Proverbes et maximes

La peur est la plus terrible des passions parce qu'elle fait ses premiers effets contre la raison : elle paralyse le coeur et l'esprit.  

Antoine de Rivarol

Né le 26 juin 1753 à Bagnols sur Cèze, il est décédé le 11 avril 1801 à Berlin c'est un écrivain, journaliste, pamphlétaire royaliste..

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Création de la page : mars 2026

 

 

Mise à jour de la page : 06-03-2026

 Ajout : 1902

 

 

Les transfrontalières

5     Paris - Vienne

 

 

1902      Le Figaro 05-01-1902

 

Paris-Vienne

 

L'organisation de l'épreuve monstre Paris-Vienne se poursuit activement. Les démarches ont été faites pour obtenir des gouvernements suisse et français l'autorisation de courir. Aucune réponse n'est encore parvenue : si le gouvernement français refuse l'autorisation, le gouvernement italien la refusera, comme il vient de refuser son agrément à la course Nice-Turin "poiur rester en bonnes relation avec la France", comme a dit le ministre de l'intérieur d'Italie. Si la Suisse refuse également, l'itinéraire serait emprunté à l'Allemagne. Le parcours traverserait le duché de Bâle ; on serait assuré des bonnes dispositions du Grand-Duc.

Paris-Vienne a déjà réuni 80 engagements : ils ne seront officiels qu'après la publication du règlement qui ne paraitra que dans une huitaine de jours.

A propos de Paris-Vienne, la Chambre syndicale de l'automobile a émis dans sa dernière séance le voeu unanime que les parcs de garages aux étapes soient absolument clos pour éviter le retour des incidents qui ont marqué la course Paris-Berlin en 1901.

 

 

 Le Figaro 26-01-1902

 

Paris-Vienne

 

L'Automobile Club de France et l'Automobile Club d'Autriche font publier le règlement arrêté d'un commun accord pour la course Paris-Vienne. En voici les principales prescriptions :

A Paris, le départ de la course sera donné à une date choisie de telle façon que l'arrivée s'effectue le 29 juin à Vienne.

Une catégorie nouvelle de concurrents est créée, celle des motocyclettes autrement dites "bicyclettes à pétrole"

Les poids imposés aux différents concurrents sont :

Pour les bicyclettes  moins de 50 kilos ; pour les tricycles moins de 250 kilos ; pour les voiturettes de 250 à 400 kilos ; pour les voitures légères de 400 à 650 kilos ; pour les voitures de 600 à 1.000 kilos maximum.

Les grosses voitures porteront deux voyageurs, assis cote à cote, et dont le poids doit être au maximum de 60 kilos

Les conducteurs des voitures légères et des voitures devront être membres de l'Automobile Club ou d'un club reconnu par lui.

Le premier jour les départs seront donnés aux véhicules dans l'ordre des numéros des véhicules à deux minutes d'intervalle.

Les jours suivants, les départs seront donnés aux véhicules dans l'ordre d'arrivée de la veille à deux minutes d'intervalle. A la fin de l'avant dernière étape, il sera établi un classement provisoire des véhicules depuis leur départ de PAris.

Les parcs seront rigoureusement fermés ; ils seront uniquement affectés au garage des véhicules ; il est formellement interdit d'y procéder à la plus petite réparation, à la moindre opération de graissage ou de ravitaillement.

Les conducteurs des divers véhicules ne pourront pénétrer dans les parcs qu'à l'heure fixée par leur départ, et dès ce moment seront considérés comme partis. Le véhicule devra quitter le parc aussitôt : un délai de 5 minutes sera accçordé pour cette opération. Passé ce délai, la voiture sera sortie à bras sur la route où il sera permis, alors seulement de procéder au ravitaillement, aux réparations du véhicule.

Comme dans Paris-Berlin, la traversée des villes et des villages sera neutralisée ; le parcours neutralisé et le temps de neutralisation seront déduits l'un du parcours, l'autre du temps total.

Le passage aux frontières sera facilité ; les véhicules seront numérotés et poinçonnés ; la formalité du poinçonnage sera faite à l'Automobile Club de France place de la Concorde par les soins de M. Gentilhomme.

