'accident de personne, seuls les moteurs ont subit diverses avaries.

A certains endroits, dans la plaine de Roquebrune, surtout, les flaques d'eau atteignaient jusqu'à 20 et 30 centimètres de profondeur.

 

Mme Laumaillé est restée en panne après Fréjus.

 

A Nice, le temps est toujours aussi déplorable et l'assistance est naturellement peu nombreuse.

A 1 h 42 m 43 s, un coup de clairon annonce l'arrivée du premier. C'est Charron, l'ancien champion de France de bicyclette, qui passe couvert de boue et plus trempé que s'il avait pris un bain, ce qui se comprend après les quatre heures de pluie qu'il vient de subir !

 

Les deux inséparables, Hourgières et de Knyff passent à 1h 52 et 1 h 59. Ce dernier n'est plus qu'une masse de boue.

Puis arrivent Giraud, Koechlin, Mors, Yvert, etc..

Le premier motocycliste est Osmont, puis viennent MM. Meaulne et Guyenet.

A 8 heures, le contrôle ferme et le classement des deux journées donne le résultat suivant :

 

 * Voitures au-dessus de 400 kilos

 

1 Charron ; 2 Gilles Hourgières ; 3 René de Knyff ; 4 Koechlin ; 5 Et. Giraud ; 6 E. Mors ; 7 Yvert ; 8 L. Mors ; 9 Duchon ; 10 De Païva ; 11 Mouter ; 12 n°17 ; 13 Chesnay ; 14 Morane ; 15 Chauchard ; 16 n°18 ; 17 L. Clérissy ; 18 n°28 ; 19 Courtois  ; 20 Lasslot ; 21 Damoy Picon ; 22 De Bergeon

 

 * Voitures au-dessous de 400 kilos

 

1 Georges Richard ; 2 Labouré

 

  * Motocycles de 100 à 200 kilos

 

1 Vicomte du Soulier ; 2 Manet ; 3 Catzigras

 

  * Motocycles au-dessous de 100 kilos

 

1 Osmont ; 2 Guyenet ; 3 Méaulne; 4 Mme Lemaillé ; 5 Chesnay ; 6 M; Lemaillé

 

Les premiers motocyclistes ont mis 3 heures de plus que les voitures ; ce qui montre bien l'influence de la boue, car par temps sec ils peuvent soutenir une allure de 40 kil. à l'heure, tandis qu'ils ont à peine fait du 28 à l'heure.

 

Les deux voitures arrivées 1e et 2e dans la catégorie des voitures au-dessous de 400 kilos (MM. G. Richard et Labouré) sont actionnées par des moteurs Benz, fournis par la Maison Parisienne, 71 avenus de la Grande Armée.

 

Le nombre total des arrivées 33, porte le nombre des pannes à un peu plus de la moitié. C'est beaucoup mais il faut en accuser le temps et les routes, et vous verrez que certainement cette proportion demeurera dans une large mesure dans les courses. 

 

Félicitons M. Meyan pour l'organisation qui n' a rien laissé à désirer, ce que l'on ne peut pas souvent dire.

Maurice Farman

 

 

1899  

 

Le Sport Universel Illustré de mars 1899

 

La semaine automobile de Nice 

 

Le pli est pris. La Côte d'Azur, a tous les ans sa semaine automobile comme elle a sa semaine hippique. Il fallait que ça arrive, car l'automobile s'adressant bien nécessairement à un public très riche - les mortels qui peuvent s'offrir des voitures d'un prix variant de 8.000 à 20.000 francs ne sont pas légion - il est tout naturel que la princesse de Monte-Carlo tint à attirer dans les environs de sa roulotte les chauffeurs. Et cette année la princesse y tint d'autant plus que la saison ne fut guère fameuse sur la Côte d'Azur.

 

On a donc élaboré un programme automobile des plus complets, superbe sur le papier mais qui pratiquement, sur la route, ne fut pas aussi beau qu'on l'avait espéré.

 

Durant huit jours les épreuves se sont succédées, continues et diverses, mais ni l'une ni l'autre n'ont eu le succès attendu, soit par défaut d'organisation, soit parce que le sport automobile n'est pas un sport bien émotionnant.

 

Les trois épreuves sensationnelles de ce meeting de pétroleurs étaient la course Nice-Castellane-Nice, la course de côte de la Turbie et la course du mille à Nice.

 

La course Nice-Castellane-Nice - le clou - n'a pas tenu ce qu'elle promettait. L'épreuve a d'abord été viciée par son parcours particulièrement dangeureux, si accidenté, aux pentes si raides, aux tournants si traîtres que les organisateurs ont dû sur deux cent dix kilomètres en neutraliser plus de la moitié. Sur les 120 kilomètrezs neutralisés, les concurrents étaient autorisés à rouler à l'allure qui leur plairait, pour reprendre la course à 29 kilomètres de l'arrivée.

Quatre contrôles, au départ, à l'entrée du parcours neutralisé, à la fin du même, à l'arrivée.

Allez donc vous reconnaitre dans tous les comptes et les décomptes qu'il a fallu faire pour connaitre les vainqueurs.

 

Bornons-nous donc à insérer les résultats succints :

 

Nice-Castellane-Nice

 

  * Voitures - 1 Lemaitre (Peugeot), 2 h 52 m. 50 s ; 2 Girardot, 3 h. 19 m. 20 s. ; 3 Koechlin, 3 h.                            22 m. 45 s. ; 4 Loysel, 3 h. 25 m. 55 s. ; 5 De Turckheim, 3 h. 26 m. 45 s. etc...

 

  * Motocycles - 1 Teste, 2 h. 59 m. ; 2 Rigal, 3 h. 20 m. 37 s.

 

La seule note bien intéressante de l'épreuve est la victoire magnifique de Lemaitre sur sa voiture Peugeot forte de 18 chevaux.

Parti avec 14 minutes de retard, Lemaitre a rejoint et dépassé tous ses concurrents, montés sur des voitures à qui l'on avait fait une réputation d'invincibles.

 

En même temps que la course de vitesse se disputait une course de touristes sur le parcours Nice-Colmars-Nice. L'arrivée s'est faite ainsi :

 

  * Motocycles - Géo en 2 h. 21 m. 56 s.

  * Voitures deux places - Motocadre en 2 h. 58 m. 18 s.

  * Voitures quatre places - Mercédes, 2 h. 27 m. 30 s.

  * Voitures à six places - Buissot, 3 h. 54 m.

 

Nouveau succès pour M. Lemaitre dans la course du Mille qu'il a enlevé en 1 m. 35 s., soit à une allure de 70 kilomètres à l'heure, couvrant le kilomètre lancé en 47 s. 1/5, soit donc à une allure de 76 à l'heure.

 

Troisième et dernier succès pour M. Lemaitre et pour sa Peugeot dans la course de côte, Nice-La Turbie, 17 kilomètres de rude pente qu'il a grimpés en 24 m. 23 s.

 

 

D'après La "Vie au grand air"  de mars 1899

 

La grande semaine automobile 

 

La semaine automobile de Nice débute par un grand Corso fleuri d'automobiles. Est-ce destiné à la conversion des gens du monde qui font loi ici et reprochent aux voitures automobiles d'être laides et puantes, seront plus touchés par la vue d'engins aux lignes harmonieuses et noyées dans des fleurs, aux teintes dégradées dans les tons des bouquets et des gerbes qui les enfouissent.

La promenade des Anglais qui va devenir le centre de la fête des courses automobiles, de par son nom même, la promenade est un symbôle. On s'y promène, on n'y court pas. Tous les niçois ont, impartialement reconnu que la fête des fleurs automobile avait été, sans conteste, plus brillante que l'autre, celle des voitures à chevaux.

 

La veille des courses pour Nice-Castellane et Nice-Colomars-Tourette-Nice, au lieu des voitures fleuries, place au sport. Adieu les fleurs ! Adieu les caresses des yeux. Nous allons voir les voitures monstres, les voitures athlètes aux corps minces et réduits de poids inutiles, aux muscles et aux poumons énormes dont sortent des anhélements de Cyclope, des grondements terribles, et sous la maigreur desquelles se cachent les moteurs géants où des milliers d'explosions, véritables feux infernaux, vont mettre en mouvementla danse légère des roues dans un tourbillon.

Le temps est d'ailleurs, mpoins gracieux déjà. La promenade est couverte, par instants de enuages de fumée. C'est le vent qui rabat la poussière sur Nice. Et nous savons que là-bas, dans les sillons des routes, la poussière quasi éternelle des routes du Midi n'attend pas le passage des roues pour monter dans l'air en colonnes de fumée.

 

Le 21, c'est le grand jour. Non que Nice tout entière se rue en ce jour sur la Promenade comptempler les mangeurs de kilomètres. Il y a ici trop de scepticisme ambiant et trop de mondes divers pour qu'il n'y ait pas un fort lot d'indifférents. Mais, soit par amour du sport, soit par badauderie, beaucoup de monde est venu assister au départ et surtout à l'arrivée des concurrents des deux courses.

 

Voilà les chevaux qui arrivent, les six chevaux, les huit chevaux, les dix chevaux. Il parait même qu'il y en a une de dix-huit chevaux, celle de Lemaitre, une voiture de 800 kilos à peine et sur laquelle ronfle terriblement, couché dans ses quatre énormes cylindres, comme sur quatre gros membres, un moteur monstre, un moteur Léviathan qui, d'un seul effort, d'une seule détente de muscle comme un hercule enlève de terre un poids et le jette aux regards de la foule, pourrait déraciner de terre, un poids de 18 fois 75 kilos, un poids de 1.350 kilos et le faire bondir à un mètre au-dessus du sol en une seconde.

 

 

Le jeudi  23 mars, c'est la course du mille. A Paris nous avions la coourse du kilomètre. A Nice, terre casi anglaise et sur la promenade des anglais, nous avons la course du mille, essai d'automobilodrome. Essai mal réussi d'ailleurs. Non pas que l'épreuve fut mal organisée en elle-même. La promenade est droite, large, le sol est presque bon. Tout un bataillon de soldats garde la piste. Un téléphone relie l'arrivée au départ. Deux juges ont l"oeil à la mire pour juger.

Mais quel ennui. Le public ne comprend rien et ne voit pas grand chose, sinon que le ciel se couvre et que les parapluie s'ouvrent, car il tombe quelques gouttes de pluie.

Le ciel de Nice en pleure lui-même de désespoir.

 

Toutes les dix ou quinze minutes une bombe éclate, une sonnerie se fait entendre au téléphone et deux minutes après, au milieu de coups de clairons, les deux concurrents qui se disputent chaque manche arrivent.

Les deux ou bien l'un, puis l'autre à 200 mètres de distance, ou bien même le plus souvent l'un sans l'autre, car il n'y a guère de lutte. Et le juge dépense des trésors d'efforts inutiles. Il n'y a pas même besoin de juges. Nul ne mettra en doute un résultat trop clair et qui n'a pas même un instant l'émotion de l'incertitude.

 

Les voitures passent très vite, prodigieusement vite, mais on finit par ne plus s'en apercevoir. L'oeil y est habitué.

Quelques belles performances, ainsi de 9 heures à midi, en trois heures d'horloge, Lemaitre couvre le mille arrêté en 1 minute 36 secondes et le kilomètre lancé en 57 secondes, ce qui bat tous les records pour pétroliers et ne baisse pavillon que devant les voitures électriques. De même Giraud a fait 1 m 45 s 1/5 et 1 m 3 s 1/5. Ce qui est encore un record en dehors des électriques.

Au fait, il n'y avait pas de voitures électriques. Cela manquait, cela nous aurait peut-être électrisé. Car cette première de l'automobilodrome avait besoin de soleil, de vie et de gaieté !

Georges Prade

 

 

 

Le Figaro 25-03-1899

 

La semaine automobile de Nice 

 

La course de côte de La Turbie, dont l'altitude est de 541 mètres en 10 kilomètres - la longueur totale du parcours étant de 16 kilomètres - nous a révélé de grands progrès dans la construction des moteurs qui ont permis des vitesses que l'on ne prévoyait pas.

 

Voici le classement :

 

  * Catégorie Voitures - 1 Lemaitre en 24' 23" ; 2 Giraud 26' 40" ; 3 de diétrich 28' 51" ; 4 Loysel 28' 53" ; 5 Buissot 29' 57" ; 6 de Turckheim 30' 47" ; 7 Archdeacon 31' 40" ; 8 Koechlin 32' 20" ; 9 de Diétrich 33' 34" ; 10 Ed. Georges 36' 30" ; 11 Schneider 41' 56" ; 12 Motocdre 42' 45" ; 13 Audibert Lavirrotte 43' ; 14 A. de Rothschild 43' 34" ; 15 H. de Rothschild 46' 34" ; 16 Hachette 48' 40" ; 17 Roscoff 49' 19" ; 18 Rouhot 52' ; 19 Lacroix 1 h. 12' 45" ; 20 Guyenet 1 h. 31' 51".

 

  * Catégorie motocycles - 1 de Méaulne, 26' 47" ; 2 Beconnais, 27' 42" ; 3 Jacquelin, 28' 2" ; 4 Gladiator, 30' 8" ; 5 Legras, 35' 52" ; 6 Géo, 39' 27" ; 7 baron Duquesne, 39' 42" ; 8 Roubert, 48' ; 9 Garin, 52' 22" ; 10 Tart, 53' 16".

 

Voici quelques détails intéressants sur la voiture automobile avec laquelle M. Lemaître a remporté la victoire dans toutes les épreuves qui viennent de se courir à Nice : le mille, La Turbie et Castellane.

C'est un duc à deux places construit par la maison Peugeot, d'Audincourt, et muni du célèbre moteur horizontal à deux cylindres.

Dans la côte de La Turbie (16 kil.) M; Lemaître a fait du 45 kilomètres à l'heure, et du 76 dans le mille. C'est le record !

 

 

Le Journal 30-03-1899

 

Le record Nice - La Turbie

 

Le triomphateur de la semaine automobile de la Côte d'Azur, Lemaître a filé mardi sur Marseille.

Auparavant, il s'était attaqué à la côte de La Turbie et il a réussi à abaisser son propre temps, mettant 21 minutes 16 secondes pour atteindre le sommet de la terrible montée. M. Lemaître a marché à une vitesse de 43 kilomètres à l'heure. Dans une montée, c'est plutôt coquet !

 

 

1900  

 

Le Sport Universel Illustré de mars 1900

 

Sur le meeting de Nice 

 

Le ciel sait être à l'occasion un ironiste distingué, dont -  l'esprit humain est ainsi fait - on n'apprécie pas comme conviendrait de le faire les boutades climatiques.

Depuis des années et des années l'histoire raconte que la Côte d'Azur est  un paradis terrestre, coin d'univers privilégié qui ne connait du 1e janvier au 31 décembre que les charmes d'une flore immortelle sous une voûte d'azur, parmi les flots d'or d'un soleil dont la splendeur met en déroute l'escadron des nuées.

On a vite fait ici bas de construire solidement légende ! Mais l'automobile vint et la légende de l'éternel printemps s'effondra lamentablement.

Parbleu, il est toujours facile de conter en des notes qui en font acquiter d'autres, sèches mais éloquentes Nice qui a promis tant, qui a tenu si peu.

 

La faute n'en incombe pas aux organisateurs, mais ainsi que je l'écrivais au début de cet article, c'est au ciel, cet ironiste distingué, qu'il faut s'en prendre.

L'adversaire est de taille. Il est même invulnérable.

Pauvre meeting de Nice ! A quoi l'a-t-il réduit ?

 

Douze jours de sport étaient annoncé ; dès les débuts la pluie se mettait des fêtes auxquelles on ne l'avait pas invitée, et triomphante, mettait en déroute concurrents, organisateurs et spectateurs.

Et cependant le meeting avait bien commencé !

D'abord en levée de rideau, le corso fleuri donné le dimanche 25 mars à Nice sur la promenade des Anglais. Il fut exquis, favorisé par le beau temps, se déroulant dans le cadre exquis sous les flots d'irradiante lumière qui faisaient plus merveilleux encore l'escadron des automobiles délicieusement et luxueusement fleuries ou enrubannées.

 

Le lendemain, lundi, journée de sport pur.

On disputait la course Nice-Marseille-Nice, divisée en deux étapes mais ne comportant qu'un seul classement. Temps printanier, journée idéale. Il ne faut pas se fier au soleil qui dore.

 

 

La course avait réuni les plus fameux sprinters de l'automobile, René de Knyff, Charron, Bozon de Périgard, Pinson, Levegh, Béconnais, Marcellin, Teste, etc.. les uns en voiture, les autres en motocycle. Tous pourvus d'engins d'une folle puissance, ils allaient sur des routes périlleuses,accidentées, semées de tournants effroyables se livrer à une lutte fantastique.

Qu'on en juge, Béconnais sur un tricycle à pétrole a réussi à couvrir les 201 kilomètres du parcours en 3 h. 23 m. 11 s., battant le rapide de Nice à Marseille de 30 m., et battant R. de Knyff, qui pilotait une voiture forte de 30 chevaux, par près de 3 minutes.

 

Début merveilleux. Mais le ledemain, pour le retour la pluie surgissait en trombe, transformant les chemins déjà dangeureux en casse-cou tant et si bien que tandis que les voituristes renonçaient à courir et se contentaient du classement fourni par la première étape, les motocycles et les voiturettistes reprenaient la route vers Nice, mais tandis que les premiers terminaient en baladeurs l'étape, les seconds qui couraient restaient tous en panne.

Vous voyez d'ici le gâchis. Pauvres organisateurs ! Ils ont tenté d'arranger les choses, mais leurs décisions prises à la hâte ont mécontenté tout le monde, les vaiqueurs et les vaincus.

Le sport n'est pas toujours rose ; il a ses calvaires.

 

Les autres épreuves ont donné les résultats suivants :

 

  * Côte de Nice - La Turbie (16 kil. 200)

        - Voitures : 1 Levegh (Mors), 19 ' 2"

        - Motocycles : 1 Gasté (tricycle Soncin), 20' 10"

        - Voiturettes : 1 Thery (Decauville), 31'  21"

 

  * Course du mille (1609 m)

        - Voitures : 1 Levegh, le kilomètre en 88" 1/5 ; le mille en 1' 52" 4/5

        - Motocycles : 1 Béconnais, le kilomètre en 39" 1/5 ; le mille en 1' 18" (soit du 92 kil. à l'heure)

 

  * Course de côte de l'Estérel (13 kil. 600)

        - Voitures : 1 Levegh en 16' 23"

        - Motocycles : 1 Béconnais, en 14' 44" (soit 55 kil. à l'heure)

 

  * Les 100 kilomètres de Salon ont donné

        - Motocycles : 1 Béconnais, en 1 h. 22' 34" 3/5 (soit 73 kil. heure). C'est fou !

 

Au fond si ce meeting a manqué de soleil pour être un vrai succès, il s'est réhabilité par les performances accomplies, et l'on oublierait ses mésaventures, si hélas, il n'avait été marqué par la mort d'un concurrent de la course de côte Nice-La Turbie, celle du mécanicien allemand Bauer.

Le sport a son martyrologe. C'est aussi son livre d'or.

René Brévialle

 

 

1901  

 

Le Sport Universel Illustré de mars 1901

 

La semaine automobile de Nice 

 

La semaine automobile de Nice, a débuté le dimanche 24 mars par un corso fleuri.

Le ciel était maussade, voilé de grisaille, mais le public était plein d'entrain et la piste très animée ; très curieux et plein d'originalité ce défilé de bruyantes machines dont la fantaisie des fleuristes, de véritables artistes, avait fait d'exquises merveilles fleuries.

Comme l'année dernière, cette fête a eu lieu dans la vaste allée qui court sous les grands arbres du jardin public. Tout autour de cette piste, les barricades formaient une utile enceinte où des chaises avaient été disposées en nombre considérable. Hâtons nous de dire qu'un public nombreux avait, bien avant l'ouverture des hostilités, envahi l'enceinte et que plus tard, dans l'ardeur de la lutte les plus intrépides combattants excités par le tournoi se sont répandus sur la piste, ce qui n'a pas été pour nuire à la gaieté générale.

 

L'Auto 24-03-1901

 

La semaine de Nice 

 

  * Première journée - Dimanche 24 mars

 

Le Corso fleuri

 

Si la semaine sportive de Nice commence demain lundi avec les deux randes courses, vitesse et touristes, c'est aujourd'hui qu'elle débute.

C'est en effet aujourd'hui dimanche, à 2 heures, que sera donné, au Jardin-Public, le corso automobile fleuri.

Une large distribution de bannières sera faite aux véhicules les mieux décorés.

 

  * Deuxième journée - Lundi 25 mars

 

Les deux courses, vitesse et touristes

 

Voici les renseignements concernant la grande journée de demain lundi, comportant, comme nous l'avons dit, deux course :

 

  1 - Nice-Aix-Senas-Salon-Nice, course de vitesse (462 kil. 602)

  2 - Nice-Draguignan-Nice, course de touristes (193 kil. 532), et dans laquelle les voitures à                 proportion de leur poids sont pénalisées d'un plus grand nombre de voyageurs.

 

La course de vitesse Nice - Aix - Senas - Salon - Nice

 

Départ à 6 heures du matin.