Le prix des engagements est ainsi fixé ;: bicyclettes, 50 francs ; tricycles, 100 francs ; voiturettes, 200 francs ; voitures légères, 300 francs ; voitures, 400 francs, tarif qui sera doublé à partir du 1er mai. Clôture des engagements le 15 juin.

Seuls l'Automobile Club de France et l'Automobile Club d'Autriche ont qualité pour recevoir les engagements. L'ordre d'inscription sera réglé d'après le tirage au sort.

Les précautions les plus minutieuses seront prises pour la sécurité du public et, à ce propos, il  est sage de faire observer aux futurs concurrents de Paris-Vienne qu'en Autriche la circulation se fait à gauche.

Enfin, tous les véhicules terminant le parcours devront prendre part à l'exposition organisée à Vienne par l'Automobile Club d'Autriche.

 

Le prélude de Paris-Vienne - La course franco-austro-italienne du meeting de Nice a reçu hier son autorisation officielle en Italie.

Si la France et l'Autriche ne lèvent pas leur interdiction -ce qui serait déplorable- la course se transformera en excursion sur ces deux parcours.

 

 

 Le Figaro 04-06-1902

 

Paris-Vienne

 

L'organisation de la course Paris-Vienne se poursuit avec activité, mais non sans difficulté. Autorisée en France et en Autriche, l'épreuve est interdite en Allemagne et en Suisse. La Bavière est allée plus loin que la simple interdiction sportive : elle refuse tout passage aux automobiles, même à une allure de placide tourisme. Les concurrents passeront donc par la Suisse dont la traversée sera neutralisée. Sur un parcours de 260 kilomètres, la course sera suspendue. Arrêtée à la frontière française, elle reprendra à la frontière autrichienne.

L'enthousiasme pour Paris-Vienne ne s'en trouve pas atténué : 155 chauffeurs sont inscrits et parmi eux tous les démons de la route, Henry Fournier, Rolls, Gilles Hourgières, Antony, qui piloteront des Mors, les voitures imbattues depuis trois ans ; les anglais Edge, Mark Mayhew ; l'allemand Lehr ; les américains Vanderbilt, Bostwick ; les autrichiens, le Comte Triès, Jellineck, etc..., et les français Léon Serpollet, Maurice Farman, Marcollia, G. Barteaux, G. leys, comte du Périgord, Paul Chauchard, André Axt, baron de Forest, Georges Sorge, René de Knyff, Etienne Giraud, Girardot, Charron, etc...

Mme de Gast, intrépide, prendra part à Paris-Vienne ainsi qu'elle a pris aprt à Paris-Berlin, l'an dernier.

Le départ sera donné le 26 juin, à partir de quatre heures du matin, à Champigny. La course comporte quatre étapes ; l'arrivée se fera le 29 juin à Vienne.

Le parcours des coureurs de vitesse et des touristes seront différents, le jour d'arrivée sera le même.

Il y a dans Paris-Vienne, une place pour l'alcool, 6.000 francs de prix sont répartis : 3.000, 2.000 et 1.000 francs.

 

A l'occasion de Paris-Vienne on tente de faire courir la Coupe Gordon-Bennett. Une seule équipe est inscrite contre l'équipe française, une équipe anglaise. Le règlement exige un parcours de 550 kilomètres minimum ; or de Paris à la frontière il n'y a que 450 kilomètres. Il faut l'agrément de l'Automobile Club d'Angleterre à cette modification au règlement pour que la Coupe Gordon-Bennett soit possible.

L'équipe française serait composée de MM. Girardot, Henry Fournier, et Maurice Farman, trois hommes trois marques.

 

 Le Figaro 26-06-1902

 

Course Paris-Vienne - l'épreuve de vitesse

 

A l'heure où paraitront ces lignes, les concurrents de la course Paris-Vienne seront hors de Paris. C'est en effet, la nuit dernière, à partir de trois heures et demie, que le départ a été donné de 2 minutes en 2 minutes, aux concurrents par M. Gaufichard, chronométreur officiel de l'ACF, en haut de la côte de Champigny.

 

Les formalités du poinçonnage et du pesage se sont terminées hier à l'ACF, place de la Concorde. Sur 214 concurrents inscrits - voitures, voitures légères, voiturettes, quadricycles ou tricycles - 140 ont été contrôlés. Tous seront au départ, sauf incident de dernière heure.