 

Voici l'itinéraire kilométrique :

 

Nice (0 kil., départ) ; Cannes (31, neutralisation 30 minutes) ; Fréjus (68) ; Le Luc (107) ; Brignoles (131, neutralisation 10 m.) ; Saint-Maximin (150) ; Aix (190, neutral. 10 m.) ; Saint-Cannas (208, neutral. 5 m.) ; Senas (238) ; Salon (290, neutral. 10 m.) ; La Fare (269) ; Aix (290, neutral. 10 m.) ;  Brignoles (331, neutral. 10 m.) ; Fréjus (394) ; Cannes (431, neutral. 30 m.) ; Nice (462, arrivée).

 

Soit un total de 1 h. 55 m. de neutralisation.

 

Les engagés :

 

  * Série A - Motocycles ou voiturettes jusqu'à 250 kilos

  18     Gasté

  30     Béconnais

  33     Gleizes

  51     Bardin

  52     Osmont

  74     Demester

  Motocycle Soncin

  Motocycle Soncin

  Motocycle de Dion-Bouton

  Motocycle de Dion-Bouton

  Motocycle de Dion-Bouton

  Motocycle Gladiator-Aster

 

        6 chevaux

        6 chevaux

        6 chevaux

        6 chevaux

        6 chevaux

        6 chevaux

  * Série B - Voiturettes à 2 places côte à côte, de 250 à 400 kilos

    2     P. Chauchard

  25     Paul Baras

  42      Marcellin

  43      Edmond

  44      H. Farman

  66      Noé Boyer

  76      Camus

  78      Oury

  Voiturette Peugeot

  Voiturette Peugeot

  Voiturette Darracq

  Voiturette Darracq

  Voiturette Darracq

  Voiturette Boyer

  Voiturette La Mouche

  Voiturette Renault

        5 chevaux

        5 chevaux

      14 chevaux

      14 chevaux

      14 chevaux

      12 chevaux

        8 chevaux

        6 chevaux

  * Série C - Voiturettes à 2 places au-moins occupées côte à côte, pesant plus de 400 kilos

    1     P. Chauchard

    3     Lemaitre

    4     Braun

    5     Dr Pascal

    6     Stead

    7     E. Giraud

    9     Turner (W. Dannat)

  10     Pierre Marge

  11     Jean Canello

  12     Levegh

  13     Gilles Hourgières

  15     G. Leys

  16     Baron P. de Caters

  17     Pinson

  19     Th. Schneider

  20     H. Degrais

  21     C Boson de Périgord

  26     P. Huguet

  28     De Turckheim

  37     Fabriès

  55     Audibert

  56     Audibert- Lavir I

  57     Audibert- Lavir II

  68     Darracq

  79     Jounu

  Panhard Levassor

  Mercédès

  Mercédès

  Mercédès

  Panhard Levassor

  Panhard  Levassor

  Mercédès

  Rochet-Schneider

  Canello-Durkopp

  Mors

  Mors

  Panhard Levassor

  Mors

  Panhard Levassor

  Rochet-Schneider

  Rochet-Schneider

  Panhard Levassor

  Peugeot

  De Diétrich

  Panhard Levassor

  Audibert et Lavir

  Audibert et Lavir

  Audibert et Lavir

  Darracq

  Mors

      28 chevaux

      48 chevaux

      48 chevaux

      48 chevaux

      16 chevaux

      24 chevaux

      50 chevaux

      40 chevaux

      50 chevaux

      28 chevaux

      28 chevaux

      20 chevaux

      24 chevaux

      28 chevaux

      40 chevaux

      40 chevaux

      28 chevaux

      20 chevaux

      24 chevaux

      16 chevaux

      24 chevaux

      24 chevaux

      24 chevaux

      50 chevaux

      20 chevaux

 

La course des Touristes  Nice - Draguignan - Nice : 193 kilomètres

 

Départ 7 heures du matin

 

L'itinéraire kilométrique :

 

Nice (0 kil. départ) ; Cannes (31, neutral. 30 m.) ; Fréjus (68) ; Le Muy (82) ; Draguignan (90 kil. 500, 1 heure d'arrêt) ; Le Muy (110 kil.) ; Fréjus (134) ; Cannes (102, neutral. 30 m.) ; Nice (193, arrivée).

Soit 2 heures de neutralisation.

 

Les engagés :

 

  * Série A - Motocycles et voiturettes pesant moins de 250 kilos

   14   Deville

   40   Bucquet

   54   Girelli

   59   Florès

   61   Navello

   67   Bensa

   73   Heurtard

   75   Cormier

  Motocycle de Dion Bouton

  Motocyclette Werner

  Motocycle

  Motocycle

  Motocycle

  Motocycle

  Motocycle

  Motocycle de Dion Bouton

    4 chevaux

    1 1/2 cheval

 

 

 

 

 

     6 chevaux

  * Série B - Véhicules portant 2 personnes côte à côte, pesant de 250 à 400 kilos

   22   Capitaine Ferber

   38   G. Richard

   39   G. Richard II

   40   Florès

   64   Decauville

 

  Georges Richard

  Georges Richard

 

  Decauville

.

     4 chevaux

     4 chevaux

 

     6 chevaux

  * Série C - Véhicules à 4 places, de 400 à 600 kilos

   23    H. Rudeaux

   34    Serpollet

   45    Cuchelet

   46    Kraentler

   47    Koechlin

   62    Ravenez

   63    Cornilleau

   71    Bonneville

   Darracq

   Gardner-Serpollet

   Peugeot

   Peugeot

   Peugeot

   Decauville

   Decauville

   Darracq

  12 chevaux

       Vapeur

    7 chevaux

    7 chevaux

    7 chevaux

  10 chevaux

  10 chevaux

  12 chevaux 

  * Série D - Véhicules à 4 places, de 600 à 1.000 kilos

   24    Barbereau-Bergeon

   27    De Diétrich

   29    Katzenstein

   35    Serpollet

   36    Serpollet

   50    De Turckheim II

   69    Rigoulot

   70    Pinson

   72    J. Letainturier

   77    Hutton

   De Diétrich

   De Diétrich

 

   Gardner-Serpollet

   Gardner-Serpollet

   De Diétrich

   Peugeot

   Panhard-Levassor

   Panhard-Levassor

    9 chevaux

    9 chevaux

 

      Vapeur

      Vapeur

    9 chevaux

    8 chevaux

  12 chevaux

  12 chevaux

  * Série E - Véhicules à 6 places, au-dessus de 1.000 kilos

     8    Knapp (Thorn)

   31    Nagelmacker

   32    Collomb

   41    Marck Mayhew

   48    R. De Stern

   53    De Champrobert

   58    Durand

   65    De Fabrègues

   79    J. Journu

   Daimler

   Mercédès

 

   Napier

   Nesseldorf

   Bolide

   Bolide

   Bolide

   Mors

  28 chevaux

  40 chevaux

 

  16 chevaux

  16 chevaux

  30 chevaux

  30 chevaux

  30 chevaux

  20 chevaux

 

La pluie est tombée une partie de la nuit, détrempant les routes ; mais ce matin le vent et un peu de soleil ont déjà séché la chaussée. Tout promet pour le succès du Corso fleuri.

Hier soir, la commission sportive a décidé, que le règlement ne prévoyant pas l'interdiction aux motocyclistes de se faire pousser, ils seraient autorisés à le faire. Inutile de vous dire que tous les concurrents de la série A, sont tous dans la joie.

 

Les formalités

 

Les concurrents de la série A (motocycles, motocyclettes et voiturettes) sont presque tous ici et ont fait des prodiges à l'examen de freinage qui a eu lieu aujourd'hui. Les examinateurs ont été émerveillés par les arrêts exécutés, on pourrait presque dire au .. centimètre.

Une bonne partie des concurrents ont défilé ce matin sur la bascule due, on le sait, à la générosité du baron Arthur de Rothschild.

Cette après-midi, plus de la moitié des concurrents ont passé les examens prévus à la satisfaction de tous et au milieu d'une foule énorme.

 

Les galops d'essai

 

Depuis deux jours, les coureurs essaient leurs véhicules surtout dans l'Estérel et La Turbie.

Quelques uns sont allés sur le parcours à la rencontre des amis qui doivent arriver par la route.

 

 

En route pour la Côte d'Azur

 

De notre envoyé spécial par dépêche

 

Avignon - Me voici à Avignon et en agréable compagnie.

 

Sur le quai de la gare de Lyon, j'ai rencontré Levegh qui s'en va à Valence rejoindre sa voiture de touriste, car il ne court pas et il m'a décidé à faire route avec lui.

Dans le même train était M. Michelin, qui rejoint, lui aussi, sa 12 chevaux à Valence. Son beau-frère la lui amène de Clermont, et il a trouvé un mètre de neige dans les Cévennes.

La 10 chevaux à 4 places de Levegh nous a fait faire du 50 de moyenne dans une véritable tempête de mistral qui nous souffle dans le dos.

Maigrè cela, nou sommes tous gelés et aveuglés car nous marchons dans notre propre poussière qui file devant nous. On se croirait derrière une autre voiture.

Les routes sont médiocres, et les chevaux et charretiers abrutis et glacés ne se dérangent plus.

 

Au train d'hier soir, il y avait, en outre MM. Cornilleau, Ravanez, Cormier, moi et quantité d'inconnu dont la peau de bique donne l'état civil le plus significatif.

 

Saint-Raphaël - Mon voyage se poursuit sans incidents et des plus attrayant.

Rencontré en route, aux Arcs, les barons de Diétrich et de Turckheim qui viennent de Lyon.

MM. Michelin et Sicot sont arrivés à Fréjus où ils coucheront.

Tout le long de la route c'est une véritable caravane de chauffeurs se dirigeant sur Nice.

La route est belle jusqu'à Saint-Maximin, puis elle est détrempée et couverte de neige sur certaines parties, principalement au Luc.

Le temps s'est remis au beau, mais il fait très froid pour la saison et pour le pays où nous sommes.

Georges Prade

 

Calendrier de la semaine

 

Dimanche 24 mars, à 2 heures, Corso automobile fleuri.

Lundi 25 mars, à 6 heures du matin : départ de la course de vitesse. Arrivée vers 1 heure.

A 7 heures du matin : départ de la course des touristes. Arrivée vers midi.

Mardi 26 et mercredi 27 : exposition des véhicules au garage de l'ACN.

Jeudi 28 mars : promenade des Anglais, de 2 h à 5 heures du soir, course du Mille et Coupe Henri de Rothschild (1 kil. lancé).

Vendredi 29 mars, à 10 heures du matin : course de côte de La Turbie et Coupe de la Côte d'Azur ; à 2 heures à Monte-Carlo : concours d'élégance ; à 8 h1/2 : fête lumineuse à Monte-Carlo.

 

L'Auto 25-03-1901

 

La semaine de Nice 

 

L'état des routes - Le temps

 

Décidément nous avons la guigne cette année pour les courses.

Il a plu la nuit dernière. Il pleut encore ce soir ; non pas les cataractes, mais une  petite bruine comme disent les marins ; cela n'en finit pas moins par mouiller. Le Corso fleuri a pu y échapper et n'a eu que les premières gouttes. Mais les routes sont copieusement détrempées et sur certains parcours glaiseux, horriblement glissantes. Cela a même décidé les organisateurs à modifier une partie du programme et à neutraliser le parcours Pont-du-Var à Cannes, soit 24 kilomètres de plus qui s'ajoutent aux autres neutralisations.

 

Le Corso fleuri

 

Il n'a pas eu de chance, ce Corso. Le ciel ne s'est pas éclairci et les chauffeurs et les charmantes chauffeuses sont un peu dépaysées dans leurs toilettes claires, avec leur canotiers. On cherche le soleil. On lève les yeux. Justement la première goutte tombe.

On ne s'en amuse pas moins. Il y a d'ailleurs foule et la recette adû être belle. Salves d'artillerie, musique et service d'ordr, chasseurs, pioupious, rien n'y manquait.

Ah, s'il y avait eu du soleil !

 

Les voitures fleuries

 

Parmi les voitures les plus réussies, signalons le phaéton de M. Just Fernandez, transformé en tramway à trolley avec plaque "complet" et qui a obtenu le prix d'honneur.

Mme la baronne de Zuylen pilote un tonneau 12 chevaux de roses et d'oeillets ; notre confrère Garibaldi pilote un phaéton de boules de neige giroflées ; M. A. de Rothschild a fleuri son camion à bagages qui fait le service du château, il porte un palmier ; Rudeau conduit M. Darracq dans une voiturette tonneau du meilleur goût.

Et quantité d'autres véhicules de toutes sortes, avec fleurs à profusion.

 

Les dernières décisions

 

Le baron de Diétrich est désolé. Le fameux tramway de Cannes a accroché sa voiture, il y a une heure à peine, et a faussé une roue.

 

Les commissaires décident : "En présence du mauvais état de la route entre Nice et Cannes et pour parer aux accidents possibles, il a été décidé de neutraliser le parcours du Pont du Var à Cannes La Bocca. Il est donné 1 h 30 aux coureurs pour faire ce parcours."

Les coureurs seront arrêtés par un drapeau jaune au pied de la montée du Pont du Var.Ils repartiront en course à Cannes La Bocca. Au retour, il y aura la même neutralisation.

 

La course n'et donc plus que de 414 kilomètres, 3 h 55 de neutralisation dans la vitesse.

 

L'Auto 26-03-1901

 

La semaine de Nice - La grande journée

 

Les deux courses, vitesse et touristes, ont été courues aujourd'hui.

Il a fait beau, ni soleil ni pluie, et des routes à peu près sèches.

La première course a donné lieu à un résultat qui va susciter à nouveau des polémiques terribles et qui, en tous cas, va donner un incontestable intérêt à la Coupe Gordon Bennett et à Paris-Berlin.

Comme nous l'avions fait prévoir, c'est, en effet, en l'absence des marques françaises et de leurs types 1901, une voiture allemande, une fameuse Mercédès pilotée par Werner qui a gagné la course ; elle a fait un parcours très régulier et très vite. Il est évident que ces engins sont maintenant au point.

Le vainqueur n'a pas été Lemaître qui, après avoir tenu la tête, a abandonné. Il avait crevé un tuyau de circulation d'eau et comme il n'y a que sept litres de liquide, il avait commencé à chauffer. Pinson le passait alors et Lemaître se décourageant, peut-être un peu trop vite, est revenu.

Je dis trop vite, car Pinson peu après était victime de la guigne : il cassait net son essieu avant, au ras de la roue droite, à la partie la plus forte et dans une partie de métal merveilleuse.

Il avait passé un raccord de route un peu sec ; il s'apercevait de l'accident dans Brignoles seulement.

L'autre leader de Panhard, Chauchard, avait d'abord superbement marché et pris une minute à Lemaître dans l'Esterel ; mais il cassait son frein sur le différentiel et perdait 45 minutes à Brignoles.

Le seul champion des Mors, P. de Caters, après avoir tenu à une minute près le vainqueur jusqu'à Aix, perdait lui aussi du terrain, ayant cassé à Cannes son même frein ; de plus au retour dans l'Esterel, un écrou dévissé lui faisait perdre son eau... et une heure de temps.

Finalement c'est Degrais qui sur une Rochet-Schneider arrive second et premier des marques françaises.

Mais cela prouve combien en un an les vaincus peuvent profiter des leçons du vainqueur.

 

Dans les motocycles, c'est Demester, le recordman de l'heure, qui a triomphé sur son motocyccle Gladiator à 2 Aster accouplés. Il est second du classement général et a même tenu en respect la Mercédès pendant les deux tiers du parcours, ce qui est superbe.

Derrière lui, la triplette de Dion-Bouton, Gleizes, Osmont et Bardin, a fini avec son habituelle régularité. Béconnais et Gasté ont abandonné.

 

Dans les voiturettes, l'écurie Darracq a fait presque cavalier seul. Ses véhicules ont été un peu moins rapides, mais plus réguliers qu'à Pau, où ils avaient égalé les motocycles. Cette fois ils en sont loin, mais ils sont arrivés groupés et Baras seul, le plus rapide,n'est pas classé. C'est encore Farman qui pour sa troisième course emporte sa troisième victoire.

 

Le vainqueur de la course, Werner, est un mécanicien du baron H. de Rothschild.

Il a couru avec la voiture n°5, inscrite sous le nom du Dr Pascal. Très soigneux, bon mécanicien, il a été en outre, très bon conducteur. Il n'a eu ni accident de moteur, ni crevaison de pneus.

 

Voici les temps des trois vainqueurs :

 

  * Voitures : Werner (Mercédès), 6 h 45 m 48 s, moyenne 59 kil. à l'heure.

  * Motocycles : Demester (Gladiator-Aster), 6 h 54 m 56 s, moyenne 57 à l'heure.

  * Voiturettes : Farman (Darracq), 8 h 8 m 35 s, moyenne 49 à l'heure.

Ces temps sont officiels.

 

La course de vitesse

 

Les partants

  * Série C - Véhicules à 2 places au moins, occupées côte à côte et pesant plus de 400 kilos

   1   P. Chauchard

   3   Lemaître

   4   Loraine Barrow

   5   Werner (Dr Pascal)

   6   Stead

 10   P. Marge

 16   P. de Caters

 17   Pinson

 19   Th. Scheider

 20   H. Degrais

 55   Audibert

 56   Lavirotte

 68   Olhion

................... 6 heures

................... 6 h 1 m.

................... 6 h 2 m.

................... 6 h 3 m.

................... 6 h 4 m.

................... 6 h 5 m.

................... 6 h 6 m.

................... 6 h 7 m.

................... 6 h 8 m.

................... 6 h 9 m.

................... 6 h 10 m.

................... 6 h 11 m.

................... 6 h 12 m.

  * Série A - Motocycles ou voiturettes pesant jusqu'à 250 kilos

 18   Gasté

 30   Béconnais

 33   Gleizes

 51   Bardin

 52   Osmont

 74   Demester

 .................. 6 h 13 m.

................... 6 h 14 m.

................... 6 h 15 m.

................... 6 h 16 m.

................... 6 h 17 m.

................... 6 h 18 m.

  * Série B - Voiturettes à deux places occupées côte àcôte, pesant de 250 à 400 kilos

 25   P. Baras

 42   Marcellin

 44   H. Farman

 43   Edmond

 66   Pinaud (Boyer)

................... 6 h 19 m.

................... 6 h 20 m.

................... 6 h 21 m.

................... 6 h 22 m.

................... 6 h 23 m.

Il est intéressant, au point de vue de la vitesse pure des concurrents, de donner leur heure de passage et leur temps au Pont du Var.

Voici les heures d'arrivée chronométrées, au Pont du Var, par M. Ch. Gondoin.

 

  * Voitures

     Concurrents

 

   1   Chauchard

   3   Lemaître

   4   Loraine Barrow

   5   Werner (Dr Pascal)

   6   Stead

 16   P. de Caters

 55   Audibert

 56   Lavirotte

 68   Olhion

    Heure de passage

 

      6 h. 05 m. 52 s.

      6 h. 07 m. 44 s.

      6 h.0 9 m. 03 s.

      6 h. 09 m. 53 s.

      6 h. 11 m. 09 s.

      6 h. 12 m. 07 s.

      6 h. 17 m. 59 s.

      6 h. 21 m. 02 s.

 Abandon en bout de la promenade des Anglais

     Temps réalisés

 

          5 m. 52 s.

          6 m. 44 s.

          7 m. 31 s.

          6 m. 53 s.

          7 m. 09 s.

          6 m. 54 s.

          7 m. 54 s.

        10 m. 02 s.

  * Motocycles

    Concurrents

 

 18   Gasté

 30   Gleizes

 33   Bardin

 51   Osmont

 52   Demester

 74   Béconnais

    Heure de passage

 

      6 h. 19 m. 58 s.

      6 h. 21 m.

      6 h. 22 m. 47 s.

      6 h. 23 m. 21 s.

      6 h. 25 m. 08 s.

      6 h. 24 m. 19 s.

    Temps réalisés

 

          6 m. 58 s.

          8 m. 26 s.

          6 m. 47 s.

          6 m. 21 s.

          6 m. 08 s.

        10 m. 19 s.

  * Voiturettes

    Concurrents

 

 25   P. Baras

 42   Marcellin

 44   H. Farman

 43   Edmond

 66   Pinaud (Boyer)

    Heure de passage

 

      6 h. 24 m. 58 s.

      6 h. 26 m. 24 s.

      6 h. 28 m. 33 s.

      6 h. 28 m. 30 s.

      6 h. 30 m. 35 s.

    Temps réalisés

 

          5 m. 58 s.

          6 m. 24 s.

          6 m. 33 s.

          6 m. 38 s.

          7 m. 35 s.

 

C'est donc M. Chauchard qui a fait le meilleur temps.

M. Serpollet a mis 5 m. 14 s. pour faire les 7 kilomètre. C'est assez coquet !

 

Dans l'Esterel

 

Puis nous filons et nous voici en pleine montagne, dans un vrai cirque de hauteurs, sur une route qui monte terriblement avec cinq lacets merveilleux.

Un sourd grondement, le rythme des cylindres coupés par l'interrupteur et dans le vert des pins apparait la voiture jaune de P; Chauchard, il prend très bien les virages ; derrière lui Lemaître qui a un instant d'hésitation et tout de suite après, Werner qui monte terriblement vite.

Loraine Barrow est déjà dépassé ; juste devant nous, de Caters, qui monte aussi très bien, dépasse Stead et Schneider, au virage suivant passe Marge. A chaque virage on entend un peu l'allumage se débrayer.

 

Voici maintenant les coups de fusil qui annoncent les motocyclistes.

Gasté, dans un virage très dur a un moment d'hésitation, mais il repart couché, le corps complètement hors du guidon, dans un terrible effort ; Gleizes, Osmont et Demester montent facilement.

Puis voici Béconnais ; il vient caler juste devant nous, on se précipite ; le brave Béconnais ne perd pas courage, il redescend la côte, reprend son élan et vient caler juste au même point.

Tout le monde veut l'aider ; le baron de Diétrich veut retirer son pardessus fourré pour le pousser. Bref, Béconnais tire son tricycle jusqu'à un palier et il repart.

Bardin monte le dernier, très facilement.

 

Les voiturettes grimpent avec une facilité remarquable elles aussi, Baras surtout.

 

Les touristes passent peu après, Serpollet est en tête et monte à 50 à l'heure, prenant les virages avec une audace terrible qui fait frémir.

 

A Aix (Aller)

 

L'itinéraire de traversée comportait le boulevard du Roi René, l'avenue Victor Hugo, la place de la Rotonde, le boulevard de la République. Les contrôles étaient installés à l'entrée du cours Gambetta et à la sortie de l'octroi, montée d'Avignon.

 

A Salon

 

Le contrôle était positionné au Pont d'Avignon. Chaque véhicule était précédé, dans la traversée de la ville, par les cyclistes du Salon-Vélo.

Le ravitaillement en essence, huile et eau a été parfait.

 

A Aix (Retour)

 

Un accident, sans suites graves heureusement, est arrivé à 10 kil. avant Aix. Marcellin a eu sa voiture renversée, une enveloppe ayant été arrachée de la jante, Marcellin blessé à la tête et aux mains, a néanmoins continué la course.

M. Chauchard a lui aussi été accidenté, il est reparti après avoir perdu 45 minutes.

M. Savirotte abandonne pour accident de chaîne. Baras abandonne aussi.

 

A l'arrivée

 

L'arrivée a eu lieu sur la promenade des Anglais devant le Cercle de la Méditerranée, devant une foule énorme. Il faisait bien un peu frisquet, mais la fièvre de l'impatience nous chauffe un peu.

 

On entend le coup de clairon et à 4 h. 43 m. 45 s., Werner débouche en trombe. On l'acclame, on félicite les vainqueurs. Peu de temps après, un nouveau coup de clairon : c'est un motocycliste. Au bruit de l'échappement on reconnait les deux cylindres de Demester. Le brave garçon n'en peut plus : il a brisé sa selle, est assis sur le tube vertical, s'il vous plait, en chine cela s'appelle les joies du pal.

Ensuite un intervalle, puis deux trombes dans la même minute : de Caters à qui la guigne a fait perdre toute son avance, puis Degrais qui sur le poteau lui souffle la seconde place. Il en ait de même entre Loraine Barrow et sa Mercédès que M. Schneider arrivé derrière, règle de quelques secondes.

Derrière Loraine Barrow, roue dans roue et dans le sillage, c'est Gleizes, second des motocyclistes, toujours aussi calme et souriant.

Derrière eux, Chauchard qui a marché péniblement au retour, puis Osmont, Bardin.

 

La nuit arrive peu à peu, va-t-on voir arriver la première voiturette ?

Farman et Edmond sont au Pont du Var. Farman qui perdait de l'eau travaille comme un nègre, puis il ne pouvait plus débrayer, le voilà !

Puis arrivent Marge, Marcellin, Stead.

 

Il n'y eu qu'un accident dans la course : le mécanicien de M; Audibert, voyant son patron perre sa casquette, eut la malencontreuse idée de sauter pour la chercher et il se blessa fortement aux jambes..

Le Classement de la course vitesse

 

  * Série A (Motocycles)

 

  1  Demester (Gladiator-Aster 8 chevaux)

  2  Gleizes (de Dion-Bouton 8 chevaux)

  3  Osmont (de Dion-Bouton 8 chevaux)

  4  Bardin (de Dion-Bouton 8 chevaux)

 

   * Série B (Voiturettes de 250 à 400 kilos)

 

  1  H. Farman (Darracq 12 chevaux)

  2  Edmond (Darracq 12 chevaux)

  3  Marcellin (Darracq 12 chevaux)

 

   * Série C (Voitures 4 places, 400 à 600 kilos)

 

  1  E. Werner (Dr Pascal) (Mercédès, 35 chevaux)

  2  H. Degrais (Rochet-Schneider, 24 chevaux)

  3  De Caters (Mors, 24 chevaux)

  4  Th. Schneider (Rochet-Schneider, 24 chevaux)

  5  Loraine Barrow (Mercédès, 35 chevaux)

  6  P. Chauchard (Panhard-Levassor, 24 chevaux)

  7  Marge (Rochet-Schneider, 24 chevaux)

 

Soit quatorze arrivants sur vingt-trois partants.

 

Classement général

 

                           1  E. Werner (Voiture)

                           2  Demester (Motocycle)

                           3  Gleizes (Motocycle)

                           4  H. Degrais (Voiture)

                           5  De Caters (Voiture)

                           6  Th. Schneider (Voiture)

                           7  Osmont (Motocycle)

                           8  Loraine Barrow (Voiture)

                           9  P. Chauchard (Voiture)

                         10  Bardin (Motocycle)

                         11  H. Farman (Voiturette)

                         12  Edmond (Voiturette)

                         13  P. Marge (Voiturette)

                         14  Marcellin (Voiturette) 

 

 

 

 

 

 

6 h. 54 m. 56 s.

7 h. 44 m. 41 s.

7 h. 24 m. 14 s.

7 h. 43 m. 25 s.

 

 

 

8 h. 08 m. 35 s.

8 h. 08 m. 41 s.

9 h. 05 m. 45 s.

 

 

 

6 h. 45 m. 48 s.

7 h. 11 m. 58 s.

7 h. 14 m. 05 s.

7 h. 21 m. 54 s.

7 h. 24 m. 40 s.

7 h. 33 m. 59 s.

8 h. 21 m.

 

Résultats des Touristes

 

Le vainqueur est Serpollet, il a fait la course avec Mme Serpollet et deux mécaniciens.

Derrière Serpollet, Cormier, sur son de Dion-Bouton, a fait une très jolie course.

Le vainqueur des voiturettes à deux places a été Théry sur Decauville.

Dans les voitures légères à quatre places : Koechlin, sur Peugeot.

Dans les voitures à quatre places : Serpollet déjà nommé, et dans les six places : M. Thorn, le président de l'Automobile Club de Pau, sur Mercédès.

 

 

L'Auto 29-03-1901

 

Course du mille - La Coupe de Rothschild

 

Ce fut aujourd'hui une journée à records. Ils sont tombés comme des châteaux de cartes.

Notons qu'un fort vent dans le dos a considérablement aidé les coureurs, surtout sur la fin où il a tourné en tempête.

Les concurrents classés dans la course de vitesse (Nice-Aix-Salon-Nice) étaient obligés de prendre part à la course du mille départ arrêté ; ensuite on avait la Coupe Henri de Rothschild, un kilomètre départ lancé, et comme on prenait les temps du kilomètre dans la première et du Mille dans la seconde, cela fit en somme, une double course dont les record sont sortis mal en point.

Ajoutez à cela que, profitant de la présence des chronomètreurs officiels, un certain nombre de chauffeurs se sont attaqués à nouveau, aux mêmes temps, et vous aurez une faible idée de l'orgie de vitesse à laquelle on s'est livré.

 

Serpollet qui a enlevé la Coupe de Rothschild, couvrant le kilomètre, départ lancé, en 35 s. 4/5, ce qui fait un peu plus de 100 à l'heure, et bat tous les records du monde, sauf celui de Jenatzy qui, sur sa fameuse torpille électrique, a fait 34 s. 2/5, à Achères.

Le meilleur temps de la course du Mille a été fait par Werner qui sur sa Mercédès de 35 chevaux, a fait 1 m. 16 s. 4/5. Ce temps fut rebattu trois fois : par Serpollet dans la Coupe, faisait 1 m. 11 s., puis par Loraine Barrow en 1 m. 12 s. et enfin par Béconnais, qui à motoccyle, arrivait à 1 m. 7 s. 2/5.

 

Farman, le vainqueur de la catégorie voiturettes, n'ayant pas pu se mettre en ligne, va se trouvé disqualifié.

 

Les classements

 

 * Motocycles

 

  1  Osmont (de Dion-Bouton 8 chevaux) Moyenne 85 kil 600

  2  Demester (Gladiator-Aster 8 chevaux)

  3  Bardin (de Dion-Bouton 8 chevaux)

  4  Gleizes (de Dion-Bouton 8 chevaux)

 

   * Voiturettes

 

  1  Edmond (Darracq 12 chevaux)          Moyenne 73 kil.

  2  Marcellin (Darracq 12 chevaux)

 

   * Voitures à essence

 

  1  E. Werner (Mercédès, 35 chevaux)    Moyenne 86 kil 200

  2  Loraine Barrow (Mercédès, 35 chevaux)

  3  De Caters (Mors, 24 chevaux)

  4  P. Chauchard (Panhard-Levassor, 24 chevaux)

  5  H. Degrais (Rochet-Schneider, 24 chevaux) 

  6  Th. Schneider (Rochet-Schneider, 24 chevaux)

 

   * Voitures à vapeur

 

  1  Serpollet (Gardner-Serp, 4 places)     Moyenne 94 kil 600

  2  Rutisaner (Gardner-Serpollet, 4 places)

  3  Bernard (Gardner-Serpollet, 4 places) 

 

Coupe Henri de Rothschild - 1 kil. lancé

 

  1  Serpollet (Gardner-Serp. 4 places)     Moyenne 101 kil.

  2   E. Werner (Dr Pascal) (Mercédès, 35 chevaux)

  3   De Stern-Lubecki (Mercédès, 35 chevaux)

  4   Loraine Barrow (Mercédès, 35 chevaux)

  5   Knapp (Thorn) (Mercédès, 35 chevaux)

  6   Chauchard (Panhard-Levassor, 24 chevaux)

  7   H. de Rothschild (Mors 35 chevaux)

  8   Georges (Mors 35 chevaux)

  9   Pinson (Panhard-Levassor, 24 chevaux)

10   Prince Lubecki (Daimler, 28 chevaux)

11   Collomb (Otto, 16 chevaux)

 

Mille arrêté             Kil lancé

 

1 m. 22 s. 3/5         42 s  2/5

1 m. 27 s.               44 s  1/5

1 m. 30 s. 1/5         44 s  3/5

1 m. 35 s. 1/5         48 s

 

 

 

1 m. 32 s. 1/5         48 s  4/5

1 m. 37 s. 3/5         52 s  4/5

 

 

 

1 m. 16 s. 4/5         41 s  4/5

1 m. 17 s. 2/5         42 s

1 m. 24 s. 3/5         45 s  3/5

1 m. 26 s. 2/5         43 s  2/5

1 m. 30 s. 2/5         46 s  3/5

1 m. 44 s.               55 s  4/5

 

 

 

1 m. 17 s. 4/5        38 s 

1 m. 32 s. 4/5        46 s

1 m. 45 s. 4/5   1 m 0 s  2/5

 

 

 

        35 s. 4/5   1 m 11 s

        41 s. 4/5   1 m 19 s 4/5

        41 s. 4/5   1 m 21 s 

        42 s. 3/5   1 m 16 s 4/5

        42 s. 4/5   1 m 19 s 1/5

        43 s. 4/5   1 m 25 s 3/5

        44 s. 1/5   1 m 25 s 4/5

        44 s. 4/5   1 m 22 s 4/5

        51 s. 1/5   1 m 37 s 2/5

        51 s. 3/5   1 m 36 s 4/5

        54 s. 4/5   1 m 39 s 4/5

L'Auto 30-03-1901

 

La course Nice - La Turbie

 

Le parcours fait 15 kil. 500, départ devant l'Usine à gaz (route de Gênes), à 10 heures.

Après le Mille, la course de côte de La Turbie.

C'est Werner qui sur sa Mercédès 35 chevaux, a enlevé l'épreuve, réalisant ainsi le triplé et montant la côte en 18 m. 6 s. 4/5, ce qui fait plus de 50 à l'heure, battant le record de Levegh de 56 secondes. Lemaître s'est classé second, battant aussi le record. Chauchard, avec sa Panhard 24 chevaux, a battu lui aussi le record. Pinson doit avoir quelque chose, car cela ne va plus.

Les autres sont plus loin ; Degrais et Schneider sont moins vite et Barrow a eu un petit accident. Serpollet est resté loin des voitures à essence ; il a fait la course avec quatre personnes, d'ailleurs, et je crois que le coup de collier est un peu long pour la vapeur, surtout à cause des virages où il  faut la couper.

Béconnais à motocycle a fait la plus extraordinaire performance de la journée, battant tous les records de toutes catégories, et son temps 17 m. 21 s. représente du 55 à l'heure et dans quels virages !

Derrière lui, la triplette de Dion, toujours merveilleuse de régularité et dont le chef de file est cette fois Gleizes, le vaillant vétéran.

Dans les voiturettes, Baras accomplit le prodige d'approcher le temps des grosses voitures et Edmond le suit de près. Koechlin a fait un temps splendide, sur sa petite Peugeot, battant Rudeaux, Katzenstein avec une Panhard de 12 chevaux monte quatre personnes à 35 à l'heure, et Thorn  en monte 6, dans un temps qui bat celui de Pinson.

A coup sûr il y a là de la force.

 

Sur la route

 

Le temps a été superbe, pas un nuage.

Le paysage est splendide. Après le tournant où Baüer trouva la mort en 1900, la route monte dans les oliviers et les roches, nous nous trouvons sous l'Observatoire en haut d'un cirque merveilleux ; au bas, c'est Nice et ses toits gris et roses ; au fond la mer si profondément bleue, avec la langue de terre brune du cap Antibes barrant l'horizon comme une jetée. Plus en bas, la vallée du Paillon où un maigre filet d'eau moirée coupe le lit blanc des cailloux ; à droite, les montagnes où un soleil de fou allume des neiges étincelantes, et par la route blanche, sous le ciel bleu, s'en viennent les taches multicolores des véhicules dans un grondement et un nuage.

Plus de cent voitures ont grimpé cahin caha la côte, et soudain s'en viennent les monstres emportés par leur élan en dehors des virages, malgrè la pente, et qui semblent se cabrer pour repartir.

Chauchard, Lemaître, Werner sont terribles à voir. Serpollet va moins vite ; Béconnais est étourdissant ; les coups de fusil éclatent le long des roches quand il passe et l'allumage coupé, il continue à monter tout de même, dans le glissement du moteur. Baras monte lui aussi terriblement vite, et Thorn aussi.

 

Puis nous nous déplaçons, nous montons à notre tour. La côte cesse de suite et le lacet commence, dans un paysage merveilleux, jusqu'aux Quatre Chemins où la côte redevient très dure ; puis c'est le paysage lunaire, le roc âpre et dur, avec des échappées sur cette mer si belle et ses côtes bizarrement découpées. Et toujours la côte, puis la descente sur La Turbie, accrochée comme un nid d'aigle au rocher. Puis nous arrivons à Monte-Carlo, après d'invraisemblables lacets.

 

Il y a eu 45 partants et 34 arrivants, pas un seul accident.

Ah le danger des courses, on ne le signalera jamais assez !

 

Le classement

 

 * Motocycles

 

  1  Béconnais (Perfecta-Soncin, 8 chevaux) 

  2  Gleizes (de Dion-Bouton 8 chevaux)

  3  Osmont (de Dion-Bouton 8 chevaux)

  4  Bardin (de Dion-Bouton 8 chevaux)

  5  Demester (Gladiator-Aster 8 chevaux)

 

  * Motocyclettes

 

 1  Bucquet (Werner frères, 1 ch 1/2)

          Le record reste à Bonnard en 25 m 30 s.

 

   * Voiturettes (vitesse)

 

  1  Baras (Darracq 12 chevaux)          .

  2  Edmond (Darracq 12 chevaux)

  3  Pinaud (Boyer, 12 chevaux)

  4  Oury (Renault 6 chevaux)

          L'ancien record de Théry était de 31 m 21 s

 

 * Voiturettes (de Touristes)

 

  1  Théry (Decauville, 8 chevaux)          .

  2  Capitaine Ferber (Cottereau, 6 chevaux)

           L'ancien record de Ravenez était de 47 m 33 s

 

   * Voitures (de vitesse à 2 places)

 

  1  E. Werner (Mercédès, 35 chevaux)    

  2  Lemaître (Mercédès, 35 chevaux)  

  3  P. Chauchard (Panhard-Levassor, 24 chevaux)

  4  Pinson (Panhard-Levassor, 24 chevaux)

  5  H. Degrais (Rochet-Schneider, 24 chevaux) 

  6  Th. Schneider (Rochet-Schneider, 24 chevaux)

  7  Loraine Barrow (Mercédès, 35 chevaux)

          L'ancien record de Levegh, 19 m 2 s, est battu par                  les trois premiers

    

   * Voitures (à vapeur)

 

  1  Serpollet (Gardner-Serp, 4 places)     

  2  Rutishauser (Gardner-Serpollet, 4 places)

  3  Bernard (Gardner-Serpollet, 4 places) 

           L'ancien record de M. Michelin avec 31 m 50 s

 

   * Voitures (légères à 4 places)

 

  1  Koechlin (Peugeot, 7 chevaux)     

  2  Rudeaux (Darracq, 12 chevaux)

  3  Ravenez (Decauville, 8 chevaux)

  4  Cuchelet (Peugeot, 7 chevaux) 

  5  Cornilleau (Decauville, 8 chevaux)

 

  * Voitures (à 4 places)

 

  1  Katzenstein (Panhard-Levassor, 12 chevaux)     

  2  Rigoulot (Peugeot, 8 chevaux)

 

  * Voitures (à 6 places)

 

  1  Thorn (Mercédès, 35 chevaux)     

  2  Collomb (Otto, 16 chevaux)

  3  De Turckheim (De Diétrich, 16 chevaux)

  4  Durand (De Diétrich, 16 chevaux)

  5  Braun (Panhard, 12 chevaux)

          L'ancien record de Stead était de 31 m 21 s

 

 

.     17 m 21 s

      18 m 43 s

      19 m 02 s 4/5

      21 m 33 s 1/5

      21 m 56 s 3/5

 

 

 

      27 m 24 s

 

 

 

 

      19 m 40 s

      20 m 38 s 1/5

      22 m 37 s 3/5

      30 m 22 s 4/5

 

 

 

 

      33 m 12 s 4/5

      45 m 28 s 3/5

 

 

 

 

      18 m 06 s 4/5

      18 m 49 s 3/5

      19 m   0 s 3/5

      22 m   0 s 3/5

      23 m 19 s 2/5

      24 m 44 s 4/5

      42 m 45 s 1/5

 

 

 

 

 

      24 m 11 s 3/5

      30 m 54 s 1/5

      44 m 40 s 2/5

 

 

 

 

      28 m 35 s 4/5

      36 m 

      41 m 10 s 4/5

      45 m 49 s

1 h 07 m 04 s 2/5

 

 

 

      28 m 20 s

      35 m 32 s

 

 

 

      21 m 46 s

      28 m 35 s

      30 m 32 s

      31 m 37 s

      33 m 06 s

Classement général

 

                           1  Béconnais (Motocycle)

                           2  Werner (Voiture)Demester (Motocycle)

                           3  Gleizes (Motocycle)

                           4  Lemaître (Voiture)H. Degrais (Voiture)

                           5  Chauchard (Voiture)

                           6  Osmont (Motocycle)

                           7  Baras (Voiturette)

                           8  Bardin (Mootcycle)

                           9  Edmond (Voiturette)

                         10  Thorn (Voituree)

       

La Coupe de motocycles de la "Côte d'Azur Sportive"

 

En même temps que l'épreuve de Nice - La Turbie se disputait entre les motocyclistes abonnés ; parmi ceux-ci se trouvaient Béconnais, Osmont et  Bensa.

Le classement se faisait sur les temps  de la course de côte, en dehors de toute catégorie.

C'est donc Béconnais qui enlève la Coupe.

              

 

1902  

 

L'Auto 08-04 1902

 

La semaine automobile de Nice - Nice La Turbie

 

Course dans le brouillard - Casse-cou et précipices - Les Mercédès et les Darracq triomphent

 

Ah, s'il avait fait beau !

Quelle guigne s'abat sur cette infortunée semaine de Nice !

 

Nice - Abbazia est supprimée par le gouvernement italien, et voiilà qu'aujourd'hui cette pauvre course Nice - La Turbie a bien manqué de l'être par le brouillard, si épais qu'on ne pouvait pas voir à plus de cinquante mètres devant soi.