Sur ce nombre, 10 voitures marchent à l'alcool - elles porteront , à côté de leur numéro, les lettres AL - disputeront le prix spécialement offert par le ministère de l'agriculture.

 

La première étape est de 215 kilomètres de Paris (Champigny) à Belfort, par Gretz, Tournin, Provins, Nogent-sur-Marne, Bar-sur-Aube et Lure. On prévoit l'arrivée de la première voiture à Belfort, à six heures et demie

 

Le départ de la seconde étape - Belfort à Bregenz (parcours neutralisé) - se fera demain vendredi, à quatre heures et demie du matin, dans l'ordre des véhicules arrivés la veille. 

 

Les touristes ont effectué l'étape sans incident.

 

 

 Le Figaro 28-06-1902

 

Course Paris-Vienne

 

 

Hier, les concurrents de Paris-Vienne ont couvert leur seconde étape - de Belfort à Bregenz - soit un parcours de 312 kilomètres 500 entièrement neutralisé. Donc l'étape d'hier ne comporte aucun résultat.

 

Le départ de Belfort a eu lieu du Champ de Mars. 105 coureurs, sur 106 arrivés sont partis.

D'abord le grand triomphateur de la première journée, R. de Knyff (n° 5), à 3 h 30.

Puis de 2 minutes en 2 minutes, partent successivement : 6 M. Farman ; 7 H. Farman ; 8 Jarrott ; 9 Pinson ; 17 Teste ; 18 L. Renault ; 88 Edmond, etc..

M. W. K. Vanderbilt, un des concurrents les plus en vue de la course, n'a pu partir, son moteur grippé, le forçant à faire des réparations qui demandaient trop de temps.

 

Des quatre concurrents de la Coupe Gordon-Bennett, R. knyff s'est  brillament classé premier dans l'étape Paris-Belfort. Comme il marchait à l'alcool, il gagne d'ores et déjà la Coupe d'Arenberg, offerte par le prince d'Arenberg au premier des concurrents arrivé à Belfort en employant de l'alcool carburé.

Edge le seul concurrent anglais participant à la Coupe - qui pilotait une voiture Napier - est arrivé onzième, retardé par des accidents. Les autres concurrents de la Coupe ne sont pas arrivés à Belfort. Henry Fournier le gagnant de Paris-Berlin, le concurrent le plus redoutable pour de Knyff, a eu la guigne. A Chaumont, première panne qui lui fit perdre un quart d'heure, puis seconde panne avant Vesoul. Il s'est trainé péniblement jusqu'à cette dernière ville, puis a abandonné.

Les pannes, les fâcheuses pannes ont également mis Girardot dans l'obligation de renoncer à poursuivre la course.

Le mécanicien qui s'est tué hier, dans un accident survenu entre une automobile qui ne participait pas à la course et la charrette d'un marchand de vin, à l sortie du tunnel de Chaudenay, se nomme Maurice Boiteux ; son compagnon, M. Maurice Bernin, a des blessures qui ne mettent pas sa vie en danger.

 

Tous les habitants de la ville de Bregenz étaient depuis midi venus à l'endroit fixé pour le contrôle d'arrivée, attendant les concurrents. Le temps était superbe. Après une attente assez longue, on signale enfin le premier, c'est R. de Knyff, toujours souriant et d'un calme olympien, qui est contrôlé à trois heures quarante. Les arrivées se font dans cet ordre : deKnyff,à 3 h 40 ; Henry Farman, à 3 h 42 ; Maurice Farman, à 3 h 43' 13" ; Edge, à 3 h 44' 38" ; Pinson, à 3 h 50' 45" ; Renault, à 3 h 50' ; Teste, à 4 h 5' ; Leys, à 4 h 49' ; Zborowski, à 4 h 58' ; Forest, à 4 h 59' ; Cury, à 5 h 4' ; Grus, à 5 h 28'.

 

Les concurrents ont quitté Bregenz ce matin, à partir de 3 h 30, pour la troisième étape, dans l'ordre de leur départ de Belfort hier matin. Il n'y a eu de changement que pour ceux qui avaient perdu du temps sur l'horaire prévu pour la traversée de la Suisse en parcours neutralisé.