Courir une épreuve par un tel temps n'est ni gai, ni rassurant ; quand le brouillard masque les tournants d'une route qui décrit d'invraisemblables lacets le long de précipices de 5 à 600 mètres de profondeur, il faut un fier estomac pour courir. Et quelle que soit la bravoure, il est impossible de marcher à la vitesse qu'on peut obtenir avec les véhicules de course.

 

Le vainqueur de la course, d'une façon générale, est Stead, qui pilotait une nouvelle Mercédès 40 chevaux. Il est avec M. Gabriel, vainqueur de la catégorie voitures légères, sur Darracq, le seul qui batte le fameux record de Béconnais. Il n'est que trop juste de dire ; ce record avait été établi par un soleil splendide. Stead sur sa Mercédès a fait le temps merveilleux de 16 m. 37 s. 3/5 pour 15 kil. 500.

Toute la catégorie revient d'ailleurs aux Mercédès qui ont fait une fois de plus leur preuve de puissance et de dirigeabilité. Il est certain qu'elles doivent monter par un beau temps en moins de 15 minutes.

La bataille engagée par les pneumatiques revient à Continental.

Inutile de dire que cela ne va pas non plus sans épilogue.

 

Derrière Stead arrive Lemaître, il a couru avec sa femme comme mécanicien ; un vrai record par ce brouillard !

Mme Lemaître qui a déjeuné avec nous, n'a pas paru émue du tout. A sa place je l'eusse été davantage.

 

Après les Mercédès, viennent les Gardner-Serpollet qui, bien qu'un peu moins vites, ont toutes fait des temps plus qu'honorables.

 

La catégorie voitures légères est revenue aux voitures Darracq 4 cylindres du nouveau type ; elles ont remporté un véritable succès, non seulement par leur vitesse qui les classe premières dans l'ensemble de l'écurie, mais aussi par leur régularité.

Il y a certainement entre elles l'écart seul de la hardiesse des conducteurs et peut être aussi des coups de brouillard, car le vent déplaçait le brouillard par nappes.

 

Le drapeau français a bien été défendu hier et Michelin a pris sa revanche ici. C'est à Gabriel, l'ex- gagnant du Tour de France et le recordman du kilomètre, qu'est revenue la victoire, et Edmond, décidément éternel second, se classe derrière lui et devant Baras, Marcellin et Renaux.

 

Puis viennent les Decauville, les Serpollet, les Cottereau.

Le temps de Gabriel, à 20 secondes derrière Stead, est tout à fait remarquable.

La catégorie voiturettes a été pour Darracq un nouveau succès.

 

La catégorie motocyclettes est revenue à Osmont qu'on s'attendait à voir faire le meilleur temps. C'est lui qui a, en effet, monté le plus vite au début avec Gabriel, mais dans le brouillard, il est allé frôler un mur du doigt, et le moteur, sans débrayage, repartait difficilement, après un ralentissement forcé.

Williams, son moteur a lutté.

Clément a fait une course splendide, montant sans pédaler en 22 m. : du 40 à l'heure ; Werner-Buchet qui n'avait pas été se faire peser n'a pu être contrôlé, le règlement étant formel.

 

Les touristes

 

La catégorie des grosses voitures revient à deux 28 chevaux Daimler, dont la première celle de Zborowski, est celle avec laquelle Stead gagna cette catégorie il y a deux ans.

La catégorie des 650 à 1.000 kilos revient à une Mercédès 20 ch. conduite par Loraine Barrow, et qui bat juste Serpollet ; celui-ci a déposé une réclamation, cette voiture ayant été conduite par Barrow, engagée dans la vitesse ; le temps mis, 21 minutes n'en est pas moins tout à fait remarquable.

La catégorie voitures légères revient à Tranchant, qui courait avec sa voiture de la caravane Paris-Nice, pourvue du nouvel Aster-Gladiator à 2 cylindres de 12 chevaux.

Enfin, Cormier a enlevé, sur un de Dion Bouton, la catégorie motocycles.

 

Voici le tableau des temps :

 

  * Voitures à 2 places de 650 à 1.000 kilos

  1   Stead, Mercédès (40 ch.)

  2   Lemaître, Mercédès (40 ch.)

  3   Werner, Mercédès (40 ch.)

  4   Chauliand, Gardner-Serpollet (12 ch.)

  5   Degrais, Mercédès (40 ch.)

  6   Rutishauser, Gardner-Serpollet (12 ch.)

  7   Jenatzy, Jenatzy (30 ch.)

  8   Cossé-Bourbon, Panhard-Levassor (16 ch.)

  9   Gasté, automotrice (24 ch.)

           Le record de 1901 était de 18 m 6 s 4/5 (Werner                     Mercédès 35 ch.). La moyenne de Stead : 56 kil 134.

 

  * Voitures légères à 2 places de 400 à 650 kilos

 

  1   Gabriel, Darracq (20 ch.)

  2   Edmond, Darracq (20 ch.)

  3   Baras, Darracq (20 ch.)

  4   Marcellin, Darracq (20 ch.)

  5   Renaux, Darracq (20 ch.)

  6   Théry, Decauville (20 ch.)

  7   Barbereau, Gardner-Serpollet (6 ch.)

  8   Coltard, Gardner-Serpollet (6 ch.)

  9   Pitre, Gardner-Serpollet (6 ch.)

10   Humeau, Gardner-Serpollet (6 ch.)

11    Audran, Cottereau (14 ch.)

12   De Lecant, Gardner-Serpollet (6 ch.)

13   Ulhmann, Decauville (20 ch.)

14   De Rue, Panhard-Levassor (10 ch.)

15   Wehreim, Darracq (20 ch.)

            La moyenne de Gabriel est de 55 kil. 214.

 

  * Voiturettes à 1 place de 250 à 400 kilos

 

  1   Guillaume, Darracq (12 ch.)

           Soit une moyenne de 45 kil. 737.

 

  * Motocycles de 50 à 250 kilos

 

  1   Osmont, de Dion-Bouton (8 ch.)

  2   Bardeau, de Dion-Bouton (6 ch.).

           La moyenne d'Osmont est de 51 kil. 352.

  

  * Motocyclettes

 

  1    Williams, Clément (2 ch 1/2)

            Moyenne 42 kil. 183.

 

       16 m. 17 s. 3/5

       18 m. 25 s. 1/5

       18 m. 30 s. 1/5

       19 m. 16 s. 1/5

       19 m. 17 s.

       22 m. 16 s.

       22 m. 23 s. 4/5

       23 m. 45 s. 2/5

       27 m. 57 s. 1/5

 

 

 

 

 

 

       16 m. 50 s. 3/5

       17 m. 39 s. 2/5

       17 m. 46 s. 2/5

       17 m. 49 s. 3/5

       18 m. 36 s. 3/5

       20 m.

       20 m. 44 s. 2/5

       21 m. 30 s.

       25 m. 09 s. 2/5

       25 m. 27 s. 1/5

       25 m. 41 s.

       26 m. 24 s. 3/5

       28 m. 51 s. 4/5

       30 m. 31 s. 4/5

1 h. 08 m. 42 s. 3/5

 

 

 

       20 m. 20 s.

 

 

 

 

       18 m. 06 s. 3/5

       18 m. 32 s. 3/5

 

 

 

 

       22 m. 02 s. 4/5

L'Auto 09-04 1902

 

Records à La Turbie

 

La journée s'est ouverte par une attaque contre le record de La Turbie. A 6h 1/2 du matin, Tampier grimpait dans ma petite voiture de Dion-Bouton décidément infatigable, et s'en allait au sommet de la côte en 37 minutes, ce qui pour une 4 chevaux tonneau est fort coquet. Trois recordmen allaient lui donner l'assaut : M. Huet prenait en bas les temps de départ. C'étaient Osmont à motocycle, Gabriel en voiture légère et Barrière sur la petite machine à vapeur qui a si gaillardement pris part à la Caravane Paris-Nice. Cette petite voiture  a fait 32 m. 48 s. 4/5, ce qui est superbe. Osmont a battu son temps de la veille, mais il avait un moteur trop fort et un instrument trop multiplié ; il repartait très lentement dans les virages en lacets. Bref, bien qu'il ait monté le plus vite à l'endroit le plus raide de la côte, où il a fait du 71 à l'heure tandis que derrière lui Lemaître ne faisait que du 60, il n'a fait au total que 17 m. 49 s. 1/5.

Gabriel était plus heureux sur sa voiture légère Darracq ; il partait à toute allure, virait follement, terminait un virage sur une roue, et atteignait le temps merveilleux de 15 m. 46 s., qui constitue le record actuel. Le record de Stead est donc battu.

Il est juste d'ajouter que les conditions atmosphériques n'étaient plus les mêmes ; Stead a couru dans le brouillard, Gabriel dans le soleil, et il est probable que le premier pouvait gagner aussi une minute par beau temps ; les Mercédès peuvent mettre 15 m. à peine.

Le record officiel n'en est pas moins à Gabriel, la victoire dans la course, c'est-à-dire dans la lutte des marques, restant à Stead : comme cela chacun a son compte.

Il y a d'ailleurs du sport dans l'air. Mercédès a parié 500 francs (à laisser aux pauvres) à de Caters, qu'avec une Mercédès à quatre places il le battrait, lui et sa Jenatzy à deux places. De Caters a relevé le défi.

 

Les moyennes

 

Voici les moyennes réalisées par les concurrents dans la course de côte de La Turbie :

 

    Vitesse

  * Voitures, deux places

 

Stead (Mercédès 40 ch.)              55 kil. 967

Lemaître (Mercédès 40 ch.)         50 kil. 500

Werner (Mercédès 40 ch.)            50 kil. 271

Chauliand (Serpollet 12 ch.)         48 kil. 360

Degrais (Mercédès 40 ch.)           48 kil. 228

Rutishauser (Serpollet 12 ch.)      41 kil. 750

Jenatzy (Jenatzy 30 ch.)               41 kil. 545

Cosse (Panhard Lev 20 ch.)         39 kil. 160

Gasté (Automotrice 24 ch.)           38 kil. 900

 

  * Voiturettes

 

Guillaume (Darracq 12 ch.)           45 kil. 730

 

  * Motocycles

 

Osmont (de Dio-Bouton 8 ch.)       51 kil. 380

Bardeau (de Dion-Bouton 6 ch.)    50 kil. 180

 

Touristes

 

  * Grosses voitures, 4 places

 

Zborowski (Daimler 28 ch.)           36 kil. 700

Dinsmore (Daimler 28 ch.)            33 kil. 176

 

  * Voitures, 4 places

 

Loraine Barrow (Mercéd 28 ch.)   48 kil. 105

L. Serpollet (Gardner-Ser 12 ch.) 46 kil. 362

De Caters (Mors 16 ch.)               37 kil. 003

Giraud (Giraud-Voigt 15 ch.)         34 kil. 024

Johnson (Mors 16 ch.)                  28 kil. 730

 

  * Voitures légères, deux places

 

Gabriel (Darracq 20 ch.)               55 kil. 247

Edmond (Darracq 20 ch.)             52 kil. 691

Baras (Darracq 20 ch.)                 50 kil. 460

Marcellin (Darracq 20 ch.)            50 kil. 320

Renaux (Darracq 20 ch.)              50 kil. 320

Théry (Decauville 20 ch.)              45 kil. 932

Barbereau (Gardner-Serp 6ch.)    44 kil. 850

Coltard (Gardner-Serp 6 ch.)        44 kil. 850

Pitre (Gardner-Serp 6 ch.)            43 kil. 250

Humeau (Gardner-Serp 6 ch.)      36 kil. 978

Audran (Cottereau 14 ch.)            36 kil. 210

De Lecau (Gardner-Serp 6 ch.)    35 kil. 160

Ulhman (Decauville 20 ch.)          31 kil. 680

De Rue (Panhard-Lev 10 ch.)       30 kil. 310

 

  * Motocyclettes

 

Williams (Clément 3 ch.)               42 kil. 290

 

 

 

  * Voitures légères, 3 places

 

Tranchant (Gladiator-A,12 ch.)     33 kil. 234 

Mercier (Gladiator-Aster 12 ch.)    22 kil. 840

 

  * Motocycles

 

Cormier (de Dion-Bouton 6 ch.)    39 kil. 049

L'Auto 11-04 1902

 

La course du Mille

 

Décidément, nous avons la série noire. La guigne la plus invraisemblable s'abat sur cette infortunée semaine de Nice. Nice-Abbazia-Nice a été supprimée, et la Turbie a bien manquait de l'être par le brouillard qui s'est abattu sur la route classique juste au moment précis où partaint les coureurs. Il a fait ces jours derniers un soleil splendide, quand nous n'avions rien à faire qu'à nous mettre à l'abri sous le toit de l'Exposition.

Aujourd'hui le temps s'est mis au vilain, mais ce matin on aurait encore pu courir.

A 2 heures précises, au moment où l'on devait commencer la course du Mille, une tempête de vent s'élevait de telle sorte qu'il était matériellement impossible de faire du 90 à l'heure. Vers 3 h 1/2 enfin le vent tombait un peu et la pluie en profitait pour l'imiter. Ainsi sur un splendide dérapage de la Decauville de Page, arrêtait-on la course fort sagement.

 

Les commissaires se réunissaient et prenait la décision suivante :

  1 - La course du Milleest arrêtée

  2 - Les prix et classement sont acquis aux catégories ayant régulièrement fait le parcours                       aujourd'hui 10 avril.

  3 - La course sera continuée demain vendredi à 2 heures

  4 - La catégorie n°5 (voitures) prendra seule le départ

  5 - Tous les véhicules des catégories 1, 2 , 3 et 4 ayant couru aujourd'hui pourront se remettre en         ligne pour disputer les prix affectés aux meilleurs temps de toutes les catégories réunies.

  6 - La Coupe H. de Rothschild et les tentatives de record suivront

  7 - En cas de mauvais temps, les décisions qui précèdent seront applicables à la journée du                 samedi 12 avril 1902.

 

En conséquence de quoi, les voitures courront demain pour leur classement dans leur catégorie, et les motocycles, motocyclettes, voiturettes, voitures légères pourront se remettre en ligne afin d'établir un temps qui les classe d'une façon générale.

 

La Coupe Henri de Rothschild, réservée aux véhicules de 650 à 1.000 kilos, suivra, et enfin viendront les tentatives de record qui seront à coup sûr peu nombreuses, puisque ce sera double emploi avec le nouveau départ donné à quatre catégories sur cinq.

 

Une Coupe de Caters

 

Le baron de Caters a offert à l'Automobile Club de Nice une coupe splendide consistant en un Sèvres style Louis XV de 70 centimètres de hauteur. Elle servira de challenge pour une épreuve dont le principe seul est fixé : 1 kilomètre, départ arrêté, dans La Turbie, en pleine côte, ouverte à tous les véhicules. Il est probable qu'elle aura lieu le lendemain du Mille, au début de La Turbie, au premier tournant.

De ce fait nous sommes encore quelques jours à Nice !

 

 

L'Auto 12-04 1902

 

Les courses encore remises

 

La pluie continuelle a fait remettre les courses à demain, à moins que ce ne soit dimanche, car il fait un temps lamentable.

 

La Coupe du baron de Caters se disputera sur la montée des Quatre-Chemins.

Serpollet a essayé ce soir ce parcours. On part dans la côte même, la roue avant sur la ligne de la borne 2, à l'auberge des Quatre-Chemins. L'arrivée se fait un kilomètre plus loin.

Serpollet a effectué le kilomètre en 59 secondes. La côte est très dure atteignant 10%

 

 

L'Auto 13-04 1902

 

Courses de nouveau remises

 

Ici, il pleut et il semble qu'un diable malin prenne plaisir à nous narguer. Il a fait beau ce matin, aussi toute la matinée les concurrents ont essayé la piste. Les motocycles, les voiturettes et les voitures ont pris leurs premiers galops sur la piste sèche. Mais en déjeunant, nou savons vu le ciel se couvrir de nuages et la pluie s'est mise à tomber à larges gouttes.

A deux heures, il n'y avait plus aucun espoir, la pluie tombait par rafales, inondant la Promenade des Anglais, noyant le ciment et rendant toute course impossible.

Les commissaires navrés, se voyaient encore obligés de renvoyer la course à demain dimanche.

 

 

L'Auto 14-04 1902

 

La course du Mille - La Coupe H. de Rothschild

 

Nous nous plaignons plus, nos trois jours d'attente par cette abominable pluie ne nous paraissent plus rien aujourd'hui ; le soleil s'est enfin levé ce matin et, sur la Promenade des Anglais, en face de la mer splendide illuminée de mille feux, nous avons assisté à la plus belle matinée de sport qu'on puisse rêver.

Lajournée d'aujourd'hui a fixé une étape nouvelle qui la marque d'une date aussi nette et aussi précise que le jour où Léon Bollée fit le kilomètre à la minute sur la route d'Etampes, et où Jenatzy dans son célèbre duel avec Chasseloup-Laubat, sur sa Jamais Contente, dépassa les 100 à l'heure.

Serpollet vient de faire plus de 120 à l'heure, de la demi minute, exactement 29 s. 4/5, osit à la vitesse de 120 kil. 820 à l'heure, et je revois par la pensée la route d'Etampes ce soir de mai où Léon Bollée, sur sa voiturette-fantôme, venait de nous émerveiller.

Qui eût dit que, moins de quatre ans après, un homme pourrait doubler sur la route ce véhicule éclair du jour ?

 

La course du vainqueur

 

Pour nous le spectacle fut splendide d'un bout à l'autre, de ce vaste cercle qui s'incurve à gauche et qui forme la piste en ciment ; nous vîmes courir dans un panache de vapeur l'obus blanc ; il partit assez lentement et le téléphone nous signala son passage au point 609 où se tenait le premier chronométreur, Tampier, en 37 s. 2/5. Mais l'engin avait bondi. La pompe auxiliaire crachait des torrents d'eau aux tubes en ignition, et la vapeur infernale se ruait, brutale, sur le piston.

Le véhicule était transformé, et il venait sur nous rapide et menaçant comme une pensée mauvaise.

Au dernier virage, le mouvement de vague fut effrayant ; ce n'était plus seulement le tangage de Jenatzy à Achères ; c'était un long et immense roulis du véhicule ondulant sur la piste en oblique. Et soudain la tempête passa, et l'engin fantastique emportant deux hommes et deux pensées ; l'une docile et confiante, l'autre en éveil, et quel eveil, et veillant, invisible, à cette fantastique marche en avant.

Et Multado sortit de la voiture rouge et congestionné, et Serpollet descendit tout pâle, étant parvenu, j'ose le croire, lui-même à s'effrayer !

 

Il court en effet sur un de ces véhicules ordinaire de 12 ch., modifié avec pompe auxiliaire et le chassis m'a semblé trop court et trop haut pour cette allure, à laquelle il faudrait un type tout à fait spécial, pour ne pas dire plus.

L'engin est haut, et l'air passe dessous sans ralentir. Le capot avant est un oeuf à pointe aiguë en tôle de façon à ce que l'air soit troué, et ce cône de section de l'atmosphère passe par dessous la tête des constructeurs.

A ces allures, il faut, dit Serpollet, moins encore augmenter la force des moteurs, que diminuer la résistance.

 

Osmont, à motocycle, a fait un temps merveilleux sur le mille gagnant aisément de plus de 10 s. la course du Mille qu'il couvrair seul de la journée, en moins d'une minute, et malgrè sa faible lancée de 600 mètres, égalant le fameux record de Rigal, à Achères, le kilomètre en 33 s., c'est-à-dire plus de 109 kil. àl'heure, avec un seul cylindre de Dio Bouton : ce fut aussi l'une des belles heures de cette journée que d'entendre le terrible monstre gronder et s'en venir vers nous dans un ronflement de coup de canon, glissant presque sans effort au pas de la corde sur l'arène immense.

 

Il faut avoir vu aussi, la motocyclette Clément, de Williams, filer sur ses deux roues frêles et pourtant solides à plus de 80 à l'heure, dans un vertigineux glissement.

 

Nous arrivons enfin aux deux catégories où la lutte fut la plus chaude ; les voitures légères et les voitures.

Dans les voitures légères, la maison Darracq était par avance maitresse du terrain. La lutte s'est terminée par une double victoire.

Je soupçonne M. Dararcq de ne plus dormir avant d'avoir rendu au pétrole le record de serpollet. La tâche n'est d'ailleurs pas facile dans une course en ligne. A cette allure 1/5 s. à prendre à Serpollet représente près d'un kilomètre à l'heure,et si quelque concurrent avait fait du 120 juste, il aurait été battu sur le poteau de près de 10 mètres. Voilà où on en est avec 1/5 de seconde.

 

Dans la catégorie des voitures, les Mercédès ont confirmé leur victoire de La Turbie, et c'est à Degrais qu'est revenue la première place. Les Mercédès ont dépassé le 100 à l'heure fatidique, que doit faire aujourd'hui tout véhicule qui se respecte. Les résultats sont les suivants :

 

   La course du Mille

* Motocyclettes (jusqu'à 50 kilos)

 

  1  Williams (Clément 3 chevaux) Moyenne 85 kil 600

      Ancien record du Mille 1 m. 48 s. 1/5  à Deauville

      Ancien record du Kil. 50 s. 1/5  à Deauville

 

* Motocycle (50 à 250 kilos)

 

  1  Osmont (Dion-Bouton 8 chevaux)       Moy. 109 kil. 090

  2  Bardeau (Dion-Bouton 6 chevaux)      Moy.   85 kil. 300

      Le  record de Rigal égalé, record de Béconnais battu

 

 * Voiturettes (250 à 400 kilos)

 

  1  Guillaume (Darracq 12 chevaux)         Moy.   73 kil. 460

 

   * Voitures légères (400 à 650 kilos)

 

  1  Baras (Darracq, 20 chevaux)               Moy.    94 kil 240

  2  Renaux (Darracq, 20 chevaux)            Moy.    94 kil 730

  3  Gabriel (Darracq, 20 chevaux)  

  4  Edmond (Darracq, 20 chevaux)           Moy.    87 kil 110

 

   * Voitures (650 à 1.000 kilos)

 

  1  Degrais (Mercédès, 40 ch.)                    Moy.    97 kil 820

  2  Werner (Mercédès, 40 ch.)                     Moy.    95 kil 740

  3  Lemaître (Mercédès, 40 ch.)                   Moy.   86 kil 530

  4  Rutishauser (Gardner-Serpollet, 12 ch.)

  5  Stead (Mercédès, 40 ch.)                        Moy.   88 kil 230

  6  Jenatzy (Jenatzy, 40 ch.)                         Moy.   92 kil 780

  7  Gasté (Automotrice 20 ch.)                      Moy.   67 kil 920

 

Le classement général

 

  1  Osmont (motocycle de Dion-Bouton 8 ch.)

  2  Degrais (voiture Mercédès 40 ch.)

  3  Werner (voiture Mercédès 40 ch.)

  4  Bardeau (motocycle de Dion-Bouton 6 ch.)

  5  Baras (voiture légère Darracq 20 ch.)

  6  Renaux et Gabriel (voiture légère Darracq 20 ch.)

  8  Williams (motocyclette Clément 3 ch.)

  9  Lemaître (voiture Mercédès 40 ch.)

10  Rutishauser (voiture Gardner-Serpollet 12 ch.)

11  Edmond (voiture légère Darracq 20 ch.)

12  Stead (voiture Mercédès 40 ch.)

13  Guillaume (voiturette Daracq 12 ch.)

14  Jenatzy (voiture Jenatzy 40 ch.)

15  Gasté (voiture Automotrice 20 ch.)

 

Coupe Henri de Rothschild - 1 kil. lancé

       Record 1901 : Léon Serpollet en 35 s. 4/5

 

  1  Serpollet (Gardner-Serp. 20 ch.)           Moy.  120 kil. 320

  2  Degrais (Mercédès, 40 ch.)                   Moy.    99 kil. 440

  3  De Caters (Jenatzy, 40 chevaux)          Moy.    97 kil. 286

  4  Chaullaud (Gardner-Ser, 12 ch.)           Moy.    94 kil. 360

  5  Stead (Mercédès, 40 ch.)                      Moy.    93 kil. 420

  6  Werner  (Mercédès, 40 ch.)                   Moy.    92 kil. 800

  7  Chauchard (Panhard-L, 40 ch.)             Moy.    92 kil. 600

  8  Pinson (Panhard-L, 40 ch.)                    Moy.    91 kil. 800

  9  Cottard  (Gardner-Serp. 12 ch.)             Moy.    91 kil. 300

10  Lemaître (Mercédès, 40 ch.)                  Moy.    90 kil. 

       Serpollet gagne donc pour la seconde fois le challenge, 

       il ne lui reste plus qu'une fois pour que l'objet d'art lui             revienne.

Mille arrêté             Kil lancé

 

1 m. 12 s. 1/5         40 s  3/5

 

 

 

 

 

        57 s. 4/5         33 s 

1 m. 10 s. 2/5         40 s 

 

 

 

 

1 m. 27 s. 4/5         49 s 

 

 

 

1 m. 10 s. 4/5         38 s  1/5

1 m. 11 s. 2/5         38 s 

1 m. 11 s. 2/5         

1 m. 21 s. 4/5         44 s  3/5

 

 

 

1 m. 09 s. 3/5         36 s  4/5

1 m. 09 s. 4/5         37 s  3/5

1 m. 17 s. 2/5         41 s  3/5

1 m. 21 s. 2/5 

1 m. 27 s. 1/5         40 s  4/5

1 m. 40 s. 3/5         38 s  4/5

1 m. 44 s. ?/5         50 s. 3/5

 

 

 

        57 s. 4/5

1 m. 09 s. 3/5

1 m. 09 s. 4/5

1 m. 10 s. 2/5

1 m. 10 s. 4/5

1 m. 11 s. 2/5

1 m. 12 s. 1/5

1 m. 17 s. 2/5

1 m. 21 s. 2/5

1 m. 21 s. 4/5

1 m. 27 s. 1/5

1 m. 27 s. 4/5

1 m. 40 s. 3/5

1 m. 44 s. 2/5

 

 

      

 

        29 s. 4/5   

        36 s. 1/5   

        37 s. 1/5   

        38 s.  

        38 s. 1/5   

        38 s. 3/5  

        38 s. 4/5   

        39 s. 

        39 s. 1/5 

        40 s. 4/5

Georges Prades

 

1903  

 

L'Auto 19-02-1903

 

La semaine automobile de Nice

 

En remplacement du Circuit à l'Alcool Nice-Salon-Nice, que l'interdiction ministérielle a atteint, ainsi qu'on le sait, la Commission sportive de l'Automobile Club Niçois vient de décider la création dd'un concours de tourisme et de rendement qui complétera le programme de la semaine de Nice, dont les dates sont définitivement fixées :

 

26 mars - Arrivée des Poids lourds à Pioule, l'ACN se rendra au-devant d'eux dans ceette dernière localité pour assister en commun à la fête donnée le soir.

27 mars - Départ de Pioule pour Nice, des poids lourds et de l'ACN.

28 mars - Concours de freins.

29 mars - Corso fleuri.

30 et 31 mars - Concours de tourisme et concours de rendement à la jante.

1er avril - Côte de La Turbie.

2 avril - Concours d'élégance à Monte-Carlo.

3 et 4 avril - Exposition.

5 avril - Course et record du kilomètre et du Mille (Coupe Henri de Rothschild).

6 avril - Coupe de Caters (un kilomètre en côte dans La Turbie).

 

 

L'Auto 02-04-1903

 

La mort du comte Zborowski

 

Le comte Zborowski s'est tué aujourd'hui en montant La Turbie : tel est le fait brutal et dominant, l'ombre maitresse d'un tableau qui s'annonçait si riant et si triomphal. Dans l'apothéose de lumière et de joie de cette matinée printanière et sous un ciel pur en face de l'horizon de grâce et de cette nature simple et belle, le comte Zborowski grisé par la lutte, prenant à cent à l'heure - et lorsque nous disons cent, nous savons tous ce que veut dire ce chiffre - le virage où, il y a trois ans, était mort Wilhelm Bauer, est venu se fracasser la tête à quelques mètres à peine de la plaque qui rappelle ce tragique accident.

 

Les commissaires ont immédiatement fait interrompre la course et sur le sol on a relevé les deux corps, celui de Zborowski tué, foudroyé pour ainsi dire, et celui de son mécanicien le baron de Paelange qui avait été projeté à 10 mètres de là. Le baron de Paelange n'est d'ailleurs pas aussi gravement blessé qu'on ne le pouvait craindre et à l'hôptal de Nice où il est soigné, on nous affirme qu'il est hors de danger. Il n'a qu'une forte blessure à la tête.

 

Avant son départ

 

Voici comment est arrivé l'accident, je tiens le récit de M. Johnston, un américain qui était assis sur le rocher, juste au-dessus du point où est venu se tuer l'infortuné Zborowski. MM. Tampier et Gabriel m'ont conté les incidents du départ, et Longchamp, le mécanicien de M. Augières, le recordman du kilomètre, qui était au tournant, m'a confirmé certains points.

Avec les forfaits, le comte Zborowski partait le cinquiéme ; devant lui étaient déjà partis quatre conducteurs de Mercédès : Werner, Degrais, Hiéronymus et Gasteaux.

Le comte Zborowski était extraordinairement nerveux, - nous expliquerons plus loin quel curieux phénomène psychologique avait changé ce conducteur froid et calme et l'avait ainsi énervé.

Il se promena d'abord de voiture en voiture, puis dit à Gabriel, qui était on le sait, le plus redoutable adversaire des Mercédès ;

- "Eh bien, il parait que vous voulez nous tailler des croupières ?" 

- "Ma foi oui, répondit Gabriel. Mais vous savez, jusqu'à un certain point, car dans une course comme La Turbie, l'important c'est d'arriver vivant."

- "C'est comme moi, s'écria Zborowski", et là dessus il monta en voiture, car c'était son tour de partir. Le comte montait une 60 chevaux Mercédès, et je vous ai dit l'autre jour combien ces engins simples pour se promener, quand on réduit les gaz, sont terriblement vites au démarrage ; ils s'envolent littéralement.

Le comte Zborowski qui s'était fait un point d'honneur de gagner toutes les courses de l'année, comme il l'a écrit à M. Falconnet, le fabricant de pneumatiques bien connu, et qui avait déclaré que La Turbie était sa course, partit avec d'autant plus de rapidité que le départ était avancé, comme je vous l'ai télégraphié, de 50 mètres en palier.

 

"Il s'envole" me dit Gabriel.

 

Démarrant en seconde vitesse, il était en troisième vitesse cent mètres après, et en pasant devant le mécanicien d'Augières, il venait de mettre la quatrième vitesse et il abordait le fameux virage qui est à quatre cents mètres environ et qui tourne sur la gauche assez brusquement, à une vitesse que le mécanicien estime à 100 kilomètres à l'heure.

Zborowski fut-il surpris par cette rapidité ?

Dans son énervement fou, ne se rendit-il pas compte ?

Toujours est-il qu'il ne ralentit point, ne coupa point l'allumage, ne règla pas les gaz, ne débraya point et comme il prenait son virage très large, trop au large même, ce qui ne lui laissait plus à droite le jeu nécessaire pour le déplacement des roues arrières. Gabriel dit à Tampier :

- Mais s'il vire comme cela, jamais il n'ira jusqu'en haut, et la voiture disparut.

Il y avait quarante-et-une secondes qu'il était parti.

 

Le drame

 

- J'étais assis, nous dit M. Johnson, sur le rocher qui surplombe la route et déborde un peu, juste au-dessus de la plaque de Bauer. Je vis cette voiture bleue qui piquait droit sur le mur à une vitesse insensée. On voyait le conducteur penché sur le volant et l'on apercevait juste la main du mécanicien accroupi derrière le capot. On aurait dit que cet homme voulait se jeter sur le roc de parti pris. A vingt mètres de nous, une main, celle du mécanicien, sortit de la voiture et une casquette s'envola. L'homme affolé se sentant aller au mur abandonna sa prise, le conducteur donna un coup de volant à gauche, mais la roue arrière droite touchait déjà le roc et en enlevait un morceau. Le mécanicien fut jeté hors de la voiture sur la route, ce qui le sauva.

Le choc réinclina la voiture  à droite, et comme le rocher s'avance de plus en plus, tout le coté droit avant de la voiture vint le heurter. Le conducteur, lancé en avant par ce choc effrayant, et qui n'avait fait encore ni un geste, ni poussé un cri fut projeté la face levée contre le rocher, et s'ouvrit net le crâne.

La voiture, calée à droite, virait autour de son avant droit comme autour d'un axe et se mettait presque en sens inverse.

Et le comte Zborowski - à quatre mètres juste de la plaque où trois ans auparavant, à un jour de distance, Bauer avait trouvé la mort - tombait raide mort !

 

L'affolement

 

On se précipite immédiatement, les commissaires firent arrêter l'épreuve et M. Gondoin monta avec Tampier nous prevenir de la funeste nouvelle. Aussitôt nous descendîmes des Quatre-Chemins où nous étions allés voir passer la course.

Le comte Zborowski est encore là, étendu, la tête couverte par son veston ; il est là, en gants blancs, les poignets brisés et gonflés, la jambe broyée.

On a transporté le corp à la chapelle Saint-Roch où une heure après, la comtesse Zborowski, qui attendait son mari à La Turbie, est venue le reconnaitre.

 

Que faut-il conclure de cet accident ?

Nous avons tenu nous-même à faire sur place une enquête.

 

La voiture après l'accident

 

La voiture est là presque intacte, malgrè le choc effroyable ; il n'y a guère qu'une roue d'arrachée, limée, passée au tour. Le chassis n'a pas bronché. Les leviers sont tordus mais entiers et l'on voit la fatale quatrième vitesse en prise.

Le frein n'a pas été employé et sur le volant brisé on voit les deux cadrans qui montrent pleine admission et plein allumage.

Zborowski a couru La Turbie comme il aurait couru le mille en ligne droite, il n'a pas viré.

 

La Turbie impossible

 

La morale de cet accident, c'est tout d'abord que La Turbie n'est plus une épreuve possible pour les engins rapides de maintenant.

La veille de la course Head avait offert de me parier cinq cents francs qu'il y aurait accident, et je n'avais pas osé tenir le pari.

Les engins de course actuels, merveilleux pour voler sur une bonne route, faciles même à manier lorsqu'on veut les règler et ne pas pousser, sont, lorsqu'on les livre à eux-même, de terribles engins de destruction impossibles à employer sans danger sur des routes analogues à cette terrible Turbie, toute en lacets et où l'on ne peut jamais lâcher sa voiture sans péril. Une seconde d'inattention dans un pareil chemin avec de pareils instruments est fatale.

 

Par un sentiment que tout le monde comprendra, les organisateurs ont arrêté la course. Ils ont demandé au Préfet de l'autoriser à nouveau ou demain ou samedi.

Je doute de l'autorisation. Je doute même que personne n'y vienne.

 

Elle fut intéressante au temps des 6 chevaux - 24 chevaux : aujourd'hui, c'est pis que le "Looping the loop" ou le "Cercle de la mort" des allemands.

Pittoresque soit, j'aime plus que tout autre cette Turbie magique, mais décidément trop de deuils s'y attachent et trop d'angoisses et de douleurs.

Turbie, adieu !

 

La course

 

Il me faut bien vous parler de cet embrion de course qui a eu lieu ce matin.

Les records, comme nous l'avions prévu, ont été battus de loin, et le meilleur temps, celui de Hiéronymus, bat déjà d'une minute et demie le temps fameux de Gabriel. Nous disions qu'il ne devait guère être possible de faire moins de quatorze minutes trente secondes, et effectivement il a amené le record à quatorze minutes vingr six secondes, ce qui est splendide. Le record officiel est donc à Hiéronymus sur 60 chevaux Mercédès munie de pneus Continental, et j'ai comme une idée qu'il lui appartiendra quelque temps.

 

Avant la course

 

Dès le matin, par un soleil splendide et sous un ciel impeccablement pur, nous étions monté à La Turbie.

Aux Quatre-Chemins, à l'endroit le plus dur, nous nous retrouvons tous. Il ya là MM. Mors, Michelin, Serpollet, Chauchard, Liégeard, Pinson, de Montal, Johnston, Testa, Tischbein, Garibaldi, comte et comtesse de Limoges, Mmes Mors et Serpollet, etc. Nous chronométrons les temps en partie double. D'abord l'intervalle qui sépare les concurrents, et ensuite leur vitesse sur les deux cent mètres les plus durs.

Les voilà !

Un peu avant 9 heures, un grondement monte et la Mercédès rouge de Werner apparaît. Il fait du soixante dix sur la côte et prend correctement les virages.

Trois minutes quarante cinq secondes après lui, arrive Degrais qui est parti 3 minutes après. Il fait également du 70, mais débraye au virage.

Une tempête qui monte : c'est Hiéronymus qui n'est qu'à 5 minutes 43 secondes de Werner parti 6 minutes avant. Il fait du soixante treize de moyenne et vire avec une précicion admirable. Hiéronymus est le mécanicien de M; Spivy, de Vienne, et l'un des habitués des lacets du Semmering.

 

L'accident de Gasteaux

 

Puis un épouvantable ouragan qui balaie la route d'un bord à l'autre, c'est Gasteaux, le mécanicien de Warden, qui fait du 80 à l'heure et gagne encore 17 secondes sur Hiéronymus. MAis il prend les virage avec une telle audace qu'il nous épouvante et l'on sent qu'il ne finira pas.

Effectivement, peu après, il met une roue dans le fossé et la casse ; s'il avait fini, il est certain qu'il battait de loin tous les autres.

 

"Zborowski est mort !"

 

Puis ce sont de longues et angoissantes minutes. Rien ne vient. Du  haut du roc où nous dominons un paysage splendide, avec le roc de La Turbie, Villefranche est en bas, à l'horizon la Corse, légère vapeur dans le ciel !

Mais ce paysage ne nous intéresse plus, nous sentons un malheur et effectivement au bout de trente minutes nous voyons apparaître la petite voiture verte de Gondoin qui se jette sur nous et nous crie : "Zborowski est mort !"

C'est fini, la journée, si gaie est couverte d'un voile funèbre. La Turbie est terminée.

 

Les temps des premiers

 

Voici la liste des trois seuls temps fait aujourd'hui :

 

Werner (Mercédès), 14 m. 45 s.

Degrais (Mercédès), 16 m. 56 s.

Hiéronymus (Mercédès), 14 m. 26 s., ce qui bat le record de Gabriel, qui était de 15 m. 46 s., vitesse moyenne de 70 kil. à l'heure.

 

Vendredi 3 avril - La Coupe de Caters

 

Détenteur, Léon Serpollet en 59 s. 1/5.

Mais l'indécision où nous sommes au sujet de l'autorisation préfectorale pour la Coupe de Caters, dont le parcours est en pleine côte de La Turbie, nous croyons, au cas où elle serait disputée, devoir donner quelques renseignements sur cette épreuve.

Les conditions de l'épreuve sont les suivantes :

Faire dans le temps le meilleur, un kilomètre départ arrêté dans l'endroit le plus dur de La Turbie, et partir dans les 10% qui commencent à 50 m des Quatre-Chemins.

Cette coupe fut gagnée, il y a un an, par le baron L. de Caters, le sportman belge bien connu, et Serpollet y battit Baras, Degrais, Stead, Bishop, Gabriel, Renaux et Osmont.

Je me souviens avoir fait la course avec le vainqueur et en avoir gardé une inoubliable impression.

 

Voici les meilleurs temps faits en 1902 pour chaque catégorie de véhicules :

 

Léon Serpollet (Gardner-Serpollet, 20 chevaux, 2 places occupées), 59 s. 1/5, moyenne à l'heure 61 kil. 506.

Baras (voiture légère Darracq, 20 chevaux, 1 place occupée), 1 m. 3 s. 4/5, moyenne 56 kil. 400.

Osmont (motocyclette de Dion-Bouton, 4 chevaux), 1 m. 18 s. 1/5, moyenne 46 kil. à l'heure.

 

Mais encore une fois, répétons qu'hier soir en dernière heure, rien n'était décidé au sujet de cette épreuve.

 

L'Auto 03-04-1903

 

La course de La Turbie et la Coupe de Caters non autorisées

 

La course de La Turbie n'a plus été autorisée, non plus que la Coupe de Caters qui se court, on le sait, dans La Turbie. C'est sur une dépêche du ministère de l'intérieur qu'a été prise cette mesure.

Pour ma part je ne m'en plaindrai point, car cette acrobatie de virage en virage ne prouve absolument rien au point de vue industriel. Ce n'est plus la voiture seule, c'est en grande partie le conducteur qui gagne.

 

Il est cependant permis de signaler combien l'opinion publique et combien les pouvoirs s'emballent vite lorsqu'il s'agit d'automobile. Se figure-t-on une réunion interdite à Auteuil ou sur quelque hippodrome que ce soit, parce qu'un jockey s'est tué en course.

Et lorsque Jacques Stern, le gentleman driver s'est tué à Elbeuf, exactement comme Zborowski dans La Turbie, on a ni interrompu la course, ni, à plus forte raison, interdit les autres.

Alors ?

Cela montrerait-il qu'on attend de l'automobile plus de sécurité que du cheval ?

Enfin, je le regrette autant moins que Serpollet, ayant essayé le parcours de la Coupe, a manqué se tuer au virage et ne s'en est tiré qu'en freinant à faire sauter les pneus.

 

Les nouveaux records

 

Il a été décidé que les trois temps faits hier comptent pour records et que la course est annulée.

Et de ce fait les véhicules inscrits pour le Mille, qu'ils aient été pesés ou non pour La Turbie, pourront courir dimanche.

Par conséquent, les deux nouvelles Gobron de 100 chevaux arrivées aujourd'hui, sont qualifiées pour le Mille et non plus seulement pour les Coupes Rothschild.

Georges Prade

 

 

1904  

 

L'Auto 11-02-1904

 

Semaine de Nice - Concours de tourisme (22 et 23 mars)

 

Les courses de vitesse n'étant plus autorisées pour le moment, la commission sportive de l'Automobile Club de Nice a décidé d'organiser comme l'an passé, un grand concours de tourisme.

Ce concours durera deux jours avec retour à Nice chaque fois et comprendra un parcours d'environ 400 kilomètres.