 

Aujourd'hui, troisième étape - de Bregenz à Salzbourg (337 kil 500) - avec neutralisations partielles. Enfin, quatrième et dernière étape demain dimanche - de Salzbourg à Vienne (335 kil 500) - avec neutralisations partielles.

 

Les touristes touchent au but de leur longue promenade. Ils feront aujourd'hui leur dernière étape, en deux parties. Départ de Gratz pour Sommerng (108 kil) par Peggau, Bruck, Wartberg et Murzuschlag. L'après-midi, en route pour Vienne par Neuenkirchen et Wienner-Neustad. C'est au total 189 kilomètres que les touristes couvriront dans cette dernière journée.

 

 

 Le Figaro 29-06-1902

 

Course Paris-Vienne

 

 

Les concurrents de Paris-Vienne ont couvert hier leur troisième étape de Brégenz à Salzbourg, soit 309 kilomètres. Cette étape était d'autant plus importante qu'à Innsbruck se faisait l'arrivée de la Coupe Gordon-Bennett que Edge, le représentant de l'Automobile Club de Grande-Bretagne s'est adjugée.

 

Le départ de Bregenz a eu lieu à partir de quatre heures du matin, de 30 en 30 secondes, dans l'ordre d'arrivée de la veille.

René de Knyff, numéro 5, est parti exactement à quatre heures, puis successivement : 7 H. Farman ; 6 M. Farman ; 45 Edge ; 9 Pinson ; 18 L. Renault ; 85 Baras ; 88 Edmond ; 8 Jarrolt ; 21 Tart ; 36 Marcellin ; 3 de Caters ; 40 Collin ; 63 Dernier ; 10 Leys ; 26 Zborowsky ; 27 baron de Forest ; 97 Oury ; 96 Gruz ; 147 M. Renault etc.

A 85 kilomètres du départ, les concurrents se sont engagés sur l'Arlberg, rempli de difficultés.

Entre autres coureurs qui ont eu des avaries sur ce parcours, citons MM. Théry et Bellamy. Rien de grave pour les conducteurs mais leurs voitures ont été mises hors service.

L'étape Bregenz-Salzbourg est le véritable critérium d'endurance des voitures automobiles par un parcours très dur..

 

La Coupe Gordon-Bennett

 

René de Knyff, qui a gagné la Coupe d'Arenberg en triomphant dans la première étape Champigny-Belfort, et que l'on croyait le gagnant certain de la Coupe Gordon-Bennett, s'est vu ravir cette belle épreuve par suite d'une panne qui lui est arrivée 30 kilomètres avant Innsbruck, point terminus de la Coupe Gordon-Bennett.

C'est donc à son seul adversaire l'anglais Edge, bien que très loin dans le classement, qu'est revenue la victoire.

En 1900, Charron triompha devant Girardot et R. de Knyff.

L'an dernier ce fut Girardot qui, sur le parcours de Paris à Bordeaux, enleva la Coupe, couvrant les 527 kilomètres en 8 h 51 min 59 s soit à une vitesse moyenne de près de 60 kilomètres à l'heure.

La Coupe passera donc cette année en Angleterre grâce à Edge qui a couvert les 510 kilomètres de Bregenz à Innsbruck, en 4 h 38 min 30 s et la distance totale (618 kil) en 10 h 41 ' 58" 4/5.

Rappelons que cette épreuve est internationale et doit se courir sur une distance minimum de 500 kilomètres.

Les représentants de chaque pays doivent avoir des véhicules complètement fabriqués chez eux, jusque dans le moindre détail.

 

 

L'arrivée

 

Enormément de monde à l'arrivée à Salzbourg. Dès onze heures du matin les habitants de la ville autrichienne s'étaient rendus en masse aux abords du contrôle. Après une attente qui n'a pas trop duré, le premier le baron de Forest a été contôlé à 1 h 34' 20". L'archiduc Louis-Victor, frère de l'empereur d'Autriche, et les archiducs Léopold et Joseph-Ferdinand étaient présents. Voici le classement pour l'étape d'hier :

De Forest, en 4 h 39' 50" ; Renault, en 5 h 27' 20" ; H. Farman, en 5 h 32' 50" ; Zbrowski, en 5 h 34' 25" ; Edmond, en 5 h 44' 45" ; Pinson, en 5 h 53' 15" ; Marcellin, en 5 h 54' 45" ; Teste, en 6 h 3' ; Savariaux, en 6 h 3' 30" ; Leys, en 6 h 9' 40" ; Berteaux, en 6 h 11' 20" ; Guillaume, en 6 h 13' 25" ; Koechlin, en 6 h 46' 40" ; Maurice Farman, en 6 h 26' 40" ; P. de Crawbez, en 6 h 28', etc.