L'itinéraire est le suivant :

 

  * Première journée - 180 kil. : Nice, Cagnes, Vence, Coursegoules, Bouyon, Les Ferres, Conségudes, Roquesteron, Sigale, La Penne, Col de Saint Raphaël, Puget-theniers, Touet-de-Beuil, embranchement de la route de La Roquette, Levens, Tourrette et Nice.

Tous les véhicules prenant part au Concours de tourisme seront soumis à un eépreuve d'ascension de côte.

 

  * Deuxième journée : même itinéraire, les départs auront lieu à partir de sept heures du matin ; l'arrivée devra se faire avant huit heures du soir.

 

 

L'Auto 01-04-1904

 

Le Mille et les Coupes de Rothschild

 

La grande journée du meeting de Nice, la journée de vitesse, qui comprend, les trois courses du Mille arrêté et la double course du kilomètre lancé, dites seconde et troisième Coupe Henri de Rothschild, réservée aux voitures de plus de 650 kilos, munies de moteurs à explosion.

Le temps était splendide ; soleil radieux, assez de vent, mais heureusement pas trop contraire, et soufflant plutôt du côté droit.

Le théâtre a changé cette année, et ce n'est plus sur le classique ciment de la promenade, mais sur son prolongement, sur la route nouvelle qui file le long de la mer, que s'est disputée l'épreuve. La route n'a pas l'air belle ; il y a deux fléchissements à droite, d'abord puis à gauche ensuite, et le sol n'est pas fameux. Aussi n'était-on pas sans appréhension au su des vitesses qu'on pourrait atteindre. Il faut croire cependant que la route est meilleure qu'elle ne parait, puisqu'on y a dépassé le 150 à l'heure. Car c'est une véritable orgie de records que nous avons assisté, dont le héros a été Rigolly et sa nouvelle Gobron-Brillié.

L'engin nouveau est merveilleusement au point ; il fait plus de 100 chevaux, et son moteur à quatre cylindres et huit pistons, pousse de façon splendide d'un bout à l'autre, sans une hésitation sans une défaillance.

 

A trois reprises différentes il a battu le record du monde du kilomètre lancé.

D'abord, avec la faible lancée de 600 mètres du mille, il a atteint 140 kil. à l'heure ; puis dans la Coupe H. de Rothschild, où il a pu prendre une lancée plus grande, il a porté le record au chiffre prodigieux de 23 s. 3/5 soit 152 kil. 542 à l'heure. Nice est décidément la patrie heureuse de la vitesse ; c'est là que les premières voitures firent le 100 et le 120 à l'heure ; c'est là que le premier 150 vient d'être dépassé. Il faut avoir vu l'engin terrible qui, malgrè que nous soyons bien blasés déjà, est parvenu à nous donner encore l'impression réelle de vitesse. Rigolly reprend son titre de roi de la vitesse et son alter ego, Duray, courait avec la voiture de Rigolly en 1903, il a su en tirer un merveilleux parti, battant lui aussi tous les records.

 

La course des grosses voitures a donc été passionnante au plus haut point ; celle des motocyclettes l'a moins été.

Le vainqueur Tamagni, monte une Marchand, motocyclette italienne et qui, croyons nous, est le premier succès international en grande épreuve de nos voisins. Il bat en effet notre champion Lamberjack et sa Griffon, qui n'étaient pas dans leurs bons jours ; on est loin des records.

Les autres ont usé et abusé des ratés. Les voiturettes et voitures légères n'avaient aucun engin menaçant les records ; Durand sur une Mors Paris-Vienne a fait une belle course.

 

Le classement

 

Course du Mille (1,609 mètres) 

Départ arrêté avec classement sur le Mille, le temps du kil. lancé est indicatif

Motocyclettes

 

 Conducteur, constructeur, vitesse

 

  1 - Tamagni (Marchand) vites.   94 kil. 736

  2 - Lamberjack (Griffon)             91 kil. 370

  3 - Seguy (Griffon)                     70

  4 - De Francia (Griffon)              72

  5 - Ingilbert (Peugeot)

  6 - Ancel (Peugeot)

  7 - Yourassof (Peugeot)

 

 

 

Temps Mille

 

1 m. 07 s. 2/5

1 m. 09 s.

1 m. 18 s. 3/5

1 m. 27 s.

1 m. 31 s. 4/5

1 m. 39 s. 2/5

1 m. 42 s. 4/5

 

 

Temps kilomètre

 

28 s.

39 s. 2/5

50 s. 3/5

50 s.

54 s. 3/5

52 s. 2/5

41 s. 3/5

Motocycles

 

  1 - Tamagni (Marchand)             83 kil. 720

 

 

 

1 m. 15 s.

 

 

43 s.

Voiturettes

 

  1 - Deletang (Passy-Thellier)

 

 

 

1 m. 42 s.

 

 

55 s. 3/5

Voitures légères

 

  1 - Durand (Mors)                       80 kil. 717

  2 - Neitham (Decauville)             74 kil. 376

 

 

 

1 m. 21 s. 3/5

1 m. 33 s. 1/5

 

 

44 s. 3/5

48 s. 2/5

 Voitures

 

  1 - Rigolly (Gobron-Brillié)         140 kil. 625

  2 - Duray (Gobron-Brillié)          135 kil. 338

  3 - Werner (Mercédès)              121 kil. 647

  4 - Jenatzy (Mercédès)              119 kil. 205

  5 - Fletcher (Mercédès)             118 kil. 423

  6 - Braun (Mercédès)                 117 kil. 647

  7 - Mark Mayhew (Napier)         112 kil. 500

  8 - Warden (Mercédès)              117 kil. 647

       

 

        53 s. 3/5

        53 s. 3/5

        57 s. 4/5

        59 s. 1/5

1 m. 01 s. 1/5

1 m. 01 s. 4/5

1 m. 03 s.

1 m. 03 s. 3/5

 

 

25 s. 3/5

26 s. 3/5

30 s. 3/5

30 s. 1/5

30 s. 2/5

30 s. 3/5

32 s.

30 s. 3/5

 

Deuxième Coupe Henri de Rothschild

Voitures moteurs à explosion - Distance 1 kil. lancé - Lancée 600 m

Détenteur Hiéronymus (Mercédès) en 31 s. 76/100

  1 - Rigolly (Gobron-Brillié)         150 kil. 000

  2 - Duray (Gobron-Brillié)          135 kil. 388

  3 - Mark Mayhew (Napier)         125 kil. 874

  4 - Warden (Mercédès)              122 kil. 448

  5 - Braun (Mercédès)                122 kil. 448

  6 - Werner (Mercédès)              122 kil. 448

  7 - Fletcher (Mercédès)             120 kil. 805

        24 s.  Record

        26 s. 3/5

        28 s. 3/5

        29 s. 2/5

        29 s. 2/5

        29 s. 2/5

        29 s. 4/5

 

 

 

 

Troisième Coupe Henri de Rothschild

Voitures 500 à 1.000 kilos avec moteurs à explosion - Distance 1 kil. lancé

  1 - Rigolly (Gobron-Brillié)         152 kil. 542

  2 - Duray (Gobron-Brillié)          142 kil. 936

  3 - Mark Mayhew (Napier)         132 kil. 352

  4 - Braun (Mercédès)                124 kil. 134

  5 - Werner (Mercédès)              123 kil. 294

  6 - Jenatzy (Mercédès)              121 kil. 621

  7 - Fletcher (Mercédès)             120 kil. 805

  8 - Warden (Mercédès)              118 kil. 421

 

        23 s. 3/5

        25 s. 1/5

        27 s. 1/5

        29 s.

        29 s. 1/5

        29 s. 3/5

        29 s. 4/5

        30 s. 2/5

Record du monde

 

 

 

L'Auto 02-04-1904

 

La Coupe de Caters

 

La Coupe de Caters s'est disputée aujourd'hui, pour la troisième fois, dans la classique montée du Pin, c'est-à-dire à l'endroit où la terrible côte a la plus forte pente.

Il y a deux ans, la Coupe se disputa au même endroit, mais sur un kilomètre. L'année dernière, ce fut à Laffrey, également sur un kilomètre. Cette année, elle a de nouveau été disputée à Nice mais sur 500 mètres seulement.

Ce fut donc, par excellence, la course du démarrage en pleine côte, la prise progressive, puis brutale du cône d'embrayage et la force à la jante ainsi produite s'inscrivant dans le temps même. 

 

Duray a réalisé aujourd'hui son rêve, remporter la victoire sur Rigolly.

La semaine est merveilleuse pour la vaillante marque Gobron-Brillié, le fameux moteur à double piston opposé en est à sa onzième victoire consécutive.

Les 80 chevaux Mercédès ont fait une très belle course, régulière et rapide au démarrage ; elles se sont littéralement envolées au départ, mais une fois en route, la force a parlé, et Werner qui fait encore le meilleur temps, reste à une seconde de Rigolly.

La Napier de Mayhew, très rapide elle aussi, mais démarrant beaucoup moins vite que les Mercédès, est de ce fait battue par elles.

En sommes, les résultats d'aujourd'hui en côte ne diffèrent pas beaucoup de ceux d'hier sur les 600 mètres arrêté, où le classement était Duray, Werner et Rigolly, tandis qu'il est aujourd'hui : Duray, Rigolly, Werner.

 

Le classement

 

  * Voitures

 

     1 - Duray (Gobron-Brillié), en  26 s.

     2 - Rigolly (Gobron-Brillié), en 27 s.

     3 - Werner (Mercédès), en 28 s.

     4 - Braun (Mercédès), en 28 s. 3/5

     5 - Mark Mayhew (Napier), en 30 s.

     6 - Fletcher et Jenatzy, dead-heat (Mercédès), en 30 s. 1/5

     8 - Warden (Mercédès), en 32 s. 3/5

     9 - De cesti (Mercédès 60 ch.), en 36 s. 3/5

 

  * Motocyclettes

 

     1 - Ancel (Peugeot), en 41 s. 4/5

     2 - Tamagni (Marchand), en 42 s.

 

Il est à remarquer que la Peugeot, victime hier de ratés, a pris sa revanche aujourd'hui sur l'italienne, continuant ainsi sa glorieuse série de victoires.

 

Il a fait un temps splendide, et dans ce merveilleux décor de La Turbie, la course était grandiose et pleine d'émotions avec le ronflement des moteurs dans les rochers.

 

La semaine de Nice se termine donc bien. Un peu courte comme épreuves, un peu maigre en voitures, elle a racheté et au delà ces défauts par la qualité des adversaires. Il y aurait eu cinquante voitures que le résultat eût été le même.

 

 

L'Auto 27-09-1904

 

Les motocyclettes sur la côte de La Turbie

 

Notre confrère de la Côte d'Azur Sportive fera disputer, dans le courant de la saison, une course de motocyclettes, sur la côte classique de La Turbie qui, devenue impossible à gravir pour les voitures, conviendra parfaitement à la maniabilité des motocyclettes, qui pourront monter à toute vitesse.

 

Pas d'autres informations disponibles !

 

 

1905  

 

L'Auto 03-03-1905

 

Semaine de Nice - Concours de tourisme

 

La commission sportive de l'ACN vient d'approuver le règlements et les dispositions prises pour le grand concours de tourisme qui aura lieu les 14 et 15 avril sur un itinéraire compris entre Nice, La Turbie, l'Ariane, Levens, Carros, Gattières, Vence, Grasse, Pégomas, Cannes, Nice,soit 153 kilomètres 500 environ pour le premier jour, avec attribution de points pour la régularité et la consommation.

Le deuxième jour comprendra, le matin, un concours de côte sur la route de La Turbie, au lieu dénommé les Quatre-Chemins et sur une distance de 500 mètres. L'après-midi auront lieu les concours de virages, de silencieux, de poussière et d'arrêt.

Les engagements doivent être adressés à l'ACN, boulevard Gambetta, jusqu'au mercredi 12 avril, à 6 heures. Le montant des engagements est de 20 francs pour la première catégorie (0 à 12 chevaux), 30 francs pour les autres catégories.

 

 

L'Auto 14-04-1905

 

Semaine de Nice - Concours de tourisme

 

  * La première journée

 

Un temps superbe a favorisé la première journée du Concours de tourisme.

Le règlement qui stipulait qu'il ne serait pas fait de classement d'après la vitesse ; la régularité, la consommation et un concours de côte entraient seuls en ligne de compte aujourd'hui.

L'itinéraire primitivement fixé à 153 kilomètres avait été réduit à 75 kilomètres environ, sur le parcours Nice, Trinité, Victor, la Roquette, pont Charles Albert, Nice. Trois contrôles avaient été établis, le délai minima fixé pour effectuer le parcours était de 3 heures 21 minutes. Onze concurrents se sont présentés. Après vérification de leur plein, ils ont pris le départ : à 6 h 30, Liégeard (Peugeot 18 ch.) ; à 6 h 31 m. 20 s. Siegman (Renault 10 ch.) ; à 6 h 37 m. 20 s., Rigod (Martini 16 ch.) ; à 7 h 02, Coté (Pilain 20 ch.) ; à 7 h 06 m. 20 s., Meynard (Pilain 20 ch.) ; à 7 h 18 m., Chalançon (Berliet 24 ch.) ; à 7 h 20 m. , Cardinal (Clément-Bayard 35 ch.) ; à 7 h 28 m., Eynard (Gobron 24 ch.) ; à 7 h 36 m., Schwab (Berliet 24 ch.) ; à 7 h 47 m., Portal (de Dion 12 ch.) ; à 7 h 50 m., Von Robert (Mercédès 60 ch.).

 

Aux Quatre-Chemins de la route de La Turbie a eu lieu le concours de côte sur 500 m, départ arrêté. MM. Paul Meyan et Braun chronométraient.

 

Voici les temps :

 

1 Von Robert, 1 m. 15 s. 3/5 ; 2 Liégeard, 1 m. 16 s. 3/5 ; 3 Schwab, 1 m. 25 s. 4/5 ; 4 Cardinal, 1 m. 35 s. 3/5 ; 5 Coté, 1 m. 44 s. ; 6 Meynard, 1 m. 55 s. 2/5 ; 7 Portal, 1 m. 58 s. 3/5 ; 8 Chalançon, 2 m. 10 s. 1/5 ; 9 Siegman, 2 m. 12 s. 1/5 ; 10 Guidi, 2 m. 14 s. 1/5 ; 11 Rigod, 2 m. 15 s. 2/5.

 

 

L'Auto 15-04-1905

 

Semaine de Nice - Concours de tourisme

 

  * La deuxième journée

 

Ce matin ont eu lieu sur la Promenade des Anglais, au pont Magnan, les épreuves portées au programme de la deuxième journée du concours de tourisme. Elles avaient attiré une foule nombreuse de chauffeurs et de curieux. Un certain nombre de points étaient accordés à la voiture freinant sur le plus court espace possible à un signal donné.

 

Voici le classement :

 

1 Schwab (Berliet), 4 m. 75 ; 2 Coté (Pilain), 5 m. 20 ; 3 Cardinal (Clément-Bayard), 5 m. 35 ; 4 Liégeard (Peugeot), 5 m. 95 ; 5 Meynard (Pilain), 6 m. 54 ; 6 Von Robert (Mercédès), 7 m. 35 ; 7 Portal (Corre), 7 m. 50 ; 8 Rigod (Martini), 7 m. 50 ; 9 Guidi (Renault), 10 m.

Pour le concours de virage qui a eu lieu ensuite, les points étaient répartis selon le plus petit virage par rapport à l'empattement. Un concours de silencieux entrait également en ligne de compte.

Le classement général des deux journées est le suivant :

 

1 Schwab, 521 points ; 2 Liégeard, 518 pts ; 3 Portal, 494 pts ; 4 Siegman, 486 pts ; 5 Cardinal, 483 pts ; 6 Von Robert, 470 pts ; 7 Georges Coté, 462 pts ; 8 Meynard, 451 pts ; 9 Rigod, 442 pts.

 

  

1906  

 

L'Auto 16-01-1906

 

Semaine de Nice

 

La sous-commission de l'ACN s'occupe très activement des épreuves portées au programme de la semaine de Nice ; notamment la course du Mille et la Coupe de Caters, qui sera courue sur 5 kilomètres en côte à La Turbie. Des démarches ont été faites par l'ACN, à la mairie et à la préfecture, en vue d'obtenir les autorisations nécessaires.

Le programme définitif sera arrêté incessamment.

 

 

L'Auto 12-02-1906

 

Semaine de Nice

 

Le président de l'ACN vient de recevoir du préfet des Alpes-Maritimes, une lettre l'informant que le gouvernement donnait son autorisation sous réserves d'usage, c'est-à-dire avec toutes les garanties de sécurité voulue.

L'Automobile Revue, journal officiel de l'ACN, annonce, qu'en plus du Mille et du kilomètre lancé, le meeting niçois comprendra une course de côte sur la route de La Turbie, de 9 kilomètres environ, avec départ de la montée de la route de Gênes et arrivée avant la bifurcation de la toute de Laghet.

 

La semaine de Nice retrouvera, nous en sommes certains, son succès d'antan, car les engagements parviendront nombreux aux organisateurs.

 

 

L'Auto 14-02-1906

 

Semaine de Nice

 

Renvoyée l'année dernière pour différentes causes, la semaine de Nice obtiendra cette année, nous en sommes certains, son gros succès habituel, d'autant plus que le Comité de l'ACN, a su établir un programme des plus intéressants.

 

Il comporte :

 

  * Dimanche 25 mars, à 2 heures, Corso automobile fleuri au Jardin public

  * Mardi 27 mars, un concours de montage et démontage de pneus, organisé par l'Automobile             Revue du Littoral, ouvert aux conducteurs mécaniciens attachés aux membres du club ou aux         garages de la ville (deux catégories).

  * Mercredi 28 mars, à 2 heures, à Monte-Carlo, concours d'éélgance sur la place du Casino

  * Jeudi 29 mars, à 2 heures, sur la nouvelle route de la Promenade des Anglais prolongée,                 course du Mille. Immédiatement après cette course, deuxième épreuve de la troisième Coupe         baron Henri de Rothschild.

  * Samedi 31 mars, course de côte sur la route de La Turbie ; en même temps, quatrième                   épreuve de la Coupe  baron de Caters sur 300 m. en pente 10%, départ arrêté.

 

 

L'Auto 23-02-1906

 

Semaine de Nice

 

La Commission sportive de l'ACN, a l'intention d'ouvrir la course du Mille et du kilomètre lancé aux voitures de tourisme au-dessus de 1.000 kilos.

La course de côte de La Turbie est tout spécialement visée par les marques italiennes : deux 60 chevaux se sont inscrites.

 

 

L'Auto 10-03-1906

 

Semaine de Nice

 

La Commission sportive de l'ACN, dans une réunion tenue aujourd'hui, a décidé la suppression pour cette année de la course du Mille et de la course de côte de La Turbie.

Cette décision est due au retard des travaux de réfection de la route et aussi au petit nombre de concurrents, les constructeurs se préparent pour le prochain Grand Prix.

Il est probable que d'autres épreuves remplaceront les courses de vitesse.

 

 

L'Auto 02-04-1906

 

Semaine de Nice - Le Corso fleuri

 

Favorisé par un temps idéalement beau, le Corso automobile fleuri a obtenu un très gros succès, supérieur de beaucoup à celui des années précédentes, aussi bien par le nombre que par les jolies décorations des voitures. Il nous parait impossible de décrire le magnifique spectacle présenté deux heures durant par la soixantaine de voitures fleuries défilant autour de la piste du Jardin public et la foule des batailleurs et des jolies batailleuses contenue dans les coquettes tribunes, littérallement combles.

Le roi Oscar de Suède était venu de Menton dans une Renault pour assister à la fête.

Vers 4 h 1/2, le jury, qui avait dû établir un classement laborieux, a décerné les superbes bannières souvenirs aux voitures les mieux décorées.

J. Niçard

 

 

1907  

 

L'Auto 20-01-1907

 

Semaine de Nice - Le kilomètre "Bull's Eye"

 

Le parcours de la course du Mille et du kilomètre, inscrite au programme des anciens meeting de Nice ne répondant plus aux exigences des vitesses actuelles, les organisateurs ont transformé cette course en une épreuve de précision automobile, dite "Bull's Eye", du terme anglais qui désigne le noir de la cible.

Il s'agira de couvrir le kilomètre dans un temps qui, pour chaque catégorie, se rapprochera le plus du "temps de base" fixé par le règlement.

 

Ces temps seront les suivants :

  * Catégorie A : 35 s. soit 102 kil. à l'heure

  * Catégorie B : 45 s. soit 80 kil. à l'heure

  * Catégorie C : 55 s. soit 65 kil. à l'heure.

 

Les voitures seront classées dans l'ordre de l'écart constaté entre leur temps et le temps de base de leur catégorie. Ne seront classées que les voitures ayant un écart de moins de 4 s. pour la catégorie A, 5 s. pour la catégorie B, 7 s. pour la catégorie C.

L'idée est originale.

 

 

L'Auto 08-03-1907

 

Semaine de Nice

 

Le programme de la semaine de Nice 1907 est définitivement arrêté ainsi qu'il suit :

 

   20 mars : Kilomètre Bull's Eye

   22 mars : Concours de tourisme

   23 mars : Rallye-paper

   24 mars : Corso automobile fleuri

   27 mars : Concours d'élégance à Monte-Carlo.

 

Trois catégories onr été établies pour le Bull's Eye, répondant chacune à un type de voiture :

 

  * Catégorie B, le temps demandé pour courir le kilomètre lancé est de 45 secondes, soit une             moyenne de 80 kil. à l'heure.

  * Catégorie C, 55 secondes soit 65 kil. à l'heure.

  * Catégorie D,  1 m. 5 s. soit 55 kil. à l'heure.

 

Une trentaine d'inscriptions sont parvenues à l'ACN, pour cette épreuve.

Les marques suivantes ont engagé une ou plusieurs voitures : Panhard, Renault, de Dion, Mercédès, Itala, Fiat, Berliet, Peugeot, Charron, Bayard-Clément, Chenard et Walcker, Roy, etc.

 

La réussite de la Semaine de Nice est d'ores et déjà assurée.

 

 

L'Auto 21-03-1907

 

Semaine de Nice

 

La première journée de la Semaine de Nice, favorisée par un temps merveilleux, a obtenu le plus grand succès.

On ne peut imaginer le nombre de spectateurs qui se pressaient sur toute la longueur du parcours, sur la Promenade des Anglais prolongée.

On peut dire que l'ACN vient de lancer une épreuve au plus haut point intéressante, qui ne manquera pas d'être adoptée par d'autres clubs.

Il nous faut féliciter les dévoués membres du Comité de l'ACN de l'excellente organisation qui présidait à cette brillante journée sportive et mondaine.

 

Voici les résultats du kilomètre lancé Bull's Eye, départ lancé - autrement dit concours de précision.

 

  * Catégorie B (45 s., soit 80 kil. de moyenne) : 1 Vuillaume (CGV), 45 s. ; 2 Braun (Mercédès),         45 s. 3/5 ; 3 Georges Derrieu (Delaunay-Belleville), 44 S. ; 4 Louis Masse (Berliet), 43 s.4/5 ; 5         Richard von Stern (Mercédès), 46 s. 2/5 ; 6 marquis d'Albutera (Renault), 46 s. 4/5 ; 7 Neilson         (Winthrop Peugeot), 43 s. 8 Henri Blanc (Mercédès), 47 s. 1/5 ; 9 Henry Constant (Richard               Brasier) et Carlo Pflucker (Fiat), 48 s. ; 11 Lodl (Peugeot), 41 s. 4/5 ; 12 Braun (Mercédès), 40         s. 1/5 ; 13 Jean de Francia (Panhard-Levassor), 37 s. 1/5.

 

  * Catégorie C (55 s., soit 65 kil. de moyenne) : 1 Carmieu (Peugeot), 54 s. 1/5 ; 2 Bartol (Itala),       56 s. 1/5 ; 3 Gallice (Bayard-Clément) et Howard Johnson (Mercédès), 57 s. ; 5 Grus (Renault)         et docteur Ernest Durand (Bayard-Clément), 57 s. 1/5 ; 7 L. Blanc (de Dion), 57 s. 4/5 ; 8                   Serraillier (Fiat), 58 s. ; 9 Barbe (Richard Brasier), 59 s. ; 10 J. Gondoin (Panhard) et                         Woodburne (Daimler), 61 s. 1/5 ; 12 Guidi (Renault), 62 s. 2/5. 

 

  * Catégorie D (65 s., soit 55 kil. de moyenne) - au premier essai trois ex-aequo sont enregistrés       Gondoin (Panhard), 65 s. 1/5, Serraillier (Fiat) et Marquis d'Albufera (Renault), 64 s. 4/5.

     Un deuxième essai donne : 1 J. Gondoin (Panhard-Levassor), 65 s. 1/5 ; 2 marquis d'Albufera         (Renaut) ; 3 Marcel Léopold (Cottereau et L; Blanc (de Dion), 65 s. 2/5 ; 5 Seraillier (Fiat), 65 s.       3/5 ; 6 de Millo (Mercédès), 64 s. 1/5 ; 7 Paul Canet (Panhard-Levassor) et Jean Bécue                     (Bayard-Clément), 65 s. 4/5 ; 9 Jean Angenoust (Sizaire et Naudin), 64 s. ; 10 Paul Lyon                   (Renault), 66 s. ; 11 Richard von Stern (Mercédès), 66 s. 2/5 ; 12 Philippe Tiranty (Renault), 67         s. ; 13 Ballin Hide (de Dion), 69 s. 2/5 ; 14 Moriez (Rochet-Schneider), 72 s. ; 15 Francis Portal         (Renault), 76 s. 1/5.

 

Le concours de tourisme Nice-Draguignan a réuni une quarantaine de concurrents. Il aura lieu vendredi.

 

 

L'Auto 23-03-1907

 

Semaine de Nice

 

Le concours de tourisme Nice-Draguignan a eu lieu aujourd'hui sans accident ni incident, par un temps superbe. Les arrivées des trente voitures se sont succédées entre 10 heures et midi, et les touristes au nombre d'une centaine, ont ensuite assisté au banquet servi à l'hôtel Bertin.

Le palmarès a été proclamé. La victoire revient à M. Léopold (Cottereau) devant M. Gondoin (Pnahard-Levassor), Hemerlin, Roux et Peters.

A trois heures, la fête était terminée. Les voitures ont alors regagné Nice par différentes routes.

 

 

L'Auto 11-04-1907

 

La course de côte de La Turbie

 

La course de côte de La Turbie comptant pour le championnat de côte des Alpes-Maritimes et le challenge Peugeot, a remporté hier un brillant succès. En voici les résultats :

 

1 Guido (NS), en 27 m. 3 s. ; 2 Gallean (NS), 27 m. 13 s. ; 3 Octave (NS), 27 m. 18 s. ; 4 Novo Emmanuel (NS), 27 m. 19 s. ; 5 Triter (NS), 27 m. 25 s. ; 6 Spagnon (ESN) ; 7 Leviennois ; 8 Christini ; 9 Nervo ; 10 Ribero ; 11 Ragonini.

 

Le challenge Peugeot est définitivement acquis à la société Nice Sport.

 

 

L'Auto 21-12-1907

 

Semaine de Nice 1908

 

Le comité de l'ACN, après avis de la commission sportive aurait l'intention de rétablir, pour l'an prochain, la course du Mille et du kilomètre lancé, qui fut le grand succès des meetings des années précédentes.

L'épreuve serait ouverte aux voitures de tourisme.

L'ACN organisera également une épreuve pour motocyclettes légères.

 

 

1908  

 

L'Auto 02-03-1908

 

Epreuve de motocyclettes organisée par l'AC de Nice

 

L'Automobile Club de Nice organise un concours de légèreté pour motocyclettes, qui aura lieu les 25, 26 et 27 avril 1908.

 

Les motocyclettes subiront trois épreuves :

  1 - Une épreuve de résistance sur route cahotique et montagneuse.

  2 - Une épreuve de vitesse en palier

  3 - Une épreuve de côte.

 

Ce concours de légèreté est ouvert aux motocyclettes de tout poids et de toute provenance.

 

Dans l'épreuve de vitesse, les concurrents devront couvrir le kilomètre lancé sans pédaler.

Dans l'épreuve de côte, les concurrents auront à gravir une partie de la côte de La Turbie avec les pédales immobilisées.

 

Les prix consistent en médailles d'or, d'argent et de bronze, pour les deux catégories.

Le Touring Club de France offre une médaille de vermeil, une médaille d'argent, une médaille de bronze.

 

Les engagements doivent être adressés à l'Automobile Club de Nice, 7 promenade des Anglais jusqu'au 23 avril, 6 heures du soir.

Montant de l'engagement : 20 francs jusqu'au 18 avril puis 30 francs après.

 

 

L'Auto 26-04-1908

 

Le concours de légèreté pour motocyclettes organisé par l'AC de Nice

 

La première journée

 

Cette après-midi a commencé le concours de motocyclettes organisé par l'ACN avec le concours du Touring Club de france. Cette première partie du concours consistait à couvrir 38 kil. 369 d'un parcours très dur.

 

Les partants

.

Le pesage et le plombage des machines ont eu lieu le matin  à l'ACN.

Ont pris part au départ à 2 h 30, de minute en minute :

 

Deuxième catégorie (plusieurs cylindres)

F. Larippe (Moto Rêve, 34 kg., 2 ch., 2 cylindres) ; J. Larippe (Moto Rêve, 34 kg.400, 2 ch., 2 cylindres) ; Berlié (Moto Rêve, 34 kg., 2 ch., 2 cylindres) ; Eclléna (Alcyon, 40 kg., 2 cylindres)

 

Première catégorie (monocylindre)

Petit (Terrot, 46 kg. 900, 2 ch.) ; Roux (Terrot-Dufaux, 42 kg. 800, 1 ch.1/4) ; Anken (KD 37 kg. 200, 1 ch 1/4) ; Borel (KD, 38 kg. 1 ch 3/4) ; Raynaud (Werner, 33 kg. 800, 1 ch. 1/4) ; Haeffly (Motosacoche 36 kg. 400, 1 ch 1/4) ; Bignon (Werner 35 kg. 400, 1 ch 1/4) ; Amerigo (Alcyon Zedel 40 kg., 1 ch 1/2 ; Ellena (Alcyon-Zedel 40 kg. 1 ch. 1/2) ; Ellena (Alcyon 42 kg. 200 1 ch 3/4)

Giuppone (Peugeot) n'a pas pris le départ, les commissaires s'y étant refusés.

 

Les résultats

 

Sur quatorze partants, douze ont terminé l'épreuve. Voici le classement :

 

Deuxième catégorie (plusieurs cylindres)

 

1 Fernand Larippe (Moto Rêve), en 1 h. 2 m. ; 2 Jean Larippe (Moto Rêve), 1 h. 20 m. 19 s.; 3 Guerrieri (Alcyon), 1 h. 30 m. 5 s. ; 4 Berlié (Moto Rêve), 1 h. 36 m. 39 s.

 

Première catégorie (monocylindre)

 

1 Anken (Keller-Dorian), en 1 h. 8 m. 28 s. ; 2 Borel (Keller-Dorian), 1 h. 12 m. 16 s. ; 3 François Ellena (Alcyon), 1 h. 22 m. 9 s. ; 4 Roux (Terrot), 1 h. 28 m. 27 s. ; 5 Petit (Terrot), 1 h. 32 m. 21 s. ; 6 Ellena (Alcyon), 1 h. 32 m. 21 s. ; 7 Raynaud (Werner), 1 h. 39 m. 58 s. ; 8 Amerigo (Motosacoche), 2 h. 13 m. 20 s.

 

Aujourd'hui épreuve du kilomètre lancé sur la Promenade des Anglais.

 

 

L'Auto 27-04-1908

 

Le concours de légèreté pour motocyclettes organisé par l'AC de Nice

 

La deuxième journée

 

La deuxième épreuve du concours a eu lieu hier matin à 9 heures, sur le prolongement de la Promenade des Anglais. On sait que cette épreuve consistait en une course de vitesse sur le kilomètre lancé. Voici les résultats :

 

Première catégorie (monocylindre)

 

1 Guerrieri (Alcyon) 0 m. 53 s. ; 2 Larippe J. (Moto Rêve), 1 m. ; 3 F. Larippe (Moto Rêve), 1 m. 2 s. ; 4 Berlié (Moto Rêve), 1 m. 3 s.

 

Deuxième catégorie (plusieurs cylindres)

 

1 Borel (Keller-Dorian), 1 m. 06 s. ; 2 Petit (Terrot), 1 m. 07 s. ; 3 Raynaud (Werner), 1 m. 11 s. ; 4 Ellena (Alcyon), 1 m. 13 s. ; 5 Anken (Keller-Dorian), 1 m. 15 s. ; 6 Roux (Terrot), 1 m. 24 s. ; 7 François (Alcyon), 1 m. 39 s. ; 8 Amérigo (Motosacoche), 1 m. 55 s.

De violentes rafales de vent ont considérablement gêné les coureurs.

 

Aujourd'hui : course de côte

 

Rappelons qu'aujourd'hui doit se disputer la course de côte sur la route de La Turbie. On sait sait qu'à cette occasion, les pédales devront être immobilisées.

 

 

L'Auto 27-04-1908

 

Le concours de légèreté pour motocyclettes organisé par l'AC de Nice

 

La troisième journée

 

La troisième journée du meeting s'est disputée hier par un temps superbe, sur la route de La Turbie. La dernière épreuve du concours comportait une course de côte d'environ trois kilomètres. Voici les résultats :

 

Catégorie polycylindres

 

1 Jean Larippe (Moto Rêve), 4 m. ; 2 F. Larippe (Moto Rêve), 4 m. 3 s. ; 3 Guerriéri (Alcyon), 4 m. 50 s. ; 4 Berlié (Moto Rêve), 4 m. 58 s.

 

Catégorie monocylindre

 

1 Petit (Terrot), 4 m. 22 s. ; 2 Borel (Keller-Dorian), 4 m. 55 s. ; 3 Raynaud (Werner), 5 m. 18 s. ; 4 François (Alcyon), 5 m. 33 s. ; 5 Anken (Keller-Dorian), 5 m. 45 s. ; 6 Amérigo (Motosacoche), 9 m. 45 s.

 

L'après-midi, les motocyclettes ont été exposées dans le hall de l'Automobile Club où de nombreux sportmen sont venus les visiter, ensuite une réception a été faite aux concurrents présidée par M. Clerissy, délégué du TCF, pour les Alpes-Maritimes ; après une charmante allocution, M. Gilbert, président de la commission sportive de l'ACN, a donné lecture du palmarès du classement général des trois épreuves : endurance, vitesse et côte.

 

Classement général

 

Catégorie polycylindres

 

1 Berlié (Moto Rêve), 153 points, médaille d'or ; 2 Larippe (Moto Rêve), 152 points, médaille d'argent ; 3 J. Larippe (Moto Rêve), 151 points, médaille de bronze.

 

Catégorie monocylindre

 

1 Amérigo (Motosacoche), 155 points, médaille d'or ; 2 Petit (Terrot), 136 points, médaille d'argent ; 3 Anken (Keller-Dorian), 130 points, médaille de bronze.

 

Les médailles offertes par le TCF, seront décernées ultérieurement.

Devant le succès obtenu, l'AC de Nice compte organiser l'an prochain un concours de même genre.

Niçard

 

1909  

 

L'Auto 26-03-1909

 

La semaine de Nice - Le kilomètre lancé

 

L'Automobile Club de Nice a fait courir aujourd'hui le kilomètre lancé sur la superbe Promenade des Anglais prolongée à l'endroit dit "La Californie".

Une affluence  considérable assistait à la belle épreuve, qui a obtenue le plus grand et le plu slégitime succès, bien digne des précédents.

L'Automobile Club de Nice avait assuré une organisation parfaite à l'importante manifestation.

Voici les résultats :

 

  * Première catégorie (Monocylindriques)

1 Georges Sizaire (Sizaire et Naudin), 43 s. 1/5 ; 2 Carmien (Lion-Peugeot), 45 s. 1/5 ; 3 Carmien (Lion-Peugeot), 47 s. ; 4 Sharp (Sizaire et Naudin), 51 s. 4/5 ; 5 Bougois (Lion-Peugeot), 55 s. 3/5 ; 6 Tavel (Sizaire et Naudin), 1 m. ; 7 Béguet (Prima), 1 m. 4/5 ; 8 Binethorst (Sizaire et Naudin), 1 m. 3 s. 2/5

 

  * Deuxième catégorie (2 cylindres)

1 Roux (Bayard-Clément), 57 s. 1/5 ; 2 Carmien (Peugeot), 1 m. 5 s. 3/5 ; 3 Baron Vuillet (Renault), 1 m. 21 s. 2/5.

 

  * Troisième catégorie (4 cylindres 75 à 85 mm)

1 Schleusener (Ariès), 44 s. 1/5 ; 2 Voigt (Charron, 51 s. 4/5 ; 3 Portal (Levère-Portal),  53 s. ; 4 Carmien (Peugeot), 57 s. ; 5 Moriez (SCAT), 57 s. 3/5 ; 6 Vérany (Delaunay-Belleville), 1 m. 2 s. ; 7 Sharp (Bayard-Clément), 1 m. 29 s. 3/5

 

  * Quatrième catégorie (4 cylindres 86 à 95 mm)

1 Satzger (Laurin-Klément), 45 s. 1/5 ; 2 Scoffier (La Buire), 49 s. 1/5 ; 3 Roux (SCAT), 1 m. 4/5 ; 4 Siegfried (Peugeot), 1 m. 2 s. 3/5

 

  * Cinquième catégorie (4 cylindres 96 à 105 mm)

1 Malaussène (Berliet), 54 s. 3/5 ; 2 Testa (SCAT), 55 s. 2/5 ; 3 Baer (Peugeot), 59 s. 1/5 ; 4 Guidi (SCATà), 1 m. 2/5

 

  * Sixième catégorie (4 cylindres 106 à 115 mm)

1 Lindpaintner (Opel), 35 s. 1/5

 

  * Septième catégorie (4 cylindres 116 à 130 mm)

1 Adam Opel (Opel), 27 s. 3/5 ; 2 Chevillot (Mors), 36 s. 1/5 ; 3 Ragusa , 36 s. 2/5 ; 4 Juge (Pilain), 40 s. 4/5 ; 5 Woodburne (Lorraine-Diétrich), 41 s. ; 6 Jeansoulin (Pilain), 42 s. 3/5 ; 7 Witlock (Berliet), 46 s.

 

  * Huitième catégorie (6 cylindres)

1 Schneider (Rochet-Schneider), 44 s. 3/5 ; 2 Braun (Delaunay-Belleville), 55 s. 1/5

 

  * Dixième catégorie (voiturettes type GP de l'ACF))

1 Chevillot (Fabrique Economique Niçoise), 

 

Une réclamation a été porté par M. Vuillaume contre Scleusener (Ariès), premier de la troisième catégorie.

 

 

L'Auto 29-03-1909

 

La semaine de Nice - Côte de La Turbie

 

C'est par une température idéale et devant une affluence considérable de sportmen professionnels et amateurs échelonnés sur tout le parcours que s'est disputée, ce matin, la fameuse course de côte de La Turbie, qui était rayée du programme de la Semaine de Nice depuis plusieurs années.

Cette importante épreuve, dont le succès fut universel, a remporté, ce matin, un succès digne des précédents.

Quelques chutes se sont produites, heureusement sans gravité ; la voiture pilotée par Hallut s'est retournée complètement au virage de l'Observatoire ; Hallut est sorti de dessous la voiture sans égratignure. Ragusa a fait un tête à queue dans un talus, a remis sa voiture d'aplomb et est reparti. La voiture de Whitlock a également chaviré.

 

Quant aux résultats, dans leur ensemble, et ces incidents mis à part, ils ont été excellents.

Retenons, dans la liste des triomphateurs, tout particulièrement le nom de Sizaire et Naudin.

Cette vaillante marque, qui en maintes circonstances montra à ses concurrentes la voie du progrès, se classe encore en tête des véhicules de la première catégorie, c'est-à-dire des monocylindriques.

Certes, la Sizaire et Naudin engagée était toute qualifiée pour ce succès ; mais d'autre part, il ne faut pas oublier qu'elle était pilotée par Georges Sizaire, un expert, un roi du volant, qui ne fit pas de tord à son véhicule.

 

Dans deux catégories, Bayard-Clément se classe première. Nous pourrions même dire dans trois, car la voiture pilotée par M. Paul de Latzger est encore une pseudo Clément.. c'est une Laurin-Klément.

Le maître industriel, grand constructeur de Levallois, doit être satisfait de la journée d'hier.

 

A La Buire, à Rochet-Schneider sont également revenues les premières places et aussi à Opel.

Plain est aussi gagnant de la catégorie des 4 cylindres 116-130 d'alésage.

A tous nos sincères félicitations pour cette bonne journée de sport automobile.

 

Les résultats officiels - Parcours de 6 kil. 400 (côte de La Turbie)

 

  * 1re Catégorie monocylindrique

1 Georges Sizaire (Sizaire-Naudin), 6 m. 12 s. 2/5 ; 2 Louis Sharp (Sizaire-Naudin), 9 m. 12 s. 1/5 ; 3 Tavel (Sizaire-Naudin),  9 m; 12 s. 4/5 ; 4 Ascuier (Sizaire-Naudin), 9 m. 44 s. 1/5 ; 5 Ch. de Binckhorst (Sizaire-Naudin), 10 m. 8 s. 1/5.