 

Le vainqueur de la seconde étape de Paris-Vienne, le baron de Forest, a sa voiture munie des fameux pneus Continental à bande de roulement étroite.

Il afait les 369 kil 500 en 44 h 37' 50", ce qui fait, neutralisations déduites, une vitesse moyenne de 71 kil 500 à l'heure. Le baron de Forest est arrivé 40 minutes avant H. Farman et Louis Renault.

 

Le classement

 

Pour l'ensemble de la course, Champigny-Belfort-Bregenz-Salzbourg - la traversée de la Suisse étant neutralisée - le classement s'établit de la façon suivante :

H. Farman en 9 h 50' ; Edmond en 10 h 46' ; Zborowski en 10 h 36' ; Pinson en 10 h 46' ; Teste en 10 h 48' ; de Forest en 10 h 49' ; M. Farman en 10 h 54' ; M. Renault en 10 h 58' ; Marcellin en 11 h 24' ; P. de Crawhez en 11 h 32' ; Berteaux en 11 h 48' ; Hemery en 12 h 12' 50" ; Leys en 12 h 23' 16" ; Guillaume en 12 h 36' 50" ; Part en 12 h 49' 52" ; Edge en 13 h 5' 48" ; Barbaroux en 13 h 22' 15" ; Jarrolt en 13 h 26' 52" ; J. de Crawhez en  18 h 28' 23" ... 

 

Par catégories, voici le classement

 

Grosses voitures - 1 de Forest ; 2 H. Farman ; 3 Zborowski : 4 Pinson ; 5 Teste ; ,etc.

 

Voitures légères - 1 Renault ; 2 Edmond ; 3 Marcellin ; 4 Berteaux ; 5 Koechlin, etc.

 

Voiturettes - 1 Guillaume ; 2 Oury ; 3 Gruz, etc.

 

Motocyclettes - 1 Savariaux

 

La dernière étape

 

Aujourd'hui, quatrième et dernière étape - de Salzbourg à Vienne (335 kil 500) - avec neutralisations partielles.

 

Les touristes

 

Les touristes ont touché le but de leur longue promenade. Ils ont en effet accompli leur dernière étape en deux segments. Partis de Gratz pour Sommering (105 kil) ilss ont pasé par Peggau, Bruck, Wartberg et Meerzuschlag et ont déjeuné à Sommering. L'après-midi, ils sont repartis pour Vienne par Neuenkirchen et Wierner-Neustad. C'est au total 189 kilomètres que les touristes de Paris-Vienne ont eu à accomplir dans la journée.

 

Au contôle d'arrivée, les touristes ont été reçus par les dirigeants de l'Automobile Club.

Voici l'ordre des arrivées à la Rotonde, où se tiendra l'exposition : 

Gustave Roussy, Clément Auffin, Paul Level, baron de Mayer, baron le Pallaud, Richou, Kapferer, Wrigh, Vauderels, Voigt, Henry Manier, Roux, Journu, baron de Gudeken, Gilbert, Jollrois, Marcel Cadieu, Didier, Marteau, Lacarrière, Loysel, Wimille, Zuriker, Bégourde, Lefèvre-Pontalis, Davillie, Cordieu.

 Le Figaro 30-06-1902

 

Course Paris-Vienne - l'arrivée

 

 

Paris-Vienne, qui aurait pu être une catastrophe si la pluie s'était mise de la partie, s'est terminée par une radieuse journée. Le beau temps aura donc, de bout en  bout, favorisé la course monstreet, grâce à messire Soleil, l'épreuve n'a pas comme on le redoutait avec trop de raison, mis en deuil les milieux sportifs.

La fête a été splendide. Il n'y a pas eu autant de mond qu'on le croyait, et si beaucoup de viennois sont rentrés pour quelques jours à l'occasion de la manifestation automobile, la plupart sont restés dans leur s frîches villégiatures qu'ils ont dû fort apprécier par la californienne température d'aujourd'hui.