 

  * 2e Catégorie à deux cylindres

1 Albert Roux (Bayard-Clément), 13 m. 57 s. 4/5 ; 2 Baron Vuillet (Renault), 14 m. 28 s. 3/5

 

  * 3e Catégorie à deux cylindres

1 Louis Sharp (Bayard-Clément), 8 m. 7 s. 2/5 ; 2 Emile Ruaamps (Grégoire), 9 m. 6 s. 4/5 ; 3 Carmaien (X.), 9 m. 7 s. 4/5 ; 4 Voigt (Charron), 9 m. 14 s. ; 5 Antoine Moriez (SCAT), 9 m. 29 s. 1/5 ; 6 Portal Levere (Portal), 9 m. 32 s. 3/5. ; 7 Victor Verany (Delaunay-Belleville), 9 m. 42 s. 3/5 ; 8 Otto Scleusener (Ariès), 10 m. 18 s. 3/5 ; 9 Léopold (Bayard-Clément), 10 m. 41 s. 3/5 ; 10 Léon Blanc (de Dion), 11 m. 34 s. 1/5 ; 11 Léopold (Bayard-Clément), 11 m. 46 s. 4/5 ; 12 Goiran (SCAT), 11 m. 47 s. 3/5 ; 13 Testa (SCAT), 14 m. 43 s.

 

  * 4e Catégorie (quatre cylindres de 85 à 95 mm)

1 Paul de Latzger (Laurin-Klément), 6 m. 42 s. 1/5 ; 2 Louis Roux (SCAT), 9 m. 42 s.  3/5 ; 3 Edouard Scoffier (La Buire), 7 m. 10 s. 2/5

 

  * 5e Catégorie (quatre cylindres de 96 à 105 mm)

1 Paul Scoffier (La Buire), 7 m. 10 s. 2/5 ; 2 Daimler-Knight, 7 m. 29 s. 3/5 ; 4 Rutgers Von Rosenburg (Delaunay-Belleville), 8 m. 11 s. 4/5 ; 5 Docteur Adrien Malaussène (Berliet), 8 m. 51 s. 2/5 ; 6 Louis gui (SCAT), 10 m. 13 s. 1/5

 

  * 6e Catégorie (quatre cylindres de 106 à 115 mm)

1 Lindpainter (Opel), 6 m. 0 s. 1/5

 

  * 7e Catégorie (quatre cylindres de 116 à 130 mm)

1 Juge (Pilain), 7 m. 38 s. 4/5 ; 2 Ragusa (X.), 7 m. 42 s. ; Juge (Pilain), 9 m. 52 s.

 

  * 8e Catégorie (six cylindres)

1 Schneider (Rochet-Schneider), 7 m. 21 s. ; 2 Williams (La Buire), 8 m. 40 s. ; 3 C. Braun (Delaunay-Belleville), 9 m. 13 s. 2/5

 

  * 9e Catégorie (voiturettes type GP de l'ACF)

1 Chevillot (Fabrique Economique Niçoise), 10 m. 36 s. 1/5

 

  * Chronométrage officieux

Joerns (Opel), 6 m. 24 s. 1/2

 

1912  

 

L'Auto 22-10-1912

 

Nice - La Turbie motocyclettes

 

Concours de côte organisé par le MC de Nice

 

Le Moto Club de Nice et la "Côte d'Azur Sportive" organisent pour le 15 décembre un concours de motocyclettes sur la route de Nice-La Turbie, 10 kil. environ en côte ayant une rampe moyenne de 7%.

Le concours est ouvert à tous les motocyclistes amateurs ou professionnels avec des machines commerciales et cataloguées.

Les engagements devront contenir la marque, la force du moteur, le nombre de cylindres, la cylindrée et le prix de la mqchine au moment de la course. Tout concurrent ayant fait une fausse déclaration de cylindrée sera disqualifié et signalé à tous les clubs motocyclistes de France.

Le montant de l'engagement est fixé à 5 francs.

 

Tous les concurrents devront se présenter pour la vérification de leur machine, le samedi 14 décembre, à 3 heures de l'après-midi, à la Commission sportive, 2 avenue des Phocéens.

Lors des vérifications seront déterminés les numéros que les concurrents devront porter.

Ils devront être porteurs de leur brevet de conduire et du récépicé de déclaration de leur machines.

 

 

L'Auto 14-11-1912

 

Nice - La Turbie motocyclettes

 

Pour prouver sa sollicitude envers les amateurs et les sociétaires des divers clubs régionnaux, le Moto Club de Nice a décidé la création d'un challenge interclubs qui se disputera annellement au cours du concours de côte de Nice-LA Turbie, entre les amateurs faisant partie d'un même club reconnu.

Les machines devront être équipées avec deux garde-boue, un pied support arrière, une sacoche garnie, tuyau et pot d'échappement, appareil avertisseur et trois accessoires mentionnés sur le catalogue de la marque de la machine.

Le classement se fera par addition des points, des trois premiers coureurs classés du même club, au classement général.

Le challenge deviendra la propriété définitive du club qui l'aura gagné trois fois consécutives ou non.

Le départ sera donné devant le garage de la Corniche, mis gracieusement à la disposition du Moto club de Nice et des concurrents de l'épreuve. Il est situé cent mètres avant le pied de la côte.

 

Le parcours est exactement de 7 kil. 800 en côte, avec de nombreux lacets et virages ; à mi-parcours, une fausse plaine, de 300 mètres environ, permet de faire de la vitesse.

L'arrivée aura lieu 900 mètres avant la Poudrière, à la borne kilométrique 32 kil. 500.

 

Les engagés à ce jour sont : B. Macari (Magnat-Debon), Ed. Camoin (Magnat-Debon), C. Muraire (Zédel), Pittaluga (Peugeot), Agnero (Peugeot), Moisar (Magnat-Debon), Lecouzin (Terrot), J. Risso (Moto-Rêve)

 

Les engagements fixés à 5 francs, sont reçus au secrétariat, 2 avenue des Phocéens, à Nice.

 

 

L'Auto 12-12-1912

 

Nice - La Turbie motocyclettes

 

La clôture des engagements pour cette intéressante épreuve a eu lieu aujourd'hui.

Voici la liste des engagés :

 

  * 4e catégorie - Motocyclettes supérieures à 500 cmc, pneus démontables de 50 mm minimum

           Rolly (Motocyclette Moser I) 2 cylindres.

           Agnero (Peugeot), 2 cyl.

           De Bashkirtseff (Peugeot), 2 cyl.

           Eugène Truchi (Peugeot), 2 cyl.

 

  * 3e catégorie - Motocyclettes inférieures à 500 cmc, pneus démontables de 50 mm minimum

           C. Muraire (Zédel), 2 cyl.

            Jules Escoffier (Escoffier-Koehler), 2 cyl.

            Lacote (Escoffier-Koehler), 2 cyl.

            N. Yourassof (Singer), 1 cyl.

            Ponti (Moto-Rêve), 2 cyl.

 

  * 2e catégorie - Motocyclettes inférieures à 400 cmc, pneus démontables de 45 mm minimum

            B. Macari (Magnat-Debon), 1 cyl.

            Ed. Camoin (Magnat-Debon), 1 cyl.

            Moisar (Magnat-Debon), 1 cyl.

            Pittaluga (Peugeot), 2 cyl.

            J. Risso (Moto-Rêve), 2 cyl.

            Rolly (motocyclette Moser II), 2 cyl.

            A. Ellena (Magnat-Debon), 1 cyl.

            Henri Robert (Motocyclette Moser), 2 cyl.

            Pippo (Magnat-Debon), 1 cyl.

            Attilio Zavatti (Automoto), 2 cyl.

            Célestin Lelong (Clément), 2 cyl.

            Cuzeau (Terrot), 1 cyl.

            X. (Magnat-Debon), 1 cyl.

            X. (Magnat-Debon), 1 cyl.

 

 * 1e catégorie - Motocyclettes inférieures à 300 cmc, pneus démontables de 45 mm minimum

           Lecouzin (Terrot), 1 cyl.

           Yllig (Terrot), 1 cyl.

           Angelo Vezzoni (terrot), 1 cyl.

           Charles Gross (Terrot), 1 cyl.

           F. Larippe (Moto-Rêve), 1 cyl.

           Franquebalme (Terrot), 1 cyl.

 

L'Auto 16-12-1912

 

Nice - La Turbie motocyclettes

 

La course de côte Nice-La Turbie s'est disputée aujourd'hui et a obtenu un grand succès.

 

Classement général 

 

1 Yenne, Moto club de Lyon (Escoffier-Koehler), en 7 m. 28 s. 4/5 ; 2 Agnero, Nice (Peugeot), 7 m. 50 s. 4/5 ; 3 Vixon, Nice (Singer), 8 m. 13 s. 1/5 ; 4 Charrière, Grenoble (Magnat-Debon), 8 m. 14 s. 3/5 ; 5 Macari, Nice (Magnat-Debon), 8 m. 25 s. ; 6 Andreis, Nice (Automoto), 8 m. 32 s. ; 7 Rolly, Nice (Moser), 8 m. 34 s. 1/5 ; 8 Ponti, Genève (Moto-Rêve), 8 m. 38 s. 4/5 ; 9 Zavatti, Italie (Automoto), 8 m. 42 s. 4/5 ; 10 Unio, Nice (Moser), 8 m. 43 s. 1/5 ; 11 Ducreux, 8 m. 55 s. 12/100 ; 12 Ridal, 9 m. 31 s. 2/100 ; 13 Molissard et Nicolas, 9 m. 38 s. 48/100 ; 15 Carosso, 9 m. 41 s. 48/100 ; 16 Larippe, 9 m. 43 s. 48/100 ; 17 Muraire, 9 m. 50 s. 12/100 ; 18 Elno, 9 m. 56 s. 12/100 ; 19 Cavalier, 10 m. 4 s. 12/100 ; 20 Assan, 10 m. 16 s. 12/100 ; 21 Pippo, 10 m. 34 s. 12/100 ; 22 Kezzoni, 10 m. 36 s. 24/100 ; 23 Emery, 10 m. 40 s. 48/100 ; 24 Spali, 10 m. 44 s. ; 25 Vezian, 11 m. 12/100 ; 26 Litong, 11 m. 15 s. 12/100 ; 27 Risso, 12 m. 37 s. ; 28 Raven, 20 m. 7 s. 12/100.

 

Un déjeuner réunit ensuite, les organisateurs et la plupart des concurrents.

 

Classement par catégories

 

 * 1e catégorie - 1 Ducreux, Marseille, (Terrot), en 8 m. 55 s. 1/5

 * 2e catégorie - 1 Macari, Nice (Magnat-Debon)

 * 3e catégorie - 1 Yenne, Lyon (Escoffier-Koehler)

 * 4e catégorie - 1 Agnero, Nice (Peugeot).

 

1913  

 

L'Auto 09-04-1913

 

Paris-Nice motocycliste

 

C'est lors de la dernière étape de l'épreuve Paris-Nice motocycliste que les concurrents ont disputé, le matin, la course du kilomètre lancé sur la promenade des Anglais prolongée, et ensuite la course de côte de La Turbie.

 

La course de côte de La Turbie, dont les péripétis ne pouvaient pas être aussi bien vues que celles des épreuves du matin, n'avait pas amené au départ une foule considérable. A part les concurrents et quelques passionnés, il n'y avait là que quelques habitants du quartier.

Il faut avouer que l'organisation a plutôt pêché ce qui, malgrè les louables efforts de M. E. Portal, vice-président du Moto Club de Nice, starter et seul officiel présent, a ôté de sa régularité et de son intérêt à la course.

D'ailleurs beaucoup de concurrents ne se sont pas présentés. Plusieurs autres, absents ou pas prêts au moment de l'heure qui leur avait été assignée pour le départ, sont partis ensuite.

 

En résumé cette partie du programme aurait pu être supprimée sans inconvénient.

A l'arrivée, les concurrents étaient chronométrés par le capitaine Vannier.

 

 

1914  

 

L'Auto 19-03-1914

 

Paris-Nice-Monte Carlo (motocyclettes , sidecars et cyclecars)

 

Le concours comprend 4 étapes : Paris-Dijon ; Dijon-Lyon ; Lyon-Aix et Aix-Nice, chaque étape ayant environ 300 kilomètres. La moyenne de 30 kil. à l'heure est contrôlée le matin et l'après-midi de chaque étape à des endroits tenus secrets. Chaque minute d'avance ou de retard entraînant une pénalisation d'un point ; toutefois une marge de 5 minutes avant et après (8 minutes pour les sidecars 350 cmc et 500 cmc) est accordée ; pénalisation maximum par étape ; 20 points.

 

De plus, une épreuve de vitesse et de souplesse en côte, disputée dans La Turbie, donnera également lieu à des pénalisations.

Au départ de Paris, chaque concurrent a reçu 100 points.

 

Vingt-six concurrents sur 28 partis d'Aix sont arrivés à Nice.

Le départ de l'épreuve de délimitation est donné à partir de 4 h 30 du matin au milieu du brouillard et par une pluie fine pénétrante.

Les premières motos arrivent à La Turbie à 3 h 36 m. 18 s..

Ce sont : BSA n° 31 (Delaune et X.), James n° 40 (Thomas Stevens), Clyno n° 43 (Frank Smith et A.) etc..

 

 

L'Auto 01-04-1914

 

L'Automobile Club de Nice organise pou rles 4 et 5 avril une série d'épreuves notamment uun concours de lenteur sur un parcours de 400 mètres avec virage à 200 m du départ, une course de côte sur 500 et 700 mètres, départ arrêté, sur la côte de La Turbie ; une épreuve de démarrage sur la Promenade des Anglais. Le règlement est à la disposition de tous les automobilistes à l'Automobile Club de Nice.

 

 

L'Auto 04-04-1914

 

 Epreuves de côte de Nice

 

Dimanche à 8 heures : course de côte de 500 m. Départ arrêté sur la route de La Turbie, au lieu dit des Quatre-Chemins. Arrivée en vitesse. Epreuve de 700 m en côte en côte, également aux Quatre-Chemins. Départ arrêté et parcours de 500 m, arrêt à 500 m. recul de 10 m, arrêt, départ et arrivée arrêtée 210 m plus haut, au point 700 m. Le temps est calculé sur les 700 m., toutes manoeuvres comprises.

 

Aussitôt les épreuves terminées aux Quatre-Chemins, épreuve de démarrage dans la côte de la rue Molière : parcours de 100 m, départ arrêté et arrivée lancée.

 

Pour ces épreuves, les voitures seront divisées en trois catégories : 1 Cylindrée supérieure à 4 litres  ; 2 Voitures touristes deux places 3 Voitures touristes quatre places.

Les deuxième et troisième catégories touristes sont réparties chacune en cinq séries calculées d'après la cylindrée..

Pour le classement définitif, les temps de la ciurse de 500 m (vitesse A) et de l'épreuve de démarrage rue Molière, tous deux exprimés en secondes, seront additonnés, puis leur somme sera retranchée du temps des 400 m lenteur, également exprimé en secondes.

Le chiffre le plus élevé déterminera le gagnant.

 

 

L'Auto 06-04-1914

 

Le prix du plus grand écart à Nice

 

Les épreuves organisées par l'Automobile Club de Nice ont été très réussies.

Voici les résultats du classement général des deux journées du prix du plus grand écart, calculé d'après le temps de vitesse et de lenteur :

 

  * Première catégorie (Libre)  - 1 Levadour (SCAT), 3 m. 17 s. ; 2 Lamisse (Lorraine-Diétrich), 2         m. 12 s. 1/5 ; 3 Roux (SCAT), 1 m. 51 s. 3/5

 

  * Deuxième catégorie (2 places)  -  Série 1 :  1 Huet (Philos), 4 m ; non Classés :  Debenedetti,         Roglione. Série 2 : 1 Testa (Benz), 3 m. 38 s. 1/5 ; 2 Chevillot (DFP), 2 m. 59 s. 3/5 ; non                 classés : Combe. Série 3 : 1 Portal (Mors), 1 m. 45 s. 4/5 ; 2 Brès (Fiat), 1 m. 23 s. 1/5. Série           5 : 1 De Coppet (Hispano-Suiza), 1 m. 51 s.

 

  * Troisième catégorie (4 places)  -  Série 1 :  1 Morel (Vermorel), 2 m. 17 s. 1/5. Série 2 : De             Meyere (Benz), 2 m. 8 s. 1/5. Série 4 : 1 Fontaine (Rochet-Schneider), 2 m. 23 s. 1/5 ; 2                   Battanchon (Th. Schneider), 1 m. 47 s. 3/5 ; 3 Blanc (Ford), 1 m. 17 s. 2/5.

 

 

1922  

 

Le Journal 12-03-1922

 

La Course de côte de La Turbie

 

L'épreuve se disputera aujourd'hui. En plus des concurrents spécialement engagés pour l'épreuve elle réunira un certain nombre de concurrents des deux Paris-Nice, automobile et motocycliste. 42 concurrents sont inscrits dans l'épreuve d'automobiles et 37 dans l'épreuve motocycliste.

Les motocycles partiront à partir de 8 heures ; les voitures à partir de 9 heures.

 

 

L'auto 13-03-1922

 

La Course de côte de La Turbie - Rougier sur Voisin, triomphe en battant le record

 

La belle épreuve de La Turbie s'est déroulée ce matin, avec un grand succès. Le fait saillant de la journée a été l'exploit de Rougier dont la Voisin a réussi le temps merveilleux de 5 m. 10 s., ce qui bat le record de la côte ; le conducteur s'est montré meilleur que jamais et la voiture a fait sensation par la façon magidstrale dont elle a grimpé la fameuse rampe.

La grosse voiture de Moraès a fait une belle performance, montant en 5 m. 22 s.. A signaler encore les victoires de la Bignan de Gros en trois litres ; de la Bugatti de Mabille, en 1.500 cmc, et enfin que Verdy, sur cyclecar Morgan 1.100 cmc, ont abaissé les records de leurs catégories respectives.

 

Le classement

 

  * Bicyclettes à moteur - 1 Rolly (Griffon-Sicam), 9 m. 21 s.

  * Motocyclettes 250 cmc - 1 Sazias (Terrot)

  * Motocyclettes 350 cmc - 1 Gaudet (Terrot), 7 m. 46 s.

  * Motocyclettes 500 cmc - 1 Pardon (Koehler-Escoffier), 8 m. 17 s. 1/5 ; 2 Dawson (PM), 8 m. 48       s. 2/5 ; 3 Senz (Magnat-Debon).

  * Motocyclettes 750 cmc - 1 Vattier (BSA), 9 m. 47 s. 1/5

  * Motocyclettes 1.000 cmc - 1 Richard (Indian), 7 m. 29 s. ; 2 Unia (Harley-Davidson), 7 m. 33 s.       3/5

  * Sidecars 1.000 cmc - 1 Verdy (Harley-Davidson), 7 m. 58 s. 2/5 - Record - 2 Porti (Harley-               Davidson), 8 m. 40 s. ; 3 Bricchi (Harley-Davidson), 11 m. 48 s.

  * Cyclecars 750 cmc - 1 Repusseau (Peugeot), 12 m. 21 s.

  * Cyclecars 1.100 cmc - 1 Agnero (Morgan), 7 m. 27 s.- Record, meilleur temps ; 2 Aimar                   (Hinstin  SUP), 10 m. 34 s. 2/5 ; 3 Mme Rolly (Morgan), 11 m. 2 s.4/5 ; 4 Guibert (Noël), 15 m.         49 s. 2/5

  * Hors catégorie - 1 Coudert (Monet-Goyon)

 

  * Voitures première catégorie - 1 Mabille (Bugatti), 6 m. 24 s. 2/5 ; 2 Chaunot (Citroën), 7 m. 8 s.       3 Crespelle (Citroën), 7 m. 37 s. 3/5 ; 4 Bradley (Fiat), 7 m. 38 s. ; 5 Paceini (Fiat), 8 m. 22 s.           2/5 ; 6 Flug (Peugeot), 9 m. 16 s. 2/5 ; 7 Thorrand (Citroën), 9 m. 51 s.

  * Voitures deuxième catégorie - 1 Blanc (de Dion-Bouton), 9 m. 7 s. 4/5

  * Voitures troisième catégorie - 1 Philibert (Vermorel), 10 m. 45 s. 2/5

  * Voitures quatrième catégorie - 1 Gros (Bignan-Sport), 5 m. 57 s. 3/5 ; 2 Pope (Itala), 7 m. 26         s. 2/5

  * Voitures cinquième catégorie - 1 Rougier (Voisin), 5 m. 10 s. ; 2 Piccioni (Lurcat-Méry), 5 m.          41 s. 3/5 ; 3 Whitechureh (Lancia), 5 m. 44 s. 3/5 ; 4 Tordo (Hispano-Suiza), 5 m. 44 s. 3/5 ; 5          Lamberjack (Voisin), 5 m. 51 s. 3/5 ; 6 Sanderson (Rolls-Royce), 6 m. 16 s. 2/5 ; 7 Picket                  (Vauxhall), 6 m. 16 s. 2/5 ; 8 Ansaldi (Th. Schneider), 6 m. 23 s. 2/5 ; 9 Warden (Delage), 6 m.          25 s. 1/5 ; 10 Rossignol (Isotta Fraschini), 6 m. 39 s. 2/5 ; 11 Mazade (Delaunay-Belleville), 7 m.      46 s. 3/5 ; 12 Bottero (Dodge), 7 m. 51 s. 1/5 ; 13 De l'Espée (Peugeot), 7 m. 59 s. ; 14 Lecureuil      (Excelsior), 8 m. 29 s. 2/5 ; 15 Boulangé (Cadillac), 

  * Voitures sixième catégorie - 1 Moraès (Moraès), 5 m. 22 s. 2/5

 

 

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