C'est sur la piste des trotteurs au Prater que s'effectuait l'arrivée. Les tribunes avaient été pavoisées à profusion. C'était bien, sans excès ; assez pour donne run cachet de fête. Assistance très élégante, toilettes claires et exquises, quelques costumes nationaux très rares, trop rares, et sans abondance, la note des tendres uniformes autrichiens.

Malheureusement, par suite de la mort du roi de Saxe, la cour étant en deuil, SM. L'empereur François-Joseph était absent.

Les français quelque peu indisposés d'avoir dû payer quarante-cinq krones pour assister aux fêtes pour lesquelles ils avaient parcouru 1.500 kilomètres et dépensé quelques billets de mille.

 

C'est un français, M. Marcel Renault, qui est arrivé premier à Vienne, non sans peine, il a franchi le but, car le manque d'indication lui a valu de s'égarer dans le garage de l'exposition, d'être conduit au poteau, puis au point de son erreur pour recommencer et terminer règlementairement le parcours final. Ces allées et venues ont gelé l'enthousiasme et d'autant que le bruit se répandait que Marcel Renault avait brûlé le contrôle de Florisdorf.

Il est arrivé à deux heures dix-huit minutes. Il reçu le prix offert par le prince Fürstemberg, attribué à la première voiture française arrivée à Vienne. Il a conquit un autre trophée : le merveilleux coffret    offert par Sa M l'empereur d'autriche au français classé premier. C'est en effet les "Renault" qui triomphent dans le classement général, ayant accompli le meilleur temps de Paris-Vienne.

 

Voici l'ordre des arrivées : Marcel Renault, voiture légère, 2 h 19 ; comte Zborowski, grosse voiture, 2 h 42 (le comte Zborowski, premier des voitures, est second du classement général : il gagne le prix du président de la république, offert au premier étranger arrivé à Vienne) ; Maurice Farman, grosse voiture, 2 h 57 ; Baras, 3 heures avec une voiture légère (Baras déclare qu'il a marché comme un fou : il était parti trentième, il passait quatrième le poteau) ; Edmond 3 h 4 ; Hemery 3 h 5 ; baron de Forest a faibli au port. A Florisdorf son réservoir d'essence a crevé. Le débutant est brillant chauffeur a terminé remorqué par une automobile de secours alors qu'il devait gagner) ; Berteaux voiture légère, 3 h 21 ; H; Farman, voiture légère, 3 h 21 ; Chauchard, voiture légère, 3 h 24 ; Tart, 3 h 35 ; de Grawhez, 3 h 490 ; Teste, 3 h 49 ; de Caters, 3 h 54 ; Déchamps, 3 h 58 ; Louis Renault, 3 h 50, sur voiture Renault, confirmant la victoire de son frère ; Barbaroux, 4 h ; Aughières, 4 h 34 ; MArcellin, 4 h 2 ; Collin, 4 h 3 ; Edge, 4 h 11 ; Guillaume 4 h 12 ; Rigolly, 4 h 24 ; Achille Fournier, 4 h 30 ; Matayer, 4 h 34 ; Pierre de Crawhez, 4 h 52 ; Grus, 4 h 53 ; Dernier, 4 h 55 ; Pinson, 5 h 2 ; Jarrolt, 5 h 2 ; Léger, 5 h 3 ; Sabis-bey, 5 h 5 : Ribes, 5 h 6 ; Cormier, 5 h 13 ; Conrad, 5 h 20 ; Welgel, 5 h 28, etc..

 

Le banquet a été donné au Kursaal, sous la présidence du comte Poetting, très animé il a pris fin très tard .

 

La course Paris-Vienne est courue et gagnée. C'est M. Marcel Renault, montant une voiture légère qui est le premier du classement général. avec un total pour les trois étapes - neutralisation de la traversée de la Suisse et neutralisations partielles  déduites - de 15 h 38' 32" 2/5. M. M. Renault est en même temps le vainqueur de la troisième étape de Salzbourg à Vienne (343 kil) en 4 h 4' 4" (déduction faite de 2 h 59' de neutralisation. C'est là une magnifique performance, qui le classe au premier rang des conducteurs de marque, de ceux qu'on s'est plu à nommer les rois de la route.

